Sondage Léger Marketing-The Gazette-Le Devoir - Trudeau menace les conservateurs

«Les gens se demandent encore si l’homme va être aussi fort que l’image qu’il projette», observe Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage Léger Marketing.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir «Les gens se demandent encore si l’homme va être aussi fort que l’image qu’il projette», observe Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage Léger Marketing.

Le 31 mars 2012, Justin Trudeau donnait une douloureuse leçon de boxe au sénateur conservateur Patrick Brazeau lors d’un combat caritatif à Ottawa. Exactement un an plus tard, c’est maintenant tout le caucus conservateur - et des néodémocrates - que le député libéral menace, révèle un sondage national Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette.

À quelques jours du couronnement annoncé de M. Trudeau comme chef du Parti libéral du Canada (PLC), le coup de sonde montre qu’un PLC dirigé par le député de Papineau serait propulsé aux portes d’un gouvernement majoritaire. Après répartition des indécis, le PLC obtiendrait 37 % des intentions de vote, contre 30 % pour les conservateurs et 20 % pour le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair.


Aux élections de mai 2011, les conservateurs avaient obtenu près de 40 % des votes, le NPD 31 % et les libéraux 19 % (un creux historique). Le sondage de Léger montre que le PLC avec Justin Trudeau comme chef serait premier dans tout l’est du pays. En Ontario, le PLC obtiendrait 44 %, contre 32 % pour les conservateurs et 17 % pour le NPD.


Le Québec n’échapperait pas à l’effet Trudeau. Selon le coup de sonde, le PLC obtient 32 %, devant le NPD et le Bloc québécois (chacun à 25 %). Ces chiffres doivent être considérés avec prudence, les marges d’erreur des groupes régionaux étant importantes. « Mais ça démontre une forte tendance à la hausse », indique Jean-Marc Léger, président de la firme de sondage.


« On peut parler d’un impact très fort et positif, vraiment important », dit M. Léger à propos de l’arrivée probable de Justin Trudeau comme chef du PLC, le 14 avril. Par rapport au portrait de situation actuelle (qui donne 31 % aux conservateurs de Stephen Harper, 30 % aux libéraux et 24 % au NPD), M. Trudeau permettrait aux libéraux de gruger un point aux conservateurs, quatre aux néodémocrates, deux au Parti vert et un au Bloc.


« Il ne touche pas beaucoup les conservateurs, mais il ramasse tout le vote d’opposition et grappille les insatisfaits, souligne M. Léger. C’est surtout frontal pour le NPD, qui perd plus de dix points par rapport aux élections de 2011. » En Ontario, où les libéraux de Michael Ignatieff avaient recueilli 25 % des votes il y a deux ans, Jean-Marc Léger évoque une véritable « Trudeaumania ». « Le phénomène est réel là-bas. C’est une province de tradition libérale qui pourrait donc redevenir libérale. »


De manière globale, Jean-Marc Léger note que la course au leadership du PLC a profité au parti. En décembre, les conservateurs obtenaient 35 % des intentions de vote, le NPD 30 %… et les libéraux 18 %. « Il n’y a pas vraiment eu de course, mais la présence de Justin Trudeau dans la campagne a clairement profité aux libéraux. L’impact est positif pour tout le parti. »


Le corollaire, c’est que les attentes seront élevées, ajoute M. Léger. Et comme Justin Trudeau a mené une campagne comprenant peu de propositions politiques de fond, les questions demeurent. « Les gens se demandent encore si l’homme va être aussi fort que l’image qu’il projette.»

 

Budget mal reçu


Par ailleurs, les Canadiens ont reçu froidement le budget Flaherty présenté le 21 mars. Un répondant sur trois (29 %) se dit satisfait, alors que 52 % pensent le contraire. Le taux d’insatisfaction est particulièrement élevé au Québec, à 72 %, et dans les Maritimes (55 %). En Alberta, fief conservateur, la moitié des répondants se disent satisfaits du budget, mais près de quatre répondants sur dix sont insatisfaits.


Ces chiffres suivent ceux du taux de satisfaction générale du gouvernement Harper : 36 % des personnes sondées se disent satisfaites, contre 58 % d’insatisfaits. En Atlantique (80 %) et au Québec (72 %), l’insatisfaction est très élevée (même en considérant le faible échantillonnage). « Les conservateurs donnent l’impression d’avoir sacrifié le Québec avec la réforme de l’assurance-emploi [qui touche surtout les travailleurs saisonniers, très nombreux au Québec et dans les Maritimes], la formation de la main-d’oeuvre et l’abolition du crédit d’impôt pour les fonds de travailleurs. Ils en paient le prix », dit Jean-Marc Léger.


Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1511 personnes à travers le Canada entre le 25 et le 28 mars. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,5 % dans 19 cas sur 20.

 


36 commentaires
  • Bernard Gervais - Inscrit 30 mars 2013 00 h 29

    Sondage fiable ? En tout cas, peu utile

    J'ai peine à croire que tant d'électeurs canadiens seraient prêts à voter pour Justin Trudeau, un politicien qui a peut-être fière allure mais dont le discours, on le sait, est pratiquement vide. Sans doute, dans le cas de l'Ontario, la nostalgie du temps où son père était PM. Quant au Québec, fort probable que ceux qui sont tentés actuellement de l'appuyer sont la même « gang » qui reste fidèle au PLQ !

    De toute manière, quel est l'intérêt d'un tel sondage ? Le gouvernement de Stephen Harper est majoritaire et, par conséquent, les prochaines élections fédérales n'auront pas lieu avant au moins 2 ans. D'ici ce temps-là, bien des choses peuvent se passer et, de son côté, ce cher Justin fera fort probablement encore plusieurs bourdes !

    • Catherine Paquet - Abonnée 30 mars 2013 06 h 09

      Votre remarque est également peu utile.À moins que vous souhaitiez la réélection de ce Harper et encore 6 ans de cette gouvernance conservatrice, diminuant constamment la taille et les services de l'État.

    • Bruno Rémillard - Inscrit 30 mars 2013 07 h 09

      Je suis en désaccord avec votre conclusion. Ce sondage est utile pour galvaniser les troupes libérales. Un mauvais sondage aurait eu comme effet de démotiver les gens de terrain, et ils ont beaucoup à faire...

    • Gilles Goulet - Inscrit 30 mars 2013 07 h 34

      Mais intéressant.
      En effet, il est intéressant de constater à quel point les canadiens expriment, par les résultats de ce sondage, leur "ras le bol" des conservateurs, même si Trudeau n'est pas le politicien idéal.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 30 mars 2013 08 h 30

      Quant au Québec, fort probable que ceux qui sont tentés actuellement de l'appuyer sont la même « gang » qui reste fidèle au PLQ !

      Exact! enlevez les adhésions anglo et allophones et le PLC tombe au Québec loin au troisième rang.

  • Jacques Boulanger - Inscrit 30 mars 2013 00 h 33

    Retour vers le futur

    Au Québec comme dans les provinces de l’est, à n’en pas douter, ça sera un raz de marée libéral. Pour l’Ontario, c’est moins sûr. Au Québec le PLC va profiter de l’immaturité de l’électorat québécois qui s’apprête comme on le sait depuis hier, à reporter au pouvoir le gouvernement le plus corrompu de son histoire. Au Québec, le Bloc va conserver son noyau dur de patriotes et espérer même quelques gains. Par contre, le NPD ne pourra conserver au mieux que deux et au forçaille trois sièges. La révolution orange n’aura durer finalement que le temps des roses.

    Tout ça ne présage rien de bon pour le Québec. Car si les libéraux obtiennent une majorité québécoise sans rien leur promettre en retour, c’est vous dire que le Québec ne pèsera pas lourd dans la stratégie électorale du PLC. On reviendra ainsi au bon temps du père Trudeau où il pouvait dire aux Québécois de manger de la m... tout en sachant qu’ils voteraient pour lui.

    • Bernard Gervais - Inscrit 30 mars 2013 10 h 25

      Vous avez bien raison de parler l'immaturité des électeurs du Québec, du moins pour beaucoup d'entre eux.

      Vouloir appuyer un politicien au discours creux comme Justin Trudeau et, surtout, dont le père, quand celui-ci était lui-même PM, se permettait souvent de traiter avec mépris les citoyens de sa province même s'ils votaient pour lui !

      Et il faudrait également parler ici des contradictions de ces mêmes électeurs. Qu'on pense aux sondages parus il y a 2 ans : beaucoup de gens avaient l'intention de voter NPD au élections fédérales mais, en même temps, se disaient favorables au parti de droite (la CAQ) qu'entendait fonder François Legault...

      En tout cas, si ce cher Justin continue de séduire, fort probable alors que D. Coderre restera à Ottawa. De toute façon, même si certains journalistes ont souvent tenté de nous faire croire le contraire, est-ce que convoiter le poste de maire de Montréal a déjà vraiment intéressé ce député du PLC ?

    • - Inscrit 30 mars 2013 13 h 04

      LA politique fédéral pour les Québécois, c'est un immence trou noir ... la vacuité attire et englouti les votes. Voyez l'élections de nos oranges ... qui n'ont rien à offrir mais se maintiennent .. et de Trudeau qui est le vide personnifié. Il s'agit de passer èa Tout le monde en parle et vous risquez de scorer aux élection.
      Je ne crois pas que les Québécois soient immatures, ils sont au contraire murs jusqu'à la pourriture pour se faire botter le cul encore une génération. ... avant de disparaitre dans les méandres de l'Histoire.

  • Marc Bégin - Inscrit 30 mars 2013 03 h 00

    Pas si surprenant

    Je ne voterai sûrement pas libéral mais je ne suis pas surpris de la saveur du jour.Entre un Justin sympa et vide,et des idéologues de droite et de gauche dont les québécois n'ent peuvent plus,il finit par s'imposer.Je prédis aussi un retour du Bloc grâce à l'éparpillement du vote et de l'utilité d'un véhicule purement québécois qui a su faire ses preuves.

  • Daniel Houx - Inscrit 30 mars 2013 04 h 11

    Utilité

    Ce sondage a au moins l'utilité de démontrer qu'en politique l'image a largement priorité. On écoute pas ce que le candidat a à dire, on le regarde. Si l'image nous plaît, on vote pour cette image.

    Ça démontre également la volatilité de l'électorat. On lui présente une belle image et, sans trop réfléchir, il achète. Je suis beaucoup moins certain que cet engouement va durer longtemps.

    • André Desgagnes - Inscrit 30 mars 2013 10 h 11

      Ce n'est qu'un début monsieur Houx.

    • Jean-Pierre Bouchard - Inscrit 30 mars 2013 15 h 17

      Sondage-image sur des candidats chefs qui se vendent comme des produits publicitaires précisément sur des types de politiciens qui vendent un nom Trudeau qui seraient aussi positifs que celui d'une marque comme Apple et ses fameux micro appareils portatifs très en vogue. Façon de dire.

      Le Devoir qui publie de tels sondages qui prouvent la quasi vacuité de la notion de citoyenneté en 2013 fait la démonstration que la démocratie existante est malade que le consommateur a définitivement presque mis à mort le citoyen, vague objet de nostalgie.

      Resterait la citoyenneté des réseaux sociaux qui est trop immatérielle pour être réellement convaincante qui d'ailleurs surfe sur l'événement comme effet marketing résolument.

      Sondage décourageant où sont les René Lévesque, Lester B.Pearsons les Jean Lesage et les Georges Émile Lapalme?

    • Solange Bolduc - Inscrite 1 avril 2013 20 h 49

      Le pire dans tout cela, M. Houx, c'est que Justin Trudeau ne dégage aucune émotion! Au moins son père en avait !

  • Denis Lussier - Inscrit 30 mars 2013 05 h 06

    Sondage Leger....

    À mon avis, le PLC sera le prochain chef du PLC et l'appui indéniable à celui-ci de la part de Dominic Leblanc , portera ce "TANDEM" parfait bilingue de la politique à la tête d'un gouvernement majoritaire du PLC à la prochaine élection d'Octobre 2015.
    Ces deux-là créeront un vent de fraîcheur et sauront s'allier la majorité d'une nouvelle génération d'Universitaires, voulant consacrer une certaine partie de leur vie au développement de la Société Canadienne par l'entremise du PLC .
    Bravo, et ils ont mon appui le plus total, vers la victoire sûrement prévisible.

    • Benoit Toupin - Abonné 30 mars 2013 14 h 29

      Permettez-moi de douter de la fraicheur. Les liens de ces deux personnages avec le passé sont trop forts. Il leur est presqu'impossible d'innover. Les sondages concentrent l'impact surtout dans l'Est où l'on recherche la meilleur façon de mettre Monsieur Harper au chomage. Le Québec peut basculer de tous les cotés sauf du coté conservateur. Et l'Ontario est une lutte à trois. Vous êtes un peu vite à l'enthousiasme. Au Québec il suffirait d'un peu d'arrogance et c'est la chute libre...