Le C-17 au Mali trois semaines de plus

L’avion C-17 permet de transporter des chars d’assaut, des marchandises et de l’équipement militaire.
Photo: Richard Lam Archives La Presse canadienne L’avion C-17 permet de transporter des chars d’assaut, des marchandises et de l’équipement militaire.

Ottawa — Le gouvernement conservateur a confirmé que le Canada prolongera de trois semaines sa modeste présence au Mali. L’avion militaire de transport C-17 sera mis à la disposition de la France jusqu’au 15 février.


C’est sans tambour ni trompette que le gouvernement a annoncé sa décision jeudi après-midi, par la voie d’un simple communiqué de presse. Une fois de plus, le gouvernement a souligné au crayon gras la non-participation canadienne aux combats en territoire malien. « Cet avion est mis à la disposition de la France afin de permettre le transport d’équipement et de militaires vers Bamako, la capitale du Mali, est-il écrit. Ni cet avion, ni les membres des Forces armées canadiennes ne participeront aux opérations de combat. »


Le communiqué présente malgré tout cette contribution logistique comme la preuve de l’engagement canadien dans la lutte internationale contre le terrorisme. « Le Canada est un partenaire résolu dans la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, y écrit le ministre des Affaires étrangères, John Baird. Nous sommes conscients des nombreuses difficultés auxquelles font face le Mali et ses voisins en ce moment, et nous sommes disposés à faire notre part pour la population du Sahel. »


Le ministre indique dans ce communiqué que le gouvernement « poursuit sa réflexion » quant à la contribution que pourrait faire le Canada « dans des domaines autres que militaires ». L’avion de transport, un des quatre que possède le Canada, devait au départ n’est prêté à la France qu’une semaine.

 

Réfugiés


Les partis d’opposition approuvent la décision d’Ottawa. Le Nouveau Parti démocratique réclame toutefois du gouvernement qu’il saisisse le Comité permanent des affaires étrangères de la question malienne. Ainsi, les députés pourraient être mis au courant publiquement de l’évolution de la situation et mieux déterminer s’il y a lieu que le Canada s’implique davantage dans ce conflit africain.


« Ce que nous ne voulons pas voir arriver, c’est qu’on prenne un autre engagement similaire à celui en Afghanistan sans vraiment savoir de quoi il retourne, explique le porte-parole néodémocrate en matière d’affaires étrangères, Paul Dewar. Je ne crois pas qu’un engagement militaire soit nécessaire ou désirable. Mais on peut considérer les autres façons d’apporter notre aide. » Il mentionne la question des réfugiés.


Du côté libéral, on craint cette approche progressive du gouvernement. « On avait un orteil dans l’eau et, maintenant, on a de l’eau jusqu’à la cheville. Ce n’est pas ainsi qu’on gère une mission. Le premier ministre n’a toujours pas expliqué pourquoi nous étions au Mali. Je ne voudrais pas me réveiller un matin avec de l’eau jusqu’aux genoux », lance le critique en matière de défense nationale, John McKay.

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