«Gouvernance souverainiste»: Ottawa est prêt à négocier des ententes «pragmatiques» avec Québec

Christian Paradis veut bien «trouver des dénominateurs communs» avec Québec, ce qui pourrait mener à la conclusion d'ententes «pour optimiser la gestion des fonds publics».
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Christian Paradis veut bien «trouver des dénominateurs communs» avec Québec, ce qui pourrait mener à la conclusion d'ententes «pour optimiser la gestion des fonds publics».
Vendredi, en entrevue avec La Presse canadienne à Davos, en Suisse, où il participe au Forum économique mondial, M. Paradis a répété qu'il ne voulait pas entendre parler de la gouvernance souverainiste, la stratégie par laquelle le Parti québécois veut soutirer de nouveaux pouvoirs d'Ottawa dans le but de faire avancer le projet indépendantiste.

Pas question, donc, de céder à Québec l'assurance-emploi ou les budgets fédéraux en matière de culture et de communications, comme le réclame le gouvernement péquiste. Pour le lieutenant québécois de Stephen Harper, accéder à ces demandes risquerait d'amorcer le «démembrement» du gouvernement fédéral.

Par contre, Christian Paradis veut bien «trouver des dénominateurs communs» avec Québec, ce qui pourrait mener à la conclusion d'ententes «pour optimiser la gestion des fonds publics». Il a cité en exemple l'accord Ottawa-Québec sur l'harmonisation des taxes de vente et celui portant sur le gisement pétrolier Old Harry, dans le golfe Saint-Laurent, tous deux conclus alors que les libéraux de Jean Charest étaient au pouvoir.

M. Paradis a rappelé qu'avant Noël, il a rencontré le ministre québécois des Affaires intergouvernementales et de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier. Ce dernier lui aurait confié qu'il y avait sur sa «table à dessin» des propositions d'arrangements Canada-Québec. Christian Paradis a promis de les étudier avec attention une fois qu'il les aura reçues.

Ton conciliant


Vendredi, le ton de M. Paradis était beaucoup plus conciliant que celui qu'il avait pris au lendemain du discours inaugural de Pauline Marois, à la fin octobre. Le ministre avait jugé l'exercice «vindicatif» en raison de l'accent mis sur les revendications péquistes en matière de pouvoirs constitutionnels et de transferts aux provinces.

Christian Paradis a dit voir d'un bon oeil les propos qu'a tenus jeudi Mme Marois sur la gouvernance souverainiste. Sans faire mention du projet indépendantiste, elle avait expliqué qu'à ses yeux, la stratégie vise d'abord et avant tout à «défendre les intérêts du Québec».

Situation inusitée, Pauline Marois assiste vendredi soir à la réception organisée à Davos par le gouvernement fédéral. Elle devrait y croiser M. Paradis. Rappelons que mercredi, les ministres fédéraux John Baird (Affaires étrangères) et Ed Fast (Commerce international) se sont rendus à la réception donnée par le Québec et au cours de laquelle Mme Marois a prononcé un discours en anglais et en français.

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