Financement - Trudeau est bon premier

Justin Trudeau pourrait devenir le nouveau chef du Parti libéral du Canada le 14 avril prochain.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Justin Trudeau pourrait devenir le nouveau chef du Parti libéral du Canada le 14 avril prochain.

Si l’argent est roi, Justin Trudeau risque fort d’être couronné à l’issue de la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC), tandis que Joyce Murray et Martha Hall Finlay sont engagées dans une lutte sans merci pour la deuxième place.

Les premiers rapports financiers de candidats remis à Élections Canada donnent un aperçu de la manière dont la campagne prend forme à moins d’un mois de son dénouement.

 

Parmi les six prétendants qui sont toujours dans la course, Justin Trudeau est le seul qui n’avait pas encore communiqué officiellement le montant des dons qu’il a récoltés. Son équipe a toutefois assuré à La Presse canadienne qu’il avait amassé un peu plus de un million de dollars depuis la fin du mois d’octobre. À cette somme s’ajouteraient 300 000 $ en contributions volontaires devant transiter par le parti afin que les donateurs soient admissibles à un crédit d’impôt.

 

Si ce montant s’avère exact, il serait plus de deux fois supérieur au total des dons récoltés par les cinq autres candidats. Une telle somme représente le triple de ce qu’avait recueilli Thomas Mulcair, qui a brigué et remporté le leadership du Nouveau Parti démocratique l’an dernier.

 

Une deuxième place chaudement disputée

 

Les rapports transmis jusqu’ici à Élections Canada indiquent que l’ancienne députée de Willowdale, une circonscription située dans la ville de Toronto, Martha Hall Finlay, a amassé près de 179 000 $, alors que la députée de Vancouver-Quadra, Joyce Murray, la suit de près à 169 000 $. Cette dernière aurait toutefois reçu l’appui de 1382 donateurs, contre 1023 pour Mme Hall Finlay.

 

Justin Trudeau assure quant à lui avoir reçu le soutien financier d’au moins 7500 sympathisants qui ont versé en moyenne 155 $, bien qu’aucun document officiel ne puisse soutenir cette affirmation pour l’instant. Plus de 3000 d’entre eux ont contribué pour 20 $ ou moins, a précisé l’entourage de M. Trudeau.

 

Cette facilité à attirer de petits dons sera cruciale pour la survie financière du parti, et ce, à plus forte raison depuis l’abolition, par le gouvernement conservateur, des subventions aux partis en période d’élections. Traditionnellement, le Parti libéral du Canada empoche de grosses sommes d’argent versées par des donateurs aisés et des entreprises.

 

Les documents remis à Élections Canada montrent également que l’ancien ministre Martin Cauchon a récolté 103 000 $ provenant de 151 donateurs, dont la fille de l’ancien premier ministre Jean Chrétien, France Desmarais, qui lui versé 1200 $, soit la contribution maximale pouvant être remise à un candidat à la direction du PLC.

 

Le PLC a eu du mal à amasser ses fonds depuis l’entrée en vigueur des réformes sur le financement politique, en 2004, qui ont nettement abaissé le plafond des dons individuels. Les conservateurs, passés maîtres dans l’art des petits dons, ont ainsi renfloué leurs coffres à hauteur de 17,3 millions, l’an dernier. Le PLC n’en a récolté que la moitié, soit 8,3 millions.

 

Le nom du vainqueur sera annoncé le 14 avril à Ottawa.


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Justin Trudeau est un homme sans idées, dit Paillé

Rimouski — Si Justin Trudeau est élu à la tête du Parti libéral du Canada (PLC), Daniel Paillé s’attend à ce que les électeurs québécois s’emballent. Le chef du Bloc québécois prédit toutefois que la lune de miel sera de courte durée. Affûtant ses flèches, M. Paillé s’en prend d’ores et déjà au manque de contenu de celui qui devrait prendre les rênes du PLC le 14 avril. Un homme qui n’a pas d’idées, estime-t-il, et qui gagnerait à apprendre comment être un chef de parti. En entrevue à La Presse canadienne, M. Paillé rappelle que le PLC sera toujours un parti fédéraliste même si un Québécois est élu à sa tête. Il fait valoir que les électeurs québécois ont compris - depuis l’élection fédérale de 2011 - que le PLC et le Nouveau parti démocratique défendent avant tout les intérêts du Canada. M. Paillé soutient que des batailles à trois se dessinent dans plusieurs circonscriptions en vue des élections de 2015.
11 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 25 mars 2013 01 h 13

    Le Bloc

    Il faudra BLOCquer ce nouvel avatar de P.E.T.

  • Yves Côté - Abonné 25 mars 2013 07 h 05

    Pas de doute...

    Depuis quelques mois, pas de doute que la plus grande qualité de JT est de marquer des poings !!!
    Toutefois, pour les solutions véritables qui lui donneraitent de se gagner de vrais points, je ne vois rien chez cet individu que le néant.
    Son père n'a jamais été mon ami politique mais à mes yeux, lui, au moins, entretenait sa superbe d'une intelligence au moins malicieuse qu'on ne pouvait que redouter. Ce que l'héritier est aux regards de tous tout à fait incapable de faire; celui-ci ne profitant que du souvenir mélancolique de quelques amateurs de clinquant en manque d'autoritarisme contre le Québec...

    Vive le Québec libre !

    • Pierre Tremblay - Inscrit 25 mars 2013 15 h 04

      Le Quebec est deja libre!

    • Yves Côté - Abonné 26 mars 2013 03 h 22

      Monsieur Tremblay, nous ne devons pas avoir les mêmes dictionnaires ...

  • André Lefebvre - Inscrit 25 mars 2013 09 h 03

    Financiers

    Ceux qui "financent" Justin Trudeau croient avoir mis la main sur un autre "Gérald Tremblay" qu'il pourront manipuler. Je crois et, surtout, j'espère qu'ils font erreur; car sa victoire est assurée.

    André Lefebvre

  • Georges LeSueur - Inscrit 25 mars 2013 09 h 54

    Juste un Trudeau !

    Difficile pour Justin Trudeau de se défaire de l'image de fils à papa et de jeune beau à la tête vide. ...avec une armée de dénigreurs contre lui.
    Si le souvenir de son père est un handicap pour certains, il est aussi une incitation pour beaucoup de ceux qui l'appuient.
    Malheureusement pour le parti libéral fédéral, aucun candidat n'a fait le poids.

    Le parti conservateur a intérêt à ce que les votes se divisent entre le NPD et le PLQ.
    Par expérience, je sais que l'image que l'on se fait d'un candidat est vite modifiée une fois qu'il est confronté aux dures réalités. (Ex: la décevante prestation de Barack Obama)
    On peut aussi comparer par analogie avec les joueurs repêchés de LNH.
    Il faudra attendre quelques mois pour se faire une idée de ce que deviendra Justin Trudeau: Son train est lancé et entrera triomphalement en gare dans trois semaines.
    À lui alors de démontrer qu'il peut mûrir et prétendre à diriger le pays. Patientons !

  • Benoît Gagnon - Inscrit 25 mars 2013 12 h 19

    Tel père tel fils

    Je n'étais pas né sous la gouverne du père et je ne veux pas vivre sous la gouverne du fils. Que le reste du Canada reste Conservateur. Ça ne fait que servir les intérêts de l'indépendance du Québec. Le PLC est simplement l'illusion d'une amélioration, mais le résultat reste le même : la dépendance (dans tous les domaines). La dernière fois, nous nous sommes fait avoir par le NPD. Ne nous faisons pas avoir encore.

    • Pierre Tremblay - Inscrit 25 mars 2013 15 h 03

      "Ça ne fait que servir les intérêts de l'indépendance du Québec."

      Il n'y en aura pas d'independance, justement. Voyez-vous un referendum a l'horizon vous?

      Vous allez vous retrouvez avec les conservateurs qui voteront des mesures qui affecteront les Quebecois. Ca sera cell-la votre seule vraie realité.