Chefferie libérale - Après les plaidoyers, le vote


	Les militants libéraux étaient réunis à Toronto samedi pour jauger une dernière fois les six candidats.
Photo: La Presse canadienne (photo) Justin Tang
Les militants libéraux étaient réunis à Toronto samedi pour jauger une dernière fois les six candidats.

Toronto — Le vote est lancé, les aspirants-chefs libéraux ont fait leur dernier plaidoyer auprès des militants du parti samedi en vue du vote qui se conclura dimanche. Tour à tour, les six candidats ont martelé que le Parti libéral n’est pas mort et qu’ils savent, eux, comment le reconstruire et séduire de nouveau les Canadiens. Le sort des politiciens est maintenant entre les mains des 127 000 militants et sympathisants du parti. En fin d’après-midi hier, ils étaient 23 825 à avoir voté.


Au terme d’une course de cinq mois, Justin Trudeau semble presque assuré d’être couronné chef. Si le grand meneur s’en est pris aux conservateurs et néodémocrates lors de son discours au Palais des congrès de Toronto samedi, quelques-uns de ses rivaux n’ont pas manqué de lui envoyer quelques flèches une dernière fois, en répétant aux libéraux qu’ils doivent connaître les politiques de leur futur leader. « Les politiques sont essentielles, car les Canadiens ne nous donneront pas un chèque en blanc à la prochaine élection », a notamment envoyé Martin Cauchon, qui risque de terminer en queue de peloton.

 

Vague de nostalgie?


Dans son allocution, M. Trudeau n’a pas détaillé son programme politique. Il a répliqué, en revanche, à ceux qui l’ont accusé au fil de la course d’être trop jeune et de manquer d’expérience, en se vantant d’avoir parcouru le Canada pour y étudier et y travailler, notamment comme professeur. À ceux qui minimisent cette expérience professionnelle, il a rétorqué que « ce professeur a fermement l’intention de se défendre ».


Justin Trudeau, âgé de 41 ans, a aussi riposté à ceux qui soutiennent qu’il n’est que le fruit d’une vague de nostalgie à l’égard de son père, Pierre Elliott Trudeau. « C’est vrai. Il s’agit de mon père […] Il s’agit de nos parents et de l’héritage qu’ils nous ont laissé. Du pays qu’ils ont bâti pour nous. Le Canada », a-t-il lancé, 45 ans jour pour jour après que son père eut hérité de la direction du parti.


Si les candidats sont tous d’accord sur le fait qu’il faut encore travailler pour reconstruire le PLC, leur plan de match diffère. Seule dans son camp, la députée Joyce Murray prône une collaboration avec les forces progressistes afin qu’elles ne présentent qu’un adversaire aux conservateurs dans les circonscriptions que pourrait perdre le gouvernement. Car c’est parce que « les différents partis progressistes ont contribué à diviser le vote progressiste » que Stephen Harper a remporté sa majorité, croit l’ancienne ministre de l’Environnement de la Colombie-Britannique.


Alors que la première place semble acquise pour M. Trudeau, reste à voir la taille de la majorité avec laquelle il battra ses opposants. Mme Murray et l’ex-députée Martha Hall Findlay semblent se disputer la deuxième place. Le mode de scrutin pourrait jouer sur les résultats, puisque les 308 circonscriptions auront le même poids - 100 points -, peu importe que 100 ou 10 000 personnes y votent.

 

Faire preuve d’audace


Mme Findlay, qui a aussi tenté sa chance contre Stéphane Dion en 2006, a quant à elle argué que les libéraux doivent faire preuve d’audace, quitte à déplaire à certains. « On ne peut plus s’en remettre à des politiques simplement parce qu’elles sont prudentes. Nous devons être audacieux et choisir des politiques parce qu’elles sont les meilleures pour les Canadiens », a affirmé celle qui veut mettre un terme à la gestion de l’offre en agriculture.


Deborah Coyne a de son côté semblé expliquer sa présence dans la course, en affirmant qu’elle briguerait une élection dans la région de Toronto. La sixième candidate est Karen McCrimmon, une ex-militaire très peu connue du public.

À voir en vidéo