Chefferie du PLC - La question constitutionnelle au coeur de l’ultime débat

Justin Trudeau a tenté de se distancier des précédents gouvernements, même libéraux, en matière constitutionnelle lors du cinquième et dernier débat de la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) qui s’est déroulé au Palais des congrès de Montréal, samedi.

Celui qui est considéré comme le grand favori de la course a affirmé, lors de son discours final devant un millier de militants, que « depuis trop longtemps, on essaie d’acheter le Québec plutôt que d’impliquer le Québec à bâtir l’avenir le Canada, d’aider à bâtir un pays prospère, fort, uni ».


M. Trudeau en a aussi profité pour inviter les Québécois à venir participer aux débats se déroulant sur la scène fédérale, déplorant qu’ils « se tiennent trop à l’écart ».


Le député de Papineau n’avait guère le choix de se reprendre de cette façon. Quelques minutes plus tôt, il avait paru décontenancé devant les attaques de son adversaire Martin Cauchon sur la question constitutionnelle.


M. Cauchon a tenté de s’imposer, enlevant un peu du lustre à l’assurance de M. Trudeau. Il est presque parvenu à le réduire au silence sur la place que doit occuper le Québec dans le Canada au cours de leur face-à-face sur la question. Dans cet échange, Martin Cauchon n’a laissé que bien peu d’espace à Justin Trudeau, qui, lui, plaidait pour la fin d’une « chicane » qui a trop duré.


Dans l’ensemble, ce sont des débats plutôt ternes auxquels se sont livrés les six candidats, deux hommes et quatre femmes. Sur plusieurs points, les avis étaient largement partagés, de sorte que les tirades ou les joutes oratoires n’ont tout simplement pas eu lieu. En tout temps, le ton est demeuré poli, courtois et sans grandes envolées.


Côté féminin, même si elles tirent de l’arrière, la présence des candidates n’est pas dépourvue d’intérêt. Martha Hall Findlay, Karen McCrimmon, qui s’en est d’ailleurs bien tirée en français, et Deborah Coyne ont su argumenter et certainement pu gagner des points au sein même du parti. Plusieurs de ces femmes, méconnues du public, ont ainsi pu émerger des autres députés et ainsi se révéler.

 

Collaboration entre forces progressistes


La sortie de la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May - dont la formation a décidé de ne pas présenter de candidat à l’élection partielle dans la circonscription de Labrador afin de rallier le vote progressiste derrière le candidat du PLC (voir autre texte en page A 2) -, a par ailleurs alimenté les discussions entre les aspirants à la direction. Il n’en fallait pas plus pour que les débats entourant une éventuelle collaboration entre le PLC et d’autres partis politiques s’enflamment.


Joyce Murray est la seule parmi les candidats à caresser l’idée de conclure une entente ponctuelle entre partis progressistes afin de battre les conservateurs aux élections de 2015.


Elle s’est félicitée d’avoir réussi à convaincre Mme May de ne pas présenter de candidat dans Labrador. « Je suis la voix de ceux qui croient que l’ancienne façon de faire de la politique et que l’actuel mode de scrutin ne leur permettent pas de se faire entendre , a lancé la députée de Vancouver Quadra, en Colombie-Britannique. Et je suis heureuse du fait qu’au Labrador, la majorité aura un député progressiste la prochaine fois grâce à ces discussions ».


Justin Trudeau a bien accueilli la décision du Parti vert, tout en affichant son dédain devant la suggestion de Mme Murray. « J’encourage tous les membres du Parti vert à voter pour le Parti libéral, dans Labrador et dans tout le pays », a-t-il déclaré.