Course à la chefferie du PLC - Garneau s’en prend à Trudeau

Marc Garneau accuse son adversaire dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, de se servir de sa popularité pour éviter d’exposer sa vision du pays.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Marc Garneau accuse son adversaire dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau, de se servir de sa popularité pour éviter d’exposer sa vision du pays.

La course au leadership jusque-là sans histoire du Parti libéral du Canada a pris une tournure bien différente mercredi quand l’ex-astronaute Marc Garneau a laissé tomber les gants. Il estime que son adversaire et meneur présumé, Justin Trudeau, joue de sa popularité pour éviter d’exposer sa vision du pays. Si le PLC le couronne, prédit M. Garneau, il courra à sa perte.

« Je soulève cette question car je suis préoccupé par ce que j’ai entendu Justin dire en campagne, a lancé M. Garneau au cours d’une conférence de presse convoquée en matinée. Justin a soutenu que ce n’est pas le moment de dire aux libéraux et aux Canadiens ce qu’il incarne et quels sont ses plans pour le pays. Il a dit qu’il fera cela après la course au leadership, quelque part avant la prochaine élection en 2015. À mon avis, cela revient à demander aux Canadiens d’acheter une nouvelle voiture sans l’essayer d’abord. »


Selon Marc Garneau, les candidats dans la course doivent « aller au-delà des généralités. Nous devons dire ce que nous avons l’intention de faire. […] Ça ne donne pas grand-chose de dire qu’on est préoccupé par les difficultés que vivent les familles de la classe moyenne [comme le fait M. Trudeau] si on ne dit pas ce qu’on fera pour les aider. » Il n’est pas impressionné par les sorties de son adversaire sur la réforme du Sénat (contre), la résurrection du registre des armes à feu (contre) ou encore l’achat de la pétrolière Nexen par la chinoise CNOOC (pour), des sujets à propos desquels tous les candidats au leadership sont appelés à se prononcer sans que cela constitue une vision en soi.


Les sondages


M. Garneau a mis le PLC en garde contre les sirènes des sondages. Ceux-ci tendent à démontrer qu’un PLC dirigé par Justin Trudeau prendrait les devants dans les intentions de vote. Ça ne veut pas dire qu’il sera capable pour autant de faire face à Stephen Harper. « Les trois derniers chefs qu’on a eus dans notre parti, quand ils ont été élus chefs, ils étaient tous en tête dans les sondages. Mais ça n’a pas marché ! » M. Garneau craint un autre couronnement, ce qu’il estime avoir été le lot des trois derniers chefs (oubliant que Stéphane Dion avait été élu après plusieurs tours en 2006), car ceux-ci ne permettent pas au chef de bien se définir. Le Parti conservateur a alors tout le loisir de dépeindre à sa guise l’adversaire.


Justin Trudeau, qui se trouvait pourtant à Ottawa au moment de cette attaque, a choisi de fuir les journalistes en quittant la salle de caucus où il se trouvait par la porte arrière. Il a préféré se rendre à Kingston, comme le prévoyait son horaire initial. Plus tard, il a toutefois brièvement réagi aux propos de Marc Garneau. « Je suis très fier de la campagne que je mène. » Soutenant avoir pris des positions sur le commerce international, l’éducation et la réforme démocratique, il estime toutefois que cette course « sert à entrer en contact avec les Canadiens et à raviver la connexion entre les Canadiens et la politique en général. Et la réponse est très bonne ».


Le chef libéral par intérim, Bob Rae, a refusé de s’en mêler, rappelant qu’une course au leadership n’était pas « un ballet » et que les accrochages sont à prévoir.


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Avec La Presse canadienne

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