Course à la chefferie du PLC - Trudeau largement en avance

Justin Trudeau
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Justin Trudeau

Ottawa — Si l’argent et les appuis internes révèlent quoi que ce soit dans une course au leadership, alors le député de Papineau Justin Trudeau est nettement en avance dans la lutte l’opposant aux cinq aspirants chefs restants. À un point tel qu’au moins une campagne soupçonne un parti pris des instances du Parti libéral du Canada (PLC) pour le jeune favori.


Les derniers rapports financiers de la course à la chefferie libérale indiquent que Justin Trudeau a amassé jusqu’à présent un peu plus de 1 million de dollars auprès de 7471 donateurs. Il est suivi de loin par la députée Joyce Murray, qui a récolté 198 000 $ auprès de 1638 personnes. Arrivent ensuite Martha Hall Findlay (186 000 $, 1078 dons) et l’ex-ministre Martin Cauchon (124 000 $, 302 dons). Karen McCrimmon et Deborah Coyne ferment la marche avec moins de 35 000 $ chacune.


Justin Trudeau mène aussi largement dans ses appuis au sein du caucus libéral sur la colline parlementaire. Des 33 députés (plus M. Trudeau et Mme Murray), 24 appuient ouvertement l’élu de Papineau. Un seul, Ted Hsu, s’est rangé derrière Mme Murray. Sept ont choisi de rester neutres ou discrets. On ignore dans quel camp s’est réfugié Jim Karygiannis depuis que son favori, Marc Garneau, a jeté l’éponge.


Le scénario se répète du côté des 36 sénateurs libéraux : 18 appuient Justin Trudeau, deux appuient Joyce Murray, sept ont choisi la neutralité ou la discrétion et neuf autres n’ont pas répondu à nos questions.


Mme Murray est la seule candidate de la course prônant une collaboration avec les autres partis progressistes afin de défaire les candidats conservateurs à la prochaine élection fédérale. Elle suggère la tenue de « primaires » dans les circonscriptions volontaires pour désigner un candidat commun au PLC, au Nouveau Parti démocratique (NPD) et au Parti vert.

 

Parti pris?


Cette quasi-unanimité en faveur de Justin Trudeau fait dire à au moins une campagne que les instances du Parti libéral ont fait leur nid et favorisent l’équipe Trudeau dans l’organisation des événements à venir. Cette campagne, qui désire ne pas être identifiée, en veut pour preuve un des scénarios considérés par le PLC pour la soirée des candidats du 6 avril prochain, à Toronto. Cette soirée donnera le coup d’envoi du processus de vote. Chaque candidat y prononcera un discours final. Au lieu de déterminer l’ordre de parole des candidats par tirage au sort, le PLC songe à utiliser l’ordre alphabétique, qui a l’avantage de créer une dynamique en plaçant les deux favoris en dernier, soit Mme Murray puis M. Trudeau.


Le PLC confirme qu’il jongle avec ce scénario, mais affirme ne pas avoir encore pris de décision. « Ce sera différent des débats, dit la porte-parole Sarah Bain. Pour nous, ça a beaucoup à voir avec le show. Donc, l’organisation est un peu différente. » L’idée serait de s’assurer de maintenir l’intérêt jusqu’à la fin de l’événement.


L’équipe de M. Trudeau ne voit pas de complot en sa faveur dans tout ceci. « C’est comme cela [par ordre alphabétique] qu’ils ont placé les candidats dans le site Internet et certains médias procèdent de la même manière pour les entrevues avec les candidats, fait valoir la porte-parole Kate Monfette. Il ne faut pas y lire plus que l’explication fournie par le parti. »


Le PLC, qui a ouvert ses rangs à des sympathisants ne payant pas de frais de membre, a recruté un total de 294 002 militants. De ce nombre, seulement 130 774 se sont inscrits pour exercer leur droit de vote. À titre de comparaison, le NPD comptait 131 000 militants dans ses rangs lors de sa course à la chefferie de 2012. Un peu moins de 50 % d’entre eux s’étaient prévalus de leur droit de vote au premier tour. Le vote libéral se déroulera pendant une semaine, du 7 au 14 avril prochain.

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Appuis à Justin Trudeau

Députés
Scott Andrews
Mauril Bélanger
Scott Brison
Gerry Byrne
Sean Casey
Irwin Cotler
Rodger Cuzner
Kristy Duncan
Wayne Easter
Mark Eyking
Hedy Fry
Marc Garneau
Ralph Goodale
Kevin Lamoureux
Dominic LeBlanc
Lawrence MacAuley
John McCallym
John McKay
Massimo Pacetti
Geoff Reagan
Judy Sgro
Scott Simms
Lise St-Denis
Frank Valeriote

Sénateurs
Maria Chaput
Marie Charette-Poulin
Dennis Dawson
Joseph Day
Pierre De Bané
Art Eggleton
Joan Fraser
George Furey
Mac Harb
Elizabeth Hubley
Mobina Jaffer
Serge Joyal
Paul Massicotte
Terry Mercer
Jim Munson
Pierrette Ringuette
Fernanrd Robichaud
David Smith

Appuis à Joyce Murray

Député
Ted Hsu

Sénateurs
Larry Campbell
Céline Hervieux-Payette

Les députés neutres ou discrets

Carolyn Bennett
Denis Coderre
Stéphane Dion
Judy Foote
David McGuinty
Bob Rae
Francis Scarpaleggia
6 commentaires
  • France Marcotte - Inscrite 29 mars 2013 08 h 13

    Le triomphe de l'image

    Trudeau au fédéral, Couillard au Québec...deux belles gueules pour une époque où l'image prime sur le contenu, tient lieu de contenu.

    C'est cohérent.

    Les politiciens du futur, à partir de maintenant, seront des écrans sur lesquels le citoyen projette ses aspirations, ses désirs superficiels. Il entendra ce qu'il veut entendre, il verra ce qu'il veut voir.

    Le fond des affaires sera entre d'autres mains, calleuses et à tête de gargouille tapie dans l'ombre.

    • Bernard Gervais - Inscrit 29 mars 2013 13 h 03

      Même si Ph. Couillard a une formation universitaire beaucoup plus importante que J. Trudeau, votre comparaison entre les 2 hommes est juste.

      Dans les deux cas, c'est l'image qui prime et, au plan des idées, on ne sait pas trop ce que l'un ou l'autre a à proposer !

  • Georges LeSueur - Inscrit 29 mars 2013 12 h 01

    Vainqueur par défaut

    Il est jeune et beau. Aucun de ses adversaires ne s'est démarqué. Le seul qui soit sorti du lot a abandonné en lui tressant l'auréole de l'élu d'office.
    Pourtant, aucune idée maitresse n'a été exprimée. Aucun programme mobilisateur annoncé.
    Il est le fils de l'ancien PM, populaire à l'Ouest par son opposition à l'autonomie du Québec.
    C'est pourquoi le Québec n'a pas signé la Constitution.
    Justin Trudeau semble pourtant plus "buvable" que Stephen Harper.
    Les 56% de militants non-inscrits nous éclairent sur le peu d'enthousiasme de ce simulacre de course.

    • Solange Bolduc - Inscrite 29 mars 2013 16 h 50

      "Il est jeune et beau."Surtout riche et célèbre par procuration ... Son père est mort, vive le nouveau roi! L'héritier sans substance, bien dommage pour lui et le Canada !

      Il répétera son père, et les autres, c'est son destin, semble-t-il. Pitié, Seigneur !

    • Jos Joseph - Inscrit 29 mars 2013 21 h 05

      Totalement d'accord avec vous. Une image en deux dimensions, sans aucune profondeur.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 29 mars 2013 22 h 25

      Le fils de l’autre ne brille ni par son intellect ni par son discernement. Il est à craindre que tel un Dauphin mineur, il ne soit dirigé par les «vieux» conseillers de son père toujours vivants (Marc Lalonde et consorts) lorsqu'il s'agira de politique québécoise.