Plus de 1500 km de marche en appui à Idle No More

L’aventure des marcheurs ne leur a pas valu une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, absent pour assister à l’arrivée en sol canadien de deux pandas chinois.
Photo: La Presse canadienne (photo) Fred Chartrand L’aventure des marcheurs ne leur a pas valu une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, absent pour assister à l’arrivée en sol canadien de deux pandas chinois.

Ottawa — Pas à pas, la longue marche d’un groupe d’autochtones de la communauté crie du Nord-du-Québec s’est conclue lundi après-midi sur la colline parlementaire, à Ottawa, après un périple de plus de 1500 km.

Leur aventure, entreprise il y a plus de deux mois, ne leur a pas valu une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, absent pour assister à l’arrivée en sol canadien de deux pandas chinois. Ce qui a fait dire à l’opposition que les priorités du gouvernement sont mal placées.


Cette marche en raquettes de membres de la Première Nation de Whapmagoostui, dans le territoire d’Eeyou Istchee, au Nunavik, se voulait un acte de soutien au mouvement Idle No More (la passivité, c’est fini), inspiré par la chef d’Attawapiskat, Theresa Spence. Une poignée de personnes ont entrepris la marche dès le début - le groupe des sept -, mais plusieurs autres se sont greffées à elles au long du périple, malgré les conditions météorologiques qui ont parfois été extrêmement difficiles.


Plusieurs dizaines de participants, essentiellement des jeunes, sont arrivés à Ottawa lundi, accueillis sur la colline parlementaire par une foule de quelques milliers de personnes. « J’ai fait cette marche pour ma propre guérison, en pensant à tous les défis que j’allais rencontrer dans ma vie », a lancé l’un des marcheurs du groupe des sept, Raymond Kawapit, dans sa langue maternelle autochtone.


Geordie Rupert, qui a marché chaque kilomètre entre sa communauté du Grand Nord et la capitale nationale, a éclaté en sanglots après avoir remercié tous ceux qui les ont soutenus.


La plupart des jeunes avaient de la difficulté à contenir leurs émotions lorsqu’ils s’adressaient à la foule.


Les marcheurs s’étaient d’abord arrêtés tout près du parlement, sur l’île Victoria, là où Theresa Spence avait tenu sa grève de la faim. L’île, située en territoire traditionnel algonquin, a ainsi été le site d’une cérémonie de bienvenue pour le groupe de marcheurs.

 

Une nouvelle génération


Ces jeunes souhaitent montrer leur unité et le dynamisme de la nouvelle génération autochtone. Ils réclament aussi le respect de leurs territoires traditionnels. « Vous avez atteint vos objectifs, à la manière des Cris », a lancé Matthew Coon Come, ancien chef national de l’Assemblée des Premières Nations.


Le député autochtone Roméo Saganash, flanqué de plusieurs membres du caucus du NPD ainsi que du chef Thomas Mulcair, a résumé l’action des jeunes en affirmant que « votre main tendue pour la réconciliation est ce que je vais ramener avec moi au Parlement ».


Le ministre des Affaires autochtones, Bernard Valcourt, devait rencontrer les marcheurs lundi après-midi. « Je vais les écouter. Il s’agit de m’informer de leurs préoccupations », a promis celui qui vient d’hériter de ce ministère.


En Chambre, il a ajouté que « nous reconnaissons et prenons note de la détermination de ces jeunes marcheurs et nous les félicitons pour leur engagement visant à s’attaquer aux problèmes des nations autochtones ».


L’opposition n’a pas manqué de noter l’absence du premier ministre. « Sur l’île Victoria, des gens de partout au Canada se posaient la même question. Pourquoi le premier ministre a choisi d’aller à la rencontre de deux pandas aux petits soins lors d’un vol plutôt que de rencontrer de jeunes gens courageux qui ont marché quelque 1600 km ? », a demandé la libérale Carolyn Bennett, comme l’a aussi demandé sa collègue néodémocrate Niki Ashton.

2 commentaires
  • Gilbert Talbot - Inscrit 26 mars 2013 11 h 24

    L'erreur historique de M. Harper

    Ce n'est pas la première fois que M. Harper se trompe de rendez-vous historique: rappelons-nous sa participation à l'ouverture d'un Tim Horton, plutôt que sa présence à l'ONU pour y défendre la place du Canada au Conseil de Sécurité. C'est du même ordre d'erreur que Maxime Bernier, ex-ministre conservateur des Affaires Ètrangères qui distribue des Jos Louis aux soldats canadiens. Ces Conservateurs ont l'art de manquer les rendez-vous historiques. Voici que des jeunes autochtones partent du Nord, marchent 1 600 km pour tendre une main réconciliatrice au gouvernement canadien et son premier ministre ne trouve rien de mieux à faire que d'aller assister à l'arrivée de deux ours en cage. Je veux bien qu'ils soient chinois et mignon, mais tout de même, qu'est-ce que ça vaut comparé à aller à la rencontre de citoyens jeunes et fiers qui veulent secouer l'apathie du gouvernement face à leur situation de misère ? Où est votre sens des priorités M. Harper ?

  • Carroll Roy - Inscrit 26 mars 2013 19 h 45

    Déplorable...

    que de préférer deux pandas à une rencontre avec la jeunesse autochtones.

    C'est ça être au service des citoyens...Il faudrait peut être écrire une nouvelle constitution pour le Harper Canada.