Boisvenu régularise sa situation

Selon différentes informations, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu aurait mis un terme à sa relation intime avec son adjointe, Isabelle Lapointe ; par ailleurs, le gouvernement chercherait un autre poste à Mme Lapointe.
Photo: La Presse canadienne (photo) Pawel Dwulit Selon différentes informations, le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu aurait mis un terme à sa relation intime avec son adjointe, Isabelle Lapointe ; par ailleurs, le gouvernement chercherait un autre poste à Mme Lapointe.

Le gouvernement conservateur a de facto admis mercredi que la relation intime entretenue par le sénateur Pierre-Hugues Boisvenu avec son adjointe contrevenait aux règles puisqu’il a entrepris de régulariser la situation. Au moment de mettre sous presse, la confusion régnait toujours, mais il semble que le gouvernement tentait de trouver un emploi à Isabelle Lapointe dans un autre bureau sénatorial. En outre, on soutenait que le couple avait rompu.

Les déclarations émanant de la Chambre haute ont été contradictoires tout au long de la journée de mercredi. En matinée, M. Boisvenu aurait fait une présentation au caucus conservateur québécois pour exposer la situation. Les sénateurs Jacques Demers et Jean-Guy Dagenais en ont retenu qu’Isabelle Lapointe ne travaillait plus à son bureau. Ils ont été immédiatement contredits par leur collègue Claude Carignan, par ailleurs leader adjoint du PC au Sénat. Ce dernier a soutenu que c’était la relation intime qui avait pris fin et non le lien d’emploi. Vrai, mais une source haut placée a indiqué au Devoir que tout n’était qu’une question de temps : le gouvernement cherchait un autre poste d’adjointe à Isabelle Lapointe « pour mettre un terme à cette histoire ».


Les règles du Sénat stipulent qu’un sénateur ne peut pas embaucher un membre de sa famille (époux, conjoint de fait, enfant, parent, etc.) ou un membre de « son ménage », défini comme « quiconque habite effectivement ou habituellement dans la résidence du sénateur ». Une source a indiqué au Devoir que le sénateur et Mme Lapointe avaient chacun leur appartement, mais plusieurs témoins les ont vus faire leur épicerie ensemble.

 

Pas de conséquence


Une chose est toutefois certaine : il n’y aura aucune conséquence pour le sénateur délinquant, par ailleurs ardent défenseur de la loi et de l’ordre. Le service des communications du Sénat n’a pas voulu faire de commentaires. M. Carignan a même fait valoir que la règle s’applique au moment de l’embauche seulement, pas pendant toute la durée de l’emploi, et que la relation intime n’était pas entamée à cette époque. Le bureau de la leader du gouvernement au Sénat, Marjory LeBreton, a indiqué pour sa part qu’il n’avait « pas de commentaire à faire à propos de la vie personnelle des sénateurs ». C’est ce même bureau qui pourtant, la veille, avait déclaré qu’il s’attendait à ce que « tous les sénateurs respectent ces politiques [d’embauche] ». Comment faire respecter une politique sur les liens professionnels d’un sénateur avec son entourage intime si on ne se penche pas sur sa vie personnelle ? Mystère.


Seul le Nouveau Parti démocratique n’a pas critiqué le sénateur, le chef Thomas Mulcair estimant que la détermination du lien intime existant entre le sénateur et son adjointe, « c’est largement subjectif ». La réticence de M. Mulcair à se prononcer s’explique peut-être par le fait que sa députée Françoise Boivin s’était retrouvée dans une situation similaire lorsqu’elle était libérale. Elle embauchait comme adjointe la personne avec qui elle habite depuis des années, une « colocataire » qu’elle refuse de présenter comme sa conjointe. Les libéraux lui avaient demandé de quitter leurs rangs.

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