Oléoduc vers l'Est: Ottawa applaudit l'appel de soumissions de TransCanada

Ottawa — Ottawa se réjouit de l'initiative de la société TransCanada qui va de l'avant avec son projet d'oléoduc pour transporter le pétrole albertain jusqu'aux raffineries du Québec et du Nouveau-Brunswick. TransCanada (TSX:TRP) a annoncé, mardi, le lancement d'un appel de soumissions pour son projet d'oléoduc permettant de transporter du pétrole brut de l'Ouest canadien vers les marchés de l'est du Canada.

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Joe Oliver, s'est empressé de réitérer son appui au projet et a invité le gouvernement du Québec à faire de même.

Le projet Oléoduc Énergie Est porte sur une capacité de transport vers des points de livraison dans les régions de Montréal, de Québec et de Saint-Jean au Nouveau-Brunswick.

Il comprend la conversion pour le transport du pétrole brut d'une partie d'environ 3000 kilomètres du réseau principal canadien de TransCanada servant actuellement au transport du gaz naturel ainsi que la construction d'un nouveau tronçon d'une longueur pouvant s'étendre jusqu'à environ 1400 kilomètres.

Le projet permettrait de fournir jusqu'à 850 000 barils de pétrole brut par jour aux marchés de l'est du Canada. TransCanada fait valoir que le Canada a importé l'an dernier plus de 600 000 barils par jour afin d'approvisionner ses raffineries de l'Est.

L'entreprise estime que le projet Oléoduc Énergie Est pourrait éliminer la dépendance du Canada au pétrole brut importé de l'étranger dont le prix est plus élevé. Le ministre Oliver tient d'ailleurs le même discours.

«Notre gouvernement soutient l'opportunité pour nos raffineries de transformer [...] davantage de pétrole canadien, ce qui engendrera des emplois pour les Canadiens et rendra notre pays moins dépendant du pétrole provenant de l'étranger qui est plus coûteux», a déclaré le ministre lors d'un point de presse à Ottawa.

Il croit qu'il y a un consensus au Nouveau-Brunswick en faveur d'un tel projet et il encourage pareille prise de position au Québec.

«Je sais que le gouvernement du Québec est en train d'étudier la question, a-t-il dit. J'espère que le gouvernement va voir les avantages importants [...] en ce qui concerne la création d'emplois, l'activité économique et les revenus [...] pour soutenir (ses) programmes sociaux.»

Lors d'une rencontre avec son homologue néo-brunswickois David Alward le mois dernier, la première ministre Pauline Marois avait indiqué qu'il fallait «obtenir davantage d'information et d'analyses afin de nous assurer que toutes les questions techniques, environnementales et économiques de ce projet répondent aux intérêts des Québécois».

Mardi, Mélanie Malenfant, attachée de presse du ministre des Finances Nicolas Marceau, a déclaré que le gouvernement du Québec ne commentera pas la nouvelle initiative de TransCanada. Un groupe de travail poursuit ses recherches dans ce dossier et on ignore à quel moment il remettra ses conclusions.

Quant à l'impact de ce projet sur celui déjà controversé de Keystone XL, projet d'oléoduc qui prévoit le transport du pétrole albertain vers les États-Unis, M. Oliver assure que du pétrole albertain, il y en a pour tout le monde.

«Les trois routes, vers le sud, vers l'est et vers l'ouest, ne sont pas contradictoires. On peut toutes les faire sans nuire à la rentabilité d'aucun projet. Il y a suffisamment de brut et suffisamment de demande [...] pour acheter le pétrole», a-t-il assuré.

Washington n'a pas encore donné le feu vert pour le pipeline Keystone XL.

La période de soumission visant à obtenir des engagements fermes de la part de parties intéressées au projet vers l'est du Canada commencera le 15 avril et se terminera le 17 juin. Le pipeline de TransCanada s'ajouterait à celui d'Enbridge, qui désire inverser le flux de son oléoduc entre Sarnia et Montréal, un projet également à l'étude à Québec.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair s'était déjà déclaré favorable à un oléoduc de l'ouest vers l'est afin de créer des emplois et de réduire la dépendance envers le pétrole du Moyen-Orient. Le député néo-démocrate Peter Julian déplore toutefois que le gouvernement ait «saccagé» le processus d'évaluation environnementale pour de tels projets.

«Ce que ça prend pour avoir la confiance du grand public, c'est un processus d'évaluation environnementale solide, un processus de consultation publique sérieux et un cadre réglementaire dans lequel les Canadiens peuvent avoir confiance», a soutenu le porte-parole néo-démocrate en matière de ressources naturelles.




7 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 2 avril 2013 13 h 05

    Attention les péquistes!

    J'espère que le PQ va réfléchir deux fois avant de donner son appui à l'initiative de la société TransCanada : l'extraction de pétrole issu des sables bitumineux génère beaucoup plus de GES que l'extraction de pétrole conventionnel et l'extraction du pétrole albertain est l'une des principales sources d'émission de GES au Canada! La croissance économique de la province ne doit pas se faire à n'importe quel prix et la question ici, à mon sens, est de savoir si le Québec veut encourager l'extraction de ce type de pétrole (qui est particulièrement polluant).

    • Patrick Asselin - Inscrit 2 avril 2013 16 h 03

      Attention aux écolos !!!!!

      En 2014, plusieurs ententes seront renégociées entre Ottawa et les provinces. La péréquation fait d'ailleurs partie de ces ententes. Madame Marois sait très bien que le futur oléoduc lui sera très utile dans son rapport de force avec Ottawa.

      On comprend maintenant pourquoi le dernier budget fédéral était si dur envers le Québec. Harper est déjà en mode négociation.

  • Robert Séguin - Inscrit 2 avril 2013 14 h 42

    Économiquement avantageux.

    Le rapport entre les coûts de production et les retombées énergétiques des sables bitumineux est de un pour cinq. De plus, l'extraction de la matière première et sa transformation s'effectue via un processus des plus nuisibles pour l'environnement.

    Considérant qu'il existe des productions énergétiques plus profitables et vertes ( l'éolien et le solaire ont un ratio de un pour dix ), on ne peut considérer qu'il serait économiquement profitable d'importer du pétrole d'Alberta. Certes, cela créerait des emplois et pourrait réduire le prix à la pompe si les raffineurs s'engagent à vendre à bon prix, mais qu'elle industrie ne crée pas d'emplois et ne fait pas diminuer localement les prix de son secteur?

    Environementalement et économiquement parlant, il me semble beaucoup plus sensé, pour la société québecoise, de s'engager dans le développement d'autres types d'industries. N'oublions pas que même si les raffineries sont locales, les raffineurs ne le sont pas toujours.

    • Michel Richard - Inscrit 2 avril 2013 16 h 24

      sauf que le solaire et l'éolien, c'est une goutte d'eau dans l'océan, en termes de quantité disponible.

      Présentement, on achète notre pétrole en Afrique, et il transite en navire par le St-Laurent et en train de Québec à Montréal (vous vous souvenez de l'incendie monstre à St-Hilaire il y a quelques années)

      Remplacer le pétrole Algérien par le pétrole Albertain est une question qu'il faut se poser. Et si on le fait, ça n'empêche pas de continuer à développer l'éolien et le solaire.

  • André Michaud - Inscrit 2 avril 2013 17 h 07

    Économie et sécurité

    On peut à la fois avoir les avantages économiques et installer le pipeline de façon à assurer le maximum de sécurité pour éviter les déversements.

    L'ère du pétrole est loin d'être terminée, malgré nos souhaits pour des alternatives plus vertes . Nous sommes si immensément énergivores !!

  • William Gauthier - Inscrit 2 avril 2013 18 h 34

    Pensont plus loin que le gouvernement Harper!

    A-t-on besoin du pétrole sale de l'Alberta. On a ic Old Harry qui va peobablement être mis en exploitation d'ici quelqeus années...

    Pourquoi payer une compagnie pour construire un pipeline, donc payer pour le pétrole sale qui va y transiter, tandis qu'on paierait des redevances au gouvernement du Québec. Notre argent servirait ici pour nos besoins!

    Il faut savoir que le gouvernement de Harper a tout misé sur le pétrole sale et qu'il cherche des débouchés, car ce pétrole sale va encore baisser de prix parce que la situation en Amérique du NOrd va radicalement changer d'ici une décennie maimum.

    Si on choisit le pétrole au Québec, pourquoi payer pour le pétrole des autres?

  • Marc Collin - Inscrit 2 avril 2013 23 h 12

    Trois bonnes raisons...

    ...de dire non, bien résumées par THOMAS HOMER-DIXON dans le New York Times du 31 mars:
    - La production de pétrole de sable bitumineux qui est une des plus importantes sources de C02 sur la planète, sans compter la destruction d’importantes forêts et les conséquences environnementales locales. Ces désastres environnementaux auront des coûts économiques à long terme qui ne sont jamais prévus dans nos calculs parce qu’ils sont impossibles à chiffrer mais que tous les scientifiques s’entendent à prévoir astronomiques;
    - L’apport d’argent de cette production DÉTRUIT l’industrie qui est la source de prospérité économique à long terme en raison de la hausse du dollar (et des coûts généraux, incluant les salaires) qui la rend non-compétitive. L’exploitation des ressources crée relativement peu d’emplois à investissement égal et laisse un pays ou une région dans le dénuement une fois la ressource dilapidée;
    - La rente pétrolière engendre toujours des états dictatoriaux et l’évolution actuelle du Canada sous Harper en témoigne. Harper est une créature de l’industrie pétrolière, et si celle-ci réussit à obtenir les débouchés qu’elle désire le monstre deviendra encore plus puissant.
    J’ajoute: quelle est l’urgence de dilapider une ressource non renouvelable pour alimenter le gaspillage actuel? Sa valeur ne va pas baisser avec le temps bien au contraire. Le pétrole est une ressource précieuse et il le sera de plus en plus à mesure qu’il se fera plus rare. La production actuelle à fond de train est un crime à l’égard des générations futures, et de notre part, si nous n’y gagnons que quelques emplois sans lendemain, c’est un crime d’autant plus impardonnable qu’il est stupide.