«Idle No More»: plumes rouges, tambours et carrés rouges à Montréal

Un millier de personnes ont manifesté à Montréal en appui au mouvement Idle No More. Sous les odeurs d'encens qui accompagnaient les chants ancestraux, les discours des porte-parole étaient parsemés d'appels à la solidarité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Un millier de personnes ont manifesté à Montréal en appui au mouvement Idle No More. Sous les odeurs d'encens qui accompagnaient les chants ancestraux, les discours des porte-parole étaient parsemés d'appels à la solidarité.

Un millier de personnes ont manifesté à Montréal, vendredi, aux abords du Palais des congrès, tantôt avec des plumes rouges et des tambours, mais aussi des carrés rouges, des casseroles et des bannières affichant des slogans pro-environnement.

Une porte-parole des Premières Nations de la Côte-Nord qui s'est présentée sous le simple nom de Melissa a tenu à préciser que le mouvement «Idle No More» n'est pas qu'une lutte amérindienne. Les revendications autochtones se veulent le point de départ d'un mouvement de contestation beaucoup plus large, à son avis.

Margaret Chittspattio, une membre des Premières Nations, s'est dite étonnée de voir la foule massée au centre-ville de Montréal. Pour elle, le mouvement «Idle No More» est d'abord une manière d'obtenir un respect des engagements.

Sous les odeurs d'encens qui accompagnaient les chants ancestraux, les discours des porte-parole étaient parsemés d'appels à la solidarité. Depuis 500 ans, les nations s'ignorent, il faut mettre un terme au fossé, a répété Melissa, la représentante des Premières Nations de la Côte-Nord.

La foule hétérogène cumulait des symboles divers, dans un lieu qui a accueilli, il y a à peine un an, les tentes du mouvement «Occupy» suivies plus tard des manifestants des grèves étudiantes. Des militants de l'un et l'autre de ces mouvements étaient présents.

Aussi dans la foule, plus discrets, des députés du Nouveau Parti démocratique et de Québec solidaire venus en appui aux autochtones qui dénoncent l'adoption des projets de loi C-38 et C-45, ces projets dits «mammouths» adoptés après de longues heures de débat à la Chambre des communes.

Pour le député de Québec solidaire Amir Khadir, cette nouvelle descente dans la rue ne vient que démontrer la volonté citoyenne de s'attaquer au déficit démocratique à Ottawa.

«Les nations autochtones sont au premier plan et demandent aux non-autochtones de se joindre à elles, dans une bataille contre les politiques réactionnaires du gouvernement Harper», a dit Françoise David, autre députée de Québec solidaire.

«J'étais certaine qu'on reviendrait à la rue, parce qu'il n'y a rien de réglé, ni pour les autochtones, ni pour l'environnement, ni pour la culture», a-t-elle ajouté.
7 commentaires
  • France Marcotte - Abonnée 11 janvier 2013 16 h 42

    Magnifique!

    Les grands esprits se rencontrent toujours.

  • Serge Marchand - Inscrit 11 janvier 2013 17 h 34

    Ensemble nous vaincrons !

    Pendant des décennies, les autochtones ont désiré voulu croire à la bonne foi de notre gouvernement.

    C'est un peuple patient mais notre gouvernement n'a jamais désiré mettre en application leurs droits et leurs traités car c'est plus payant de dilapider nos ressources naturelles au profit des grandes entreprises. C'est probablement aussi plus payant pour les caisses de certains partis politiques.

    L'environnement n'est pas exclusif aux autochtones. "La Loi sur la protection des eaux navigables protégeait environ 40 000 lacs et 2,5 millions de rivières. Grâce aux réformes proposées dans le projet de loi C-45, ce n'est plus que 97 lacs et 62 rivières qui seront protégés, dont la plupart sont dans les circonscriptions des conservateurs."

    Supportons ceux qui nous ont accueillis dans leur terre d'accueil. Honte aux gouvernements pour avoir bafouer leurs droits et traités pendant des décennies et travaillant pour les lobbyistes. Unissons-nous, ensemble nous vaincrons.

    Idle No More !

  • Gilles Théberge - Abonné 11 janvier 2013 17 h 42

    Il faudrait nuancer

    «Depuis 500 ans, les nations s'ignorent, il faut mettre un terme au fossé, a répété Melissa, la représentante des Premières Nations de la Côte-Nord» dit madame Chittspattio.

    C'est davantage la situation politique et les politiques fédérales qui ont créées le clivage apparent entre les autochtones Québécois et le reste de la population.

    Tout au long du régime français le métissage et une cohabitation harmonieuse a été une constante. C'est après la conquête que les choses se sont gâtées.

    Ce serait bien, important même, que tant les amérindiens que les Québécois retournent aux livres d'histoire, pour prendre conscience du fait que la séparation a été provoquée par les politiques racistes de l'Empire britannique d'abord, puis le relais assuré par le gouvernement fédéral Canadian, qui a tout fait pour assimiler les amérindiens et qui maintenant les méprise.

    • Thomas Sallé Phelippes de La Marnierre - Inscrit 12 janvier 2013 00 h 28

      Le bilan de notre peuple n'est pas tout blanc (évangélisation, esclaves panis, pensionnats catholiques, etc.), mais c'est vrai que nous avions appris à cohabiter, et les métisages ont été très nombreux. Si nous n'avions aps été conquis, peut-être que nous ressemblerions aux pays d'Amérique du Sud, qui sont surtout métis, libérés et républicains.

    • Steve Gatz - Inscrit 12 janvier 2013 10 h 12

      ....Nous n'avons pas lu les mêmes livres d'histoire...À ma connaissance le régime français ne cherchait qu'à convertir les premières nation au catholicisme, et encourageait des tonnes de préjugés envers eux....Il était même possible de s'acheter un esclave amérindien....

  • Louise Lefebvre - Inscrite 11 janvier 2013 20 h 45

    LES CITOYENS PARLENT!

    Bravo pour ces gens qui sont descendus dans la rue...le Québec n'est pas mort et n'en a pas fini de revendiquer le droit à la vie, à la démocratie et à la justice...
    Harpeur a des politiques qu'il faut combattre pour le mieux-être des québécois, des canadiens et des premières-nations...tous unis c'est notre force!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 15 janvier 2013 08 h 22

      «tous unis c'est notre force !» Ben elle est pas forte notre force parce que pour être tous uni, on repassera !