Taupes à l’assurance-emploi - L’opposition dénonce une «chasse aux sorcières»

La députée néodémocrate Megan Leslie
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick La députée néodémocrate Megan Leslie

La décision de Service Canada de se lancer à la recherche des dénonciateurs de son service d’intégrité relève de la « chasse aux sorcières », estiment le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Bloc québécois (BQ).

Le Devoir révélait jeudi le contenu d’une lettre confidentielle informant les enquêteurs des services d’intégrité du Québec que « l’Unité des enquêtes spéciales du Service de l’intégrité interne procède à une enquête administrative concernant la divulgation non autorisée de documents auprès des médias canadiens de communication ». Une manière de dire que les enquêteurs aux fraudes de l’assurance-emploi font eux-mêmes l’objet d’une enquête.


Une directrice exécutive écrivait aux destinataires que « des indications démontrent que vous seriez en position de pouvoir nous fournir de l’information concernant ces événements ». Selon nos informations, la lettre a été envoyée à plusieurs enquêteurs du Québec et de l’Ontario.


Pour le député bloquiste Jean-François Fortin, « ça rappelle le climat de suspicion qu’il pouvait y avoir dans les années 50 aux États-Unis, quand on cherchait des communistes. Ils disent avoir des indications… C’est une façon de mettre de la pression, comme lorsqu’on sépare des complices dans un interrogatoire. Et ça instaure clairement un climat de peur. »


Camouflage


À la Chambre des communes, le NPD a affirmé que « ces dénonciateurs sont des héros. Il faudrait les honorer, et non les pourchasser ». L’opposition estime que « cette opération de camouflage des conservateurs n’empêchera pas les gens d’être outrés par ces inspections dans les foyers et par les attaques des conservateurs à l’endroit de l’assurance-emploi », a indiqué la députée Megan Leslie.


Le premier ministre a esquivé les questions pour réitérer que « l’assurance-emploi est un programme bien important pour ceux qui ont payé leurs primes et qui s’attendent à ce que le programme soit là quand ils sont au chômage ».


L’enquête interne à Service Canada vise à trouver les taupes qui ont fourni aux médias - vraisemblablement Le Devoir et CBC - des informations sur les méthodes d’enquête des inspecteurs et les quotas qu’ils doivent respecter. Service Canada n’a pas répondu à nos demandes de précisions vendredi.