Clarté référendaire - Les quotidiens anglophones vilipendent Mulcair

Le chef du Nouveau parti démocratique, Thomas Mulcair
Photo: - Le Devoir Le chef du Nouveau parti démocratique, Thomas Mulcair
Ottawa – Il n’y a pas que les rivaux politiques du Nouveau Parti démocratique (NPD) qui critiquent sa réforme proposée à la loi sur la clarté. Les éditoriaux d’une série de quotidiens du Canada anglais reprochent à Thomas Mulcair de tenter ainsi de préserver ses appuis populaires, plutôt que l’unité du pays.

Tour à tour, le Globe and Mail, le National Post, le Toronto Star et l’Ottawa Citizen tiraient à boulets rouges mercredi sur le chef néodémocrate et son projet de loi proposant la reconnaissance d’une victoire référendaire remportée avec une majorité simple de 50 % + 1. Car de ce fait, M. Mulcair suggère de faciliter la sécession du Québec plutôt que d’assumer son rôle de chef fédéraliste en protégeant au contraire la fédération, soutiennent ces journaux.

« Ceci est, en quelque sorte, un recul. […] M. Mulcair mène un parti fédéraliste qui représente tout le Canada et il devrait se comporter de la sorte », critiquait le Globe. Un avis partagé par l’équipe éditoriale de l’Ottawa Citizen. « Le projet de loi trahit aussi la volonté du NPD à jouer des jeux politiques, qui servent ses propres intérêts, avec le sort de la nation », écrivait-on de ce côté, en concluant que M. Mulcair démontre qu’il « manque de qualités de premier ministre ».

En réponse à un projet de loi bloquiste réclamant d’abroger la loi sur la clarté référendaire, les néodémocrates ont déposé leur propre réforme. Celle-ci tente de concilier le pouvoir d’Ottawa de juger de la « clarté » d’une question référendaire — reprenant les paramètres de la décision de la Cour suprême — avec la reconnaissance d’une majorité simple — tel que prévu dans la Déclaration de Sherbrooke adoptée en 2006 par le parti. La Cour suprême parlait d’une « majorité claire », sans la chiffrer.

« Peu importe le dénouement au Québec, cette manœuvre pourrait coûter des appuis aux néodémocrates à travers le pays. Si arides puissent être ces débats, les Canadiens doivent savoir qu’un parti qui aspire à gouverner la fédération est prêt à la défendre. Dans le cas du NPD, cela ne peut pas être tenu pour acquis », a par ailleurs chargé le Toronto Star, accusant le NPD d’« abaisser la barre pour une sécession ».

Mêmes reproches du côté du National Post, dont l’éditorial titré « Le manque de clarté décevant de Tom Mulcair » reprochait aux néodémocrates d’avoir « brouillé les eaux » avec leur Déclaration de Sherbrooke.
 
De Calgary à Montréal

Questionné sur les critiques acerbes dont fait l’objet sa réforme dans le Canada anglais, le chef néodémocrate a refusé de s’en émouvoir. « J’ai l’avantage de dire la même chose à Calgary qu’à Montréal. Il y en a qui s’étonnent qu’on ait eu le courage de nos convictions, mais c’est la seule manière à mon point de vue de faire de la politique », a rétorqué M. Mulcair.

Quant à savoir s’il s’inquiète de perdre aussi des appuis au Québec — où le NPD compte les deux tiers de ses députés et où certains électeurs pourraient s’offusquer de la volonté du parti de laisser au Parlement canadien le soin de décider de la validité d’une question référendaire —, M. Mulcair a répété la même réponse.

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