Transfuge du NPD au Bloc - Le NPD dans la mire

Pour le leader du gouvernement en Chambre Peter Van Loan, les députés du NPD « essaient de trouver l’équilibre afin de s’assurer que les séparatistes de leur caucus sont contents ».
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Pour le leader du gouvernement en Chambre Peter Van Loan, les députés du NPD « essaient de trouver l’équilibre afin de s’assurer que les séparatistes de leur caucus sont contents ».

Ottawa — Aussitôt le néodémocrate Claude Patry avait-il changé de banquette aux Communes pour rejoindre les bloquistes que les conservateurs ont saisi la balle au bond. Les troupes de Stephen Harper ont fait leurs choux gras de cette défection vendredi, arguant tour à tour que c’est la preuve que le caucus de Thomas Mulcair compte des souverainistes et que c’est pour les contenter que le chef propose de réformer la Loi sur la clarté.

Les néodémocrates avaient beau interroger le gouvernement sur divers sujets à la période des questions vendredi, les conservateurs leur ont plutôt répliqué en insistant sur le désaveu d’un des leurs, le syndicaliste Claude Patry, qui s’est joint aux troupes bloquistes jeudi.


« Le seul navire qui coule présentement au Canada, c’est celui du NPD. La preuve, hier un des membres de son caucus a quitté le navire », a lancé le Québécois Jacques Gourde à une question d’un tout autre ordre posée par la néodémocrate Nycole Turmel. Quant au leader du gouvernement en Chambre Peter Van Loan, il a rebaptisé la députée d’Hull-Aylmer d’« ancienne membre bloquiste », rappelant que Mme Turmel a déjà possédé une carte de membre du Bloc.


Lorsque ce fut au tour du député Craig Scott de poser sa question, M. Van Loan a rétorqué en dénonçant son projet de loi de réforme de la Loi sur la clarté, arguant que la législation « vise à rouvrir les pourparlers constitutionnels et à revenir aux débats du passé ». « Est-ce étonnant ? […] Ils essaient de trouver l’équilibre afin de s’assurer que les séparatistes de leur caucus sont contents », a-t-il lancé, semblant annoncer la teneur des campagnes de publicité négative qui pourraient guetter le Nouveau Parti démocratique aux prochaines élections fédérales.


Des propos réitérés quelques minutes plus tard, lorsque son collègue Scott Armstrong a profité d’une des questions dont dispose le gouvernement pour inviter un ministre à vanter une de ses mesures, pour dénoncer à son tour le projet de réforme de la Loi sur la clarté du NPD. Le document propose de concilier le pouvoir d’Ottawa de juger de la « clarté » d’une question référendaire, et de la renvoyer en Cour d’appel québécoise si elle ne convient pas, avec la reconnaissance d’une majorité simple.


La réplique


Dans les rangs néodémocrates, on a rétorqué que les conservateurs comptaient eux aussi d’anciens souverainistes. Denis Lebel a en effet été membre, lui aussi, du Bloc québécois de 1993 à 2001, tandis que Maxime Bernier a travaillé comme conseiller politique pour Bernard Landry.


« C’est une façon d’essayer de changer le canal, d’essayer de détourner l’attention des vrais enjeux auxquels on fait face présentement. Puis, concrètement, ce qu’on a vu hier, c’est que M. Patry est parti parce qu’il trouve qu’on est trop fédéralistes. Donc c’est un peu ridicule après ça de partir la chasse aux sorcières sur notre caucus », a affirmé la néodémocrate Alexandrine Latendresse.


Les bloquistes sont cependant du même avis que les conservateurs. « Il y en a certainement d’autres [comme M. Patry] », a jugé Jean-François Fortin, du Bloc.


Le leader néodémocrate ne compte toutefois pas laisser toute la scène à ses adversaires. Il sera de passage au Saguenay dimanche, dans la circonscription de Jonquière-Alma que représente M. Patry.


Depuis l’élection de mai 2011, qui a propulsé les néodémocrates au rang d’opposition officielle, les conservateurs martèlent à toutes les occasions possibles que ceux-ci « ne sont pas aptes à gouverner ».


L’ancien chef libéral Michael Ignatieff ne s’était jamais remis de la campagne de publicité négative lancée par les conservateurs dès son arrivée à la direction de ses troupes. Le Parti conservateur avait tenté de dresser une image de M. Ignatieff comme n’étant qu’un politicien « en visite » au Canada, alors qu’il revenait au pays après avoir enseigné dans des universités aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

4 commentaires
  • Jacques Boulanger - Inscrit 2 mars 2013 08 h 14

    Une passade

    Du bonbon pour les Conservateurs mais une aubaine aussi pour les Libéraux. Quand l’opportunisme volontaire ou pas gagne les rangs d’un parti idéologique, c’est qu’on est pas loin de la fin. Les Conservateurs ne tarderont pas à abattre cette bête hybride déjà moribonde tandis que les Libéraux, tels des charognards, s’acharneront sur sa dépouille.

    Moi, si j’étais Ruth Ellen Brosseau, je commencerais à faire de l’oeil au beau Justin.

  • Jacques Patenaude - Abonné 2 mars 2013 09 h 27

    Ça va nous aider à comprendre

    Avec les canadiens c'est simple: vous êtes fédéralistes et vous faites comme ils disent ou vous êtes l'ennemi à abattre. Il n'y a aucune place pour ceux qui ne vénèrent pas leur constitution. Comme beaucoup, j'ai cru que le NPD avait soudainement montré de l'ouverture à un changement, il faut bien constater que ça n'était qu'un piège. Ils n'ont montré de l'ouverture que pour mieux nous pièger par la suite. Quand aux conservateurs bien c'est évident depuis longtemps, dès qu'ils ont vu que leurs mamours ne marchaient pas ils sont revenus à la hargne contre nous. Décidément la nième dernière chance donnée aux fédéralistes tourne comme les précédentes.C'est quand même ironique, maintenant c'est eux qui débattent sur un éventuel référendum, ils doivent s'ennuyer.....

  • Jean Lapointe - Abonné 2 mars 2013 09 h 36

    J'espère qu'il y en aura d'autres.


    J'espère qu'il y aura d'autres députés du NPD qui vont se rendre compte qu'ils se sont trompés de parti et qui vont donc passer au Bloc québécois. ( Il va sans dire que je suis un fervent souverainiste).

    Idéalement ces députés devraient siéger comme indépendants parce qu'ils n'ont pas été élus comme souverainistes mais comme partisans du NPD.

    Mais nous sommes là devant une situation qui exemptent de se conformer à ce principe d'autant plus qu'ils pouvaient se considérer comme souverainistes et comme partisans du NPD.

    Des principes c'est nécessaire mais il ne faut pas être à cheval sur les principes et il n'est pas interdit d' y contrevenir quand c'est jugé souhaitable ou nécessaire.

    De toute façon ce sont les électeurs qui éventuellement en jugeront.

    L'important c'est que ces personnes soient en accord avec leur conscience.

  • Jean-Philippe Chaussée - Inscrit 3 mars 2013 18 h 22

    Hypocrisie

    Harper est très mal placé pour critiqué les séparatistes du Nouveau Parti Démocratique. Lui même étant autrefois le chef du parti séparatiste Reform Party. Les "souvereinistes" et les conservateurs de harper ne sont que les faces d'une même pièce. Harper et ses complices veulent éradiqué le Français du Gouvernement Fédéral et rétablire des lois injustes comme la peinne de mort. Les séparatistes Québecois veulent iliminé l'anglais partout au québec, et veulent plus de lois injustes et opprimentes comme le registres de armes longues. La réelle différence entre les deux groupes, c'est la tribut a laquel ils appartiennent. Ça et la gang a harper se donne la peinne de parlé de la langue victime de leur mépris.