Grève de la faim: des jeûnes communautaires en appui à Theresa Spence

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	Theresa Spence, la chef d’Attawapiskat en grève de la faim depuis le 11 décembre</div>
Photo: La Presse canadienne (photo) Cole Burston
Theresa Spence, la chef d’Attawapiskat en grève de la faim depuis le 11 décembre

Des membres de la nation micmaque ont commencé jeudi un jeûne de quatre jours en appui à la chef d’Attawapiskat, Theresa Spence, qui a entamé le 11 décembre une grève de la faim près de la colline parlementaire, à Ottawa.

Selon l’organisatrice de l’événement, Shelley Young, jusqu’à 200 participants pourraient prendre part à des jeûnes dans les réserves néo-écossaises de Milbrook et d’Eskasoni.


Mme Young a ajouté qu’en participant à ces jeûnes, les autochtones veulent rappeler qu’ils désirent que le premier ministre Stephen Harper rencontre Mme Spence.


D’autres jeûnes communautaires sont également organisés ailleurs au pays, et sont ouverts à toute personne désirant y participer, a indiqué Mme Young. Les jeûnes de la Nouvelle-Écosse auront lieu jusqu’au 31 décembre à midi.


La chef d’Attawapiskat, une communauté algonquine de la rive ontarienne de la baie James, souhaite sensibiliser le public à la réalité des communautés autochtones et sollicite une rencontre avec le premier ministre Harper, le gouverneur général, David Johnston, et les leaders des Premières Nations.


Le ministre fédéral des Affaires autochtones, John Duncan, a offert de rencontrer Mme Spence, mais elle a refusé. Le député néodémocrate Charlie Angus, qui a soutenu la chef Spence, affirme que la situation devient dangereuse pour sa vie. M. Angus doit d’ailleurs rendre visite à la chef ce vendredi pour s’assurer de son état de santé.


Le député de la circonscription où se trouve Attawapiskat a aidé à faire connaître la situation déplorable de la réserve à l’échelle internationale, l’an dernier, mais a dit être particulièrement inquiet du fait qu’elle ait entamé une grève de la faim. Selon M. Angus, la seule solution consiste, pour le premier ministre Harper, à faire preuve de leadership et à rencontrer Mme Spence.


Deux candidats montréalais à la direction du Parti libéral du Canada (PLC) se sont aussi portés à la défense de Mme Spence.


Mercredi, le député Justin Trudeau avait rendu visite à la chef, qui mène sa grève de la faim sur une île de la rivière des Outaouais. Il a soutenu qu’elle ne devrait pas avoir à se sacrifier de la sorte pour les siens.

 

Lettre sur le Net


Un peu plus tard, dans une lettre publiée sur son site Internet, le député Marc Garneau a exhorté M. Harper à rencontrer Mme Spence.


« En janvier dernier, au rassemblement de la Couronne et des Premières Nations, le Canada s’est engagé à rétablir ses relations avec les Premières Nations avec la reconnaissance mutuelle, le partage et la confiance. Malheureusement, cette confiance a été perdue. Pour la retrouver, il faut la mériter. La confiance ne se mérite pas avec une seule déclaration. Elle est construite étape par étape, jour après jour, grâce à l’action », écrit-il dans une lettre ouverte.


« Je vous demande d’initier la prochaine étape dans la construction de la “ conviction renouvelée ” que nous avons promise, et d’offrir à la chef Spence et aux dirigeants des Premières Nations une réunion pour élaborer un plan d’action concernant le traitement des peuples autochtones. »

2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 28 décembre 2012 10 h 32

    Travailler ensemble pour L'autonomie économique

    Les communautés et le gouvernement doivent travailler ensemble pour que l'argent des contribuables serve réellement à aider ces communautés à devenir plus autonomes par l'éducation et l'entrepreneurship.

    Des types de gestion où le chef distribue l'argent reçu au pro rata aux individus qui le dépense avec un nouveau 4 roues, une télé, de l'alcool..ç'est dilapider les fonds publics et ne pas se sortir de la dependance. Un trou sans fond! Quand on leur construit des maisons ils doivent les entretenir comme tout autre citoyen, et non les laisser se détériorer comme c'est hélas trop souvent le cas. Présentement l'éducation n'est pas vraiment prise au sérieux dans ces communautés, et on rend souvent très pénible le travail des éducateurs, il n'y a pas de volonté réelle.

    C'est tellement triste de voir ces nations autrefois si fières , devenus des dépendants économiques chroniques..et leur donner plus d'argent sans plan précis ne fera qu'accroitre la dépendance.. Les enfants autochtone méritent une meilleur avenir, l'éducation pour développer les compétences...

  • Robert Henri - Inscrit 28 décembre 2012 13 h 45

    D'accord monsieur Michaud mais...

    Vous avez raison mais il faut vraiment savoir les pourquoi et les comment qui ont amené les autochtones où ils sont. On les a dépossédé de leur langue et traditions pour beaucoup, on en a fait des mauvais parents pleins d'amour pour leurs enfants aussi en les mettant dans ces pensionnats non seulement sans modèle parental mais aussi en les abusant. On les a empêché ce dont nous avons tous le devoir, transmettre à nos enfants notre langue, notre culture, notre identité. Nous devons nous réconcilier. Notre nation qui a été lésée et méprisée par l'«Anglais», devenu «Canadian», semble léser et mépriser les nations autochtones. Si nous ne pouvons rien ou si peu contre l'inique Loi sur les Indiens, nous Québécois, Canadiens-français, Canadiens son on ne nous avait volé notre nom, nous dis-je devons appuyer ces nations dans ce qu'elles veulent. La justice, le respect, la coexistence pacifique, voir une grande amitié car c'est ce que vivaient les «Canadians» du temps de la Nouvelle-France avec les nations autochtones. Il y a des Noms de familles et des toponymes français un peu petout en Amérique. Des patronymes également. Nous devont retrouver cette amitié. Commençons par appuyer madame Spence. Comment fait-on ?