Le démissionnaire Peter Penashue est de nouveau en campagne électorale

L’ex-député conservateur Peter Penashue, en compagnie du premier ministre Stephen Harper
Photo: La Presse canadienne (photo) Andrew Vaughan L’ex-député conservateur Peter Penashue, en compagnie du premier ministre Stephen Harper

En vertu des règles électorales, le premier ministre dispose de six mois pour annoncer la date d’une élection complémentaire, mais il s’apprêterait à le faire d’ici deux semaines pour un scrutin à la mi-mai, selon La Presse canadienne. Au bureau de Stephen Harper, on indique simplement que ce sera fait « en temps utile ».


Mais avant même que cette date ne soit confirmée, Peter Penashue a profité d’une publicité pleine page dans l’hebdomadaire de sa circonscription The Labradorian, laquelle arbore le logo du Parti conservateur et cite une liste de mesures « livrées pour le Labrador ».


M. Penashue s’est aussi doté d’une page Web qui présente le communiqué annonçant sa démission de même qu’un lien pour faire un don à son parti.


28 dons illégaux


« Les conservateurs ont amené la tricherie à un tout autre niveau en politique canadienne », a accusé Thomas Mulcair lundi, indigné de voir les troupes de M. Harper défendre aujourd’hui le travail de M. Penashue et dépenser des fonds pour l’aider à se faire réélire. « C’est une négation du processus démocratique dans ce pays », a déploré le chef néodémocrate.


« Qu’il ait le front de se représenter, c’est une chose. Mais que le gouvernement veuille accommoder les choses afin qu’Élections Canada n’ait pas le temps de creuser l’affaire, c’est tout à fait typique des conservateurs qui font toujours du camouflage », a renchéri le libéral Stéphane Dion.


Aux Communes, les conservateurs ont tour à tour défendu l’« excellent travail » de leur ex-collègue aux Affaires intergouvernementales. « M. Penashue a assumé la responsabilité des erreurs qui ont été commises dans sa campagne, et une partielle sera déclenchée, dans laquelle M. Penashue aura l’occasion de rappeler aux gens du Labrador son travail accompli », a martelé le ministre des Langues officielles, James Moore.


Le Parti conservateur n’a pas voulu préciser lundi si c’est lui qui a assumé les frais de ces mesures pré-électorales pour M. Penashue. Un message publicitaire pleine page au Labradorian coûte 1500 $ par jour de publication, a indiqué le service de marketing du journal au Devoir. Puisque la campagne électorale au Labrador n’a pas encore été lancée, les dépenses engendrées ne sont pas comptabilisées par Élections Canada.


La campagne de M. Penashue a reçu 28 dons illégaux et plus de 44 000 $ ont dû être remboursés au receveur général du Canada.

À voir en vidéo