Harper défend Penashue

Pour Stephen Harper, Peter Penashue « est le meilleur député que le Labrador ait jamais eu ».
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Pour Stephen Harper, Peter Penashue « est le meilleur député que le Labrador ait jamais eu ».

« Le ministre Penashue a bien agi dans des circonstances difficiles et il est prêt à rendre son bilan et à être redevable aux gens du Labrador. […] C’est le meilleur député que le Labrador ait jamais eu », a martelé M. Harper aux Communes mardi.

 

« Des circonstances illégales »


Des propos qui ont immédiatement suscité l’ire de l’opposition, qui accuse les conservateurs non seulement de permettre à M. Penashue de se représenter lors d’une élection partielle malgré son aveu d’erreurs électorales, mais maintenant de faire campagne à sa place, à coups de fonds publics, dans l’enceinte parlementaire.


« Ce ne sont pas des circonstances difficiles, ce sont des circonstances illégales ! », a scandé le chef libéral par intérim, Bob Rae.


« S’il n’a rien fait de mal, pourquoi il a démissionné ? S’il a démissionné parce qu’il a fait quelque chose de pas bien, comment ça se fait que le premier ministre est en train de vanter ses mérites et veut qu’il se représente ? C’est un manque total de moralité et d’éthique parlementaire et politique de la part de ce même Stephen Harper grand donneur de leçons de morale », a renchéri le leader néodémocrate Thomas Mulcair.


Selon une analyse des libéraux, M. Harper attend en moyenne 112 jours avant de déclencher une partielle lorsqu’un siège se libère. Le premier ministre a donné avis de la vacance dans Labrador lundi ; une élection pourrait maintenant être annoncée au plus tôt dans dix jours, pour un scrutin dès le 6 mai. L’opposition préférerait que M. Harper attende qu’Élections Canada ait fait la lumière sur la campagne de M. Penashue avant de l’encourager à briguer un nouveau scrutin.


M. Penashue a démissionné jeudi, après que sa campagne eut reconnu dans son rapport à Élections Canada avoir reçu 28 dons d’entreprises - ce qui est illégal en vertu de la Loi électorale. L’ex-député avait signé cette déclaration - révisée depuis le scrutin de 2011 - dix jours avant de renoncer à son siège de même que son portefeuille aux Affaires intergouvernementales. Ce qui fait dire à l’opposition que les conservateurs ont tout « orchestré » pour tenter de conserver malgré tout la circonscription. « C’est un scandale de premier ordre », a affirmé M. Mulcair.

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