Constitution - Ottawa dit non à Couillard

Le débat sur l’adhésion du Québec à la Constitution canadienne est peut-être relancé à Québec, mais dans la capitale fédérale les conservateurs n’ont aucune intention de s’en mêler.


Tour à tour, mercredi, les ministres québécois de Stephen Harper ont rejeté l’idée de Philippe Couillard de rouvrir l’épineux dossier. À ses premiers jours à la tête du Parti libéral québécois, M. Couillard a fait savoir qu’il souhaiterait que Québec signe la Constitution d’ici le 150e anniversaire du Canada, en 2017.


« Nous, on parle d’économie », a rétorqué le lieutenant québécois de M. Harper, Christian Paradis. Un discours repris par ses collègues, qui ont tous argué que le fédéral planchait, lui, sur l’économie, tout comme le veulent les Québécois.


« Et ça devrait rester la priorité des politiciens. […] Le débat référendaire, la Constitution, c’est bien loin dans les priorités des Québécois », a renchéri Maxime Bernier, tandis que Denis Lebel a semblé minimiser l’imminence d’un tel débat. « M. Couillard, il vient d’être nommé chef de l’opposition à Québec, on va le féliciter pour ça. Pour le reste, il est beaucoup trop tôt pour spéculer sur quoi que ce soit », a tranché le ministre des Affaires intergouvernementales.


La porte est donc fermée à Ottawa ? « Notre priorité avant tout, c’est de respecter la Constitution canadienne. C’est ce qu’on a toujours fait et on va continuer », a fait valoir M. Bernier.


« Ça ne fait que confirmer notre volonté de dire que le Québec, c’est la souveraineté. […] Pour nous, la porte n’est même pas fermée, ils ont mis un mur en travers », a dit Daniel Paillé, du Bloc québécois.


Du côté des néodémocrates, Thomas Mulcair a rappelé que leur Déclaration de Sherbrooke reconnaît le caractère distinct du Québec et propose pour le reste une approche étapiste, en concluant dans un premier temps une entente administrative avec Québec, notamment quant au pouvoir fédéral de dépenser. « Une fois que c’est de facto reconnu par les deux niveaux de gouvernement, ça devient plus facile », a-t-il expliqué, en notant que la conversation est en revanche « vouée à l’échec dans sa forme actuelle ».


Le dialogue semblait aussi plus ouvert pour le chef libéral fédéral par intérim, Bob Rae, qui a fait valoir que « la porte constitutionnelle n’est jamais fermée, il y a toujours un travail important à faire. […] Ce n’est pas quelque chose qui est facile, mais ce n’est pas impossible ».

À voir en vidéo