Garneau et Trudeau s’inscrivent en faux de Cauchon

Ottawa – Un premier sujet de discorde se profile dans la course à la chefferie du Parti libéral du Canada. Les deux autres candidats québécois de la course, Justin Trudeau et Marc Garneau, se distinguent de Martin Cauchon en s’affirmant pour le bilinguisme obligatoire des juges à la Cour suprême du Canada dès leur nomination.

Selon l’équipe de Justin Trudeau, leur candidat estime que le bilinguisme « devrait être un critère de sélection prioritaire ». D’abord pour permettre aux gens d’avoir un système de justice dans la langue de leur choix, mais ensuite pour que les juges puissent discuter entre eux dans la langue de leur choix. Après une cause, les juges ayant siégé sur une cause se retirent en effet et discutent entre eux, sans la présence d’interprètes, de l’orientation à prendre pour le jugement. C’est généralement à cette rencontre que les grandes lignes du verdict sont élaborées et que les dissidences, le cas échéant, pointent. La présence d’un seul juge unilingue impose à tous les autres que cette discussion à bâtons rompus se déroule en anglais.


Selon l’équipe de M. Trudeau, si celui-ci devait devenir chef du PLC puis premier ministre, il ne nommerait « que des juges bilingues ». On prend soin de rappeler que M. Trudeau avait voté pour le projet de loi C-232, parrainé par le néodémocrate Yvon Godin. Ce projet de loi faisait de la compréhension des deux langues officielles sans l’aide d’un interprète un critère de sélection pour les aspirants à la toge écarlate.


Le son de cloche est identique du côté de Marc Garneau, qui avait lui aussi appuyé le projet de loi C-232. (Ce projet de loi avait été adopté par la Chambre des communes, alors en situation minoritaire, mais est mort au feuilleton avec l’élection de 2011.) « Les juges doivent pouvoir exécuter toutes leurs fonctions dès le début de leur mandat, incluant la communication dans les deux langues officielles du Canada », explique le porte-parole de M. Garneau, Alain Berinstain.


Ces prises de position tranchent avec celle de l’ex-ministre de la Justice, Martin Cauchon, qui s’est lancé dans la course à minuit moins une, dimanche dernier. M. Cauchon estime que la compétence juridique devrait être le premier critère de sélection, mais que le gouvernement devrait exiger des magistrats unilingues qu’ils apprennent la seconde langue au cours de leur mandat.

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