Navires militaires: Page met le gouvernement en garde

Kevin Page
Photo: Kevin Page

Ottawa — Il est peu probable que la marine canadienne soit en mesure de remplacer ses navires de ravitaillement vieillissants par des bateaux équivalents avec le montant d’argent prévu par le gouvernement Harper, a mis en garde jeudi le directeur parlementaire du budget.


Le projet de navires de soutien interarmées, assorti d’une enveloppe de 2,6 milliards de dollars, est extrêmement sous-financé à la lumière de la hausse des coûts et de l’incertitude associée à la conception et aux capacités requises pour les navires, indique Kevin Page dans son plus récent rapport.


Selon lui, au moins 4,13 milliards devraient être mis de côté, voire plus. Le rapport se base sur les capacités et les dimensions des deux navires actuels, le NCSM Protecteur et le NCSM Preserver, comme base de calcul de ce qu’un navire de remplacement coûterait aujourd’hui. Deux options s’offrent ainsi au gouvernement : réduire les capacités des navires prévus ou mettre plus d’argent dans le programme.


« Nous croyons qu’il existe de très faibles probabilités d’obtenir quoi que ce soit correspondant aux capacités du Protecteur pour une somme avoisinant les 2,6 milliards », a estimé M. Page.


Le plus récent rapport de M. Page sur le processus d’achat de matériel militaire pourrait plonger les conservateurs dans l’embarras, eux qui ont déjà été vivement critiqués à cause de multiples retards et dépassements de coûts dans le cadre d’une série de projets d’acquisition de matériel militaire.


La ministre des Travaux publics, Rona Ambrose, a malgré tout réitéré jeudi que l’estimation gouvernementale était juste et que les mesures adéquates avaient été mises en place afin de s’assurer de pouvoir se permettre d’acheter les navires. « Rappelons-nous : ces navires en sont à l’étape de la conception, mais lorsque nous irons de l’avant, nous pourrons compter sur une gestion indépendante et une expertise pour protéger les contribuables », a-t-elle déclaré à la Chambre des communes.


Les néodémocrates et les libéraux ont demandé à Mme Ambrose si le gouvernement choisirait de réduire les capacités des navires ou s’il délierait davantage les cordons de sa bourse, mais la ministre a assuré que le budget était fixe.


Selon l’analyse de Kevin Page, une somme de 3,2 milliards serait essentielle pour remplacer les deux navires de ravitaillement âgés de 45 ans.


Le directeur parlementaire du budget précise cependant qu’une réserve de 900 millions devrait être ajoutée en raison de la complexité de la construction et du fait que les chantiers navals sélectionnés pour la tâche n’ont pas construit de tels navires depuis des décennies.


Proposé une première fois en 1994, le remplacement des navires ne devrait pas être conclu avant 2018.

4 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 1 mars 2013 10 h 02

    La galère

    Et vogue la galère!

  • Francois Parent - Inscrit 1 mars 2013 10 h 51

    Odeur de corruption

    Cela ne sent pas bon il y a une odeur de corruption.

  • Marc Bégin - Inscrit 1 mars 2013 11 h 53

    Encore et encore

    La dernière fois c'était des frégates qui ont du être désarmées pour leur permettre de flotter.La fois précédente,c'était des sous-marins usagés qui nétaient en état de naviguer.On vient de se ridiculiser avec des f-35 sans moteurs auxquels on a du renoncer.Ti-mousse Harper rêve de gloriole avec nos impôts et veut imiter les américains qui croulent de dettes pour l'armement.

  • Bernard Moffett - Inscrit 1 mars 2013 17 h 22

    Traité D'Économie Navale Simplifiée - par M. H

    Qu'est-ce qu'un bateau pour M. H ? C'est un sous-marin pour lequel on ne dispose pas du budget nécessaire à l'adjonction des trous pour le faire caler ou ce avec quoi on gagne des élections. C'est selon.

    Qu'est-ce qu'un sous-marin pour M. H ? C'est le même bateau qui éventuellement après les prochaines élections recevra le budget 'inflationné' nécessaire à l'installation des trous pour le faire caler. Simple comme dans SH.

    Finalement, en contemplant l'armada M. H nous apprendra qu'il faudra aussi se payer des ennemis et des tonnes de cubes de glace pour justifier tout le bazard. Et que dès que fendront l'eau les vaisseaux, faudra tout remoderniser de zéro. Bravo maestro.

    En économie, le conservateur est celui qui, je crois, n'a pas tenu compte de l'abandon définitive, vers l'an 1200 de notre ère, de l'utilisation des chiffres romains. C'est pour ça que ses budgets ne balancent pas toujours très bien.

    Tout un équipage, nos conservateurs. Après le brise-glace, le brise-bitum'neux ?

    Grotesque.