Le sénateur Patrick Brazeau accusé de voies de fait et d'agression sexuelle

Gatineau — Le sénateur Patrick Brazeau a été libéré sous conditions, vendredi matin, après avoir été accusé de voies de fait et d'agression sexuelle, au palais de justice de Gatineau. Il avait été arrêté la veille.

L'homme, qui paraissait calme et souriait discrètement par moment alors qu'il comparaissait devant le tribunal, a écouté pendant que ses conditions de libération étaient énumérées.

Il a ainsi dû verser vendredi une caution de 1000 $ avant d'être libéré, et s'est engagé à ne pas communiquer avec la présumée victime, à ne pas s'approcher de sa résidence et de son lieu de travail, et à ne pas avoir d'armes à feu en sa possession.

M. Brazeau, portant un long manteau noir, une chemise blanche et une cravate, a indiqué à la Cour qu'il demeurera à Maniwaki pendant la suite des procédures judiciaires. Il doit revenir en cour le 22 mars, auquel moment il pourrait présenter son plaidoyer de culpabilité ou de non-culpabilité.

«Mais ça peut être reporté pour différentes raisons», a prévenu le procureur de la Couronne, Sylvain Petitclerc.

Le sénateur peut toutefois se rendre à la résidence où son arrestation a eu lieu, car il ne s'agit pas de celle de la présumée victime, a indiqué Me Petitclerc.

«Les accusations sont graves», a-t-il déclaré, précisant toutefois que M. Brazeau était accusé de voies de faits simples, et d'agression sexuelle simple, soit sans lésions corporelles. Il n'a toutefois fourni aucune information sur l'état de santé de la présumée victime.

L'avocat de M. Brazeau étant absent, la preuve accumulée par la police ne lui a pas été remise vendredi, a aussi fait savoir le procureur de la Couronne.

M. Brazeau a gardé le silence en quittant le palais de justice, même s'il était entouré d'une horde de journalistes.

Harper est «sidéré»

Ne prenant pas l'incident à la légère, le premier ministre Stephen Harper avait rapidement jeté le controversé sénateur hors du caucus conservateur, jeudi.

Selon une source conservatrice, M. Harper aurait été «sidéré et attristé» lorsqu'il a appris la nouvelle.

Vendredi, lors d'un point de presse, après que M. Brazeau ait été accusé, M. Harper a décrit la situation comme étant «terrible et épouvantable», et a même ajouté qu'il croit que plusieurs ressentent que le sénateur les a «laissés tomber».

«Mais la plupart des sénateurs font du bon travail», a ajouté M. Harper.

Depuis deux jours, les partis d'opposition à Ottawa remettent en question le jugement du premier ministre parce que c'est lui qui a donné un siège à Patrick Brazeau à la Chambre haute.

«Quand j'ai nommé M. Brazeau, il était chef national d'une des plus grandes organisations autochtones de notre pays. Évidemment, les événements qui ont causé son expulsion de notre caucus et aussi ces accusations criminelles sont très récentes. Évidemment, quelque chose s'est passé dans une période très récente et nous sommes évidemment bien choqués, bien déçus avec cette situation», a dit le chef des conservateurs.

Expulsion

Maintenant que des accusations sont déposées contre le sénateur, le Bureau de régie interne du Sénat pourrait le suspendre.

Il en serait officiellement expulsé s'il était trouvé coupable et écopait d'une peine de plus de deux ans en vertu du Code criminel.

M. Brazeau est le plus jeune des 105 sénateurs siégeant actuellement à la Chambre haute. Depuis sa nomination en 2009, il a fait l'objet de nombreuses controverses sur la colline parlementaire à Ottawa.

La plus récente remonte à mercredi, quand le réseau CTV a révélé que le sénateur aurait déclaré au fisc une fausse adresse entre 2004 et 2008 afin de pouvoir bénéficier de déductions fiscales. Ce même réseau avait également dévoilé que M. Brazeau avait fourni au Sénat l'adresse d'une résidence où il ne vivait visiblement pas afin de toucher une prime de résidence éloignée de plus de 20 000 $.

Le public le connaît toutefois surtout depuis son combat de boxe avec l'actuel candidat au leadership du Parti libéral du Canada, Justin Trudeau. M. Brazeau avait perdu ce combat.

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