Grève - Ottawa menace de renvoyer les diplomates usant de moyens de pression

Ottawa — Ottawa n’a pas l’intention de laisser ses diplomates faire la grève sans riposte. À peine les moyens de pression étaient-ils entamés que les agents du service extérieur se sont fait ordonner d’arrêter d’utiliser les ressources gouvernementales pour protester, à défaut de quoi ils pourraient être renvoyés.

En position de grève légale depuis mardi, les diplomates canadiens se sont mis à envoyer cette semaine, dans le cadre de leurs moyens de pression, une réponse automatique à tous les courriels qui leur étaient expédiés, expliquant qu’ils en sont à une « rupture de la négociation collective avec le gouvernement du Canada » et référant leurs contacts au site Internet de leur syndicat, où l’on détaille le litige salarial.


Mais jeudi, le gouvernement a répliqué par le biais d’un courriel d’un sous-ministre adjoint aux ressources humaines, avisant tous les employés du ministère des Affaires étrangères et du Commerce international que « l’utilisation du système de courrier électronique […] visant à promouvoir un programme défavorable aux intérêts du ministère doit cesser immédiatement ». Sinon, « il pourrait s’en suivre des mesures administratives ou disciplinaires, allant jusqu’à et incluant la cessation d’emploi ».


C’est qu’en vertu des règles du Conseil du trésor, aucun fonctionnaire n’a le droit d’utiliser, sans permission, l’équipement ou les installations de l’employeur lorsqu’on estime que cela aura un effet négatif sur les intérêts du ministère visé, plaide le courriel du fédéral. La politique du gouvernement n’est pas si claire, incombant simplement les employés d’éviter de faire mal paraître le gouvernement dans leurs communications électroniques.

 

Pratique injuste


L’Association professionnelle des agents de service extérieur n’a toutefois pas l’intention de reculer. « Nous estimons qu’il s’agit d’une pratique de travail injuste et nous porterons plainte à la Commission des relations de travail dans la fonction publique », a rétorqué le président, Tim Edwards, qui estime que le fédéral contrevient à la loi régissant le travail des fonctionnaires, qui reconnaît le droit de grève. Le texte ne se prononce pas sur l’utilisation de ressources gouvernementales.


En attendant une décision de la commission, M. Edwards somme ses membres de poursuivre leurs mesures de grève électroniques. Le syndicat continuera en outre de hausser le ton en entamant d’autres moyens de pression dans les semaines à venir, qui pourraient aller jusqu’à la grève générale si Ottawa ne les convoque pas à la table de négociations avec une nouvelle offre.


L’APASE réclame l’équité salariale par rapport à d’autres groupes de fonctionnaires qui auraient des tâches semblables à celles des diplomates, mais des salaires plus élevés.

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