PLC: une erreur de traduction a retardé Cauchon

Ottawa — L’annonce de la candidature de Martin Cauchon à l’investiture du Parti libéral du Canada dimanche soir, à quelques minutes de l’heure limite pour se lancer dans la course, en a fait sourciller certains. Pourquoi l’ex-ministre de la Justice a-t-il tant attendu pour afficher ses couleurs et, surtout, quelles sont ses chances de victoire s’il a éprouvé de la difficulté à recueillir les signatures réglementaires ?

L’ex-député d’Outremont et ministre sous Jean Chrétien a envoyé dimanche au PLC le chèque de 75 000 $ et les 300 signatures d’appui nécessaires pour devenir candidat officiel à la succession de Michael Ignatieff. Or, M. Cauchon est passé si près de ne pas avoir suffisamment de signatures que David Bertschi, un des candidats obscurs de cette course, a envoyé une lettre à ses militants manitobains les encourageant à signer les papiers de nomination de son adversaire. Que s’est-il donc passé ? Une erreur de traduction, semble-t-il.


Les versions anglaise et française de la constitution du PLC ne sont pas identiques. La version shakespearienne mentionne qu’un candidat doit recueillir 300 signatures de militants, dont au moins 100 « provenant de chacune de trois provinces (ou territoires) différentes » (« from each of three different provinces or territories »). La française parle de 300 signatures, dont au moins 100 « provenant de trois provinces ou territoires différents ». Dans le camp Cauchon, qui s’était fié à cette dernière, on pensait qu’il suffisait qu’un total de 100 signatures provienne de trois provinces pour que le compte y soit, a expliqué au Devoir Yves Lemire, un des membres de l’équipe. Les instances du PLC ont confirmé mercredi soir que c’est la version anglaise qui primait, d’où la course pour obtenir les signatures manquantes. Au total, selon nos informations, le camp Cauchon a soumis plus de 600 signatures.


D’autres âmes moins charitables offrent une lecture différente. « Martin est venu au party de Noël du parti à Ottawa en décembre et il sollicitait des signatures. Quand tu es obligé de faire ça, c’est qu’il y a un os, une barrière à ta candidature », raconte une source libérale.

 

Art, économie et justice


C’est jeudi ou plus probablement vendredi que Martin Cauchon lancera officiellement sa campagne et expliquera les raisons qui le poussent à se présenter. Déjà, son équipe mentionne quatre thèmes lui étant chers. M. Cauchon entend mettre l’accent sur le développement économique régional et le financement des arts, non pas comme des éléments de « bien-être social », mais des outils de développement économique nobles. Il insistera aussi sur le retour à un système de justice éclairé et non basé sur les peines minimales de plus en plus nombreuses. Il posera enfin en défenseur des idées traditionnelles du PLC mises à mal par certains candidats, dont l’importance du registre des armes à feu (critiqué par Justin Trudeau) et de la gestion de l’offre agroalimentaire (que Martha Hall Findlay veut abolir).


Outre M. Lemire, qui a déjà été directeur général adjoint du PLC, l’équipe de M. Cauchon est notamment composée de Luc Perreault, Fabrice Rivault, le collaborateur de longue date Ajay Chopra et l’ex-candidat dans Jeanne-LeBer Mark Bruneau. Ce dernier ne fait pas l’unanimité dans les rangs libéraux, car il a déjà été reconnu coupable d’avoir omis de déclarer aux douanes l’achat à Las Vegas de deux montres de valeur. Il a obtenu une absolution inconditionnelle.

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