Budget 2013 - Des investissements plutôt que l’austérité

De l’avis du Nouveau Parti démocratique, les conservateurs s’obstinent à équilibrer le budget d’ici deux ans simplement par souci électoral - le prochain scrutin fédéral est prévu à l’automne 2015. Ci-haut, le chef du NPD Thomas Mulcair
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir De l’avis du Nouveau Parti démocratique, les conservateurs s’obstinent à équilibrer le budget d’ici deux ans simplement par souci électoral - le prochain scrutin fédéral est prévu à l’automne 2015. Ci-haut, le chef du NPD Thomas Mulcair

De l’avis du Nouveau Parti démocratique, les conservateurs s’obstinent à équilibrer le budget d’ici deux ans simplement par souci électoral - le prochain scrutin fédéral est prévu à l’automne 2015.


« On est en train de faire des choix qui vont nuire à la prospérité à court, moyen et long terme pour le pays, tout ça pour atteindre un équilibre budgétaire en 2015 de façon arbitraire », a accusé le député Guy Caron. Le retour à un budget à l’encre noir est souhaitable, a-t-il dit, mais « sur un cycle économique ». « Pourquoi pas 2016 ? 2017 ? »


Le NPD préférerait voir dans le budget de jeudi des investissements à long terme en infrastructures et pour les petites entreprises, des soins de santé pour tous les anciens combattants, des « pensions justes » pour tous les Canadiens, de même que des investissements dans la création d’emploi pour les jeunes.


Pressée à maintes reprises de dire quelles sommes un gouvernement néodémocrate accorderait à chacune de ces priorités, la porte-parole du parti en matière de finances n’a pas répondu. « Quand on pourra faire nos propres budgets, ils seront entièrement chiffrés », s’est contentée de rétorquer Peggy Nash. Pour l’instant, il s’agit de convaincre le gouvernement conservateur de changer de cap, a-t-elle insisté.


« Pour une opposition officielle qui a plein de ressources, ça fait amateur », a reproché le chef bloquiste Daniel Paillé, dont le parti chiffre ses demandes depuis plusieurs années.


« C’est risible que le NPD veuille se présenter comme étant un gouvernement en attente, parce qu’il est incapable de le faire », a quant à lui lancé le ministre des Langues officielles, James Moore.

 

Un nouveau budget d’austérité


Des sources conservatrices ont laissé filtrer à des médias anglophones que le budget 2013 de Jim Flaherty serait encore placé sous le signe de l’austérité, faible croissance économique au pays oblige. Début mars, des économistes confirmaient au ministre fédéral que la croissance du produit intérieur brut - prévue à 2,4 % dans le budget 2012, revue à 2 % dans la mise à jour économique de novembre - se situerait plutôt autour de 1,6 %.


Si le gouvernement conservateur n’a pas l’intention de couper dans les transferts aux provinces ou aux particuliers, ce sont les dépenses discrétionnaires qui pourraient écoper, a laissé entendre le ministre fédéral des Finances dans les dernières semaines. Ottawa pourrait en outre retarder certaines dépenses en capital ou retirer certaines exonérations d’impôts pour les entreprises, afin de pallier les 2,1 milliards de moins qu’aura le gouvernement en 2013, rapportait le Globe and Mail lundi.


Le budget prévoirait d’autre part un nouveau plan d’infrastructures - Chantiers Canada vient à échéance en 2014 -, d’une enveloppe de 30 milliards, lisait-on dans le Globe samedi.


Il y a deux semaines, les conservateurs avaient par ailleurs laissé entendre que le financement fédéral dans la formation de la main-d’oeuvre pourrait être révisé ; en le rapatriant à Ottawa, ou en réclamant davantage de reddition de comptes aux provinces qui touchent 1,95 milliard annuellement.


Insatisfaits des résultats et des pénuries de travailleurs qualifiés qui persistent au pays, les conservateurs envisageraient de s’y attaquer dans le budget de jeudi, en ajustant les ententes d’Ottawa avec les provinces, selon CBC.


Sitôt la rumeur de changements ébruitée, le gouvernement québécois avait rétorqué début mars qu’il était « hors de question » de voir l’entente modifiée.

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