F-35: trois fois plus cher, mais toujours dans la course

Le gouvernement conservateur a annoncé qu’il reprend le processus de sélection des appareils à zéro.
Photo: Lockheed Martin Le gouvernement conservateur a annoncé qu’il reprend le processus de sélection des appareils à zéro.

Ottawa – Le gouvernement conservateur a réussi la quadrature du cercle mercredi dans le dossier des avions militaires F-35 en révélant que leur achat coûterait trois fois plus cher qu’annoncé, tout en prétendant que la facture reste inchangée, et en décrétant la reprise du processus de sélection d’un appareil, tout en refusant de lancer l’appel d’offres qui avait fait défaut la première fois.

Au final, Ottawa pourrait encore se porter acquéreur des F-35 au terme d’un processus à échéancier indéterminé. Ce qui amène l’opposition à se demander à quoi tout ce branle-bas de combat servira.

Ottawa a rendu public le rapport indépendant de la firme KPMG sur le coût réel d’acquisition et d’entretien des 65 appareils F-35 que le gouvernement désire acquérir. Résultat : les avions de chasse coûteraient 46 milliards de dollars. C’est trois fois plus que le chiffre de 16 milliards qu’ont évoqué les conservateurs lors de l’annonce de l’achat en 2010, en campagne électorale, et jusqu’en début d’année encore.


Pour dégonfler l’énormité de cette hausse, le gouvernement a procédé de deux manières mercredi. D’abord, il a gommé ce chiffre de 16 milliards. Il prétend qu’il a toujours su que les avions coûteraient 25 milliards. Effectivement, les conservateurs savaient que le coût réel était de 25 milliards, mais ils ne l’avaient jamais avoué ni au Parlement ni au public. C’est le Vérificateur général qui a révélé la double comptabilité dans son rapport d’avril dernier.


Ensuite, le gouvernement a insisté sur le fait que la méthode de calcul des coûts des avions a été modifiée. Le coût des appareils n’est plus calculé sur une période de 20 ans (débutant à l’achat du premier appareil), mais sur la durée de vie réelle de toute la flotte, soit 36 ans. Du coup, les frais d’entretien sont plus élevés, les frais d’utilisation aussi. Toutes proportions gardées, clame donc Ottawa, le coût reste inchangé : 46 milliards sur 36 ans, c’est environ la même chose que 25 milliards sur 20 ans. (Les ministres parlent même d’une période de 42 ans parce qu’ils incluent la période préacquisition de 2010 à 2016.)

 

Remettre les compteurs à zéro… ou presque


Le gouvernement conservateur n’a pas que dévoilé un nouveau prix pour ses avions. Il a annoncé qu’il reprend le processus de sélection d’un appareil à zéro. Ou presque. Il n’est toujours pas question de lancer un appel d’offres. Du moins, pas forcément. « Aucune décision n’a été prise sur la stratégie d’acquisition et il est certainement prématuré de regarder les options d’acquisition avant qu’une analyse rigoureuse soit faite », a indiqué un haut fonctionnaire lors de la séance d’information.


Les fonctionnaires procéderont d’abord à une analyse des options existantes sur le marché. « Chaque option sera évaluée selon les rôles et missions de la Stratégie de défense “Le Canada d’abord” », indiquent les documents déposés mercredi. Un panel de quatre experts indépendants supervisera le processus. « L’énoncé des besoins opérationnels a été mis de côté aux fins de la nouvelle évaluation des options, afin de permettre une exploration complète des options disponibles en vue du maintien de la capacité de combat du Canada. Toute incidence sur l’énoncé des besoins opérationnels fera l’objet d’un examen après l’achèvement de l’analyse des options. »


Ensuite, on décidera comment on veut procéder pour la suite des choses. On pourrait lancer un appel d’offres, comme on pourrait choisir un nouvel appareil sans appel d’offres ou rester avec le F-35. En outre, les fonctionnaires n’ont même pas pu garantir que le Canada achèterait encore 65 avions.


L’opposition estime que le gouvernement inverse les étapes : mieux vaudrait établir les besoins militaires du Canada et ensuite demander aux constructeurs de soumettre leur proposition pour combler les besoins identifiés. Elle lui reproche de reprendre essentiellement la même chronologie que celle ayant mené à la décision d’acheter les F-35 sans appel d’offres.


« Non, ce n’est pas un nouveau processus, lance le député néodémocrate Jack Harris. On ne fait que créer une autre version d’un achat sans appel d’offres. On retourne sur la planche à dessin d’une certaine façon, mais ils ne feront toujours pas une analyse des besoins opérationnels et ils ne lanceront pas un appel d’offres pour assurer qu’il y a une compétition entre les constructeurs pour s’assurer qu’on obtient le bon avion au bon prix. »


Plusieurs experts estiment qu’en l’absence d’un appel d’offres en bonne et due forme, les Boeing de ce monde refuseront de fournir les informations stratégiques de leurs appareils. Ils n’enverront que des informations générales, biaisant le processus pour le F-35, comme cela avait été le cas lors de la première sélection. Les fonctionnaires ont espoir que ce ne sera pas le cas. « C’est un commentaire que j’ai entendu, mais mon expérience me démontre que si les entreprises savent que vous êtes potentiellement intéressé à acheter leur produit, ils ont tendance à fournir l’information assez facilement », a indiqué l’un d’eux.


Quant au ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, il n’a pas invoqué l’explosion des coûts pour justifier la reprise du processus. Au contraire, il endosse cette facture salée et ne croit pas avoir de la difficulté à la faire accepter des électeurs. « Le respect des contribuables est au coeur de tout cet exercice. Je crois que les Canadiens comprennent qu’avec le plus grand littoral du monde, les changements qui surviennent dans l’Arctique, la volatilité internationale, la sécurité est importante et offrir le bon équipement aux forces canadiennes qui les protègent est un investissement qui en vaut la chandelle », a-t-il dit. Lui et sa collègue des Travaux publics, Rona Ambrose, ont plutôt répété que toute cette opération visait à répondre aux préoccupations du Vérificateur général et assurer « que le Parlement et les Canadiens ont confiance dans le processus pour remplacer la flotte de CF-18 ».


Aucun regret


À plusieurs reprises, les journalistes ont demandé à M. MacKay s’il regrettait de s’en être pris à ses adversaires politiques lorsque ceux-ci demandaient de mettre un holà à l’achat. Chaque fois, le ministre a évité de répondre. Rappelons que M. MacKay avait même déclaré en février dernier que d’annuler l’achat des F-35 « coûtera aux contribuables un milliard de dollars et créera une discontinuité dans nos capacités opérationnelles dans le futur ». Le pense-t-il toujours ? Le ministre a évité la réponse en faisant valoir qu’aucune décision n’avait encore été prise et que la question était donc hypothétique. En d’autres mots, comme il est encore possible que les F-35 soient achetés, cette éventualité pourrait ne jamais survenir.


Ces propos font dire au chef libéral par intérim, Bob Rae, que le gouvernement n’a rien appris de cet épisode. « Ce sont les mêmes ministres qui sont responsables de la révision et de la nouvelle situation. Le gouvernement refuse d’accepter la responsabilité pour ce qui s’est passé, de reconnaître qu’il y a eu des erreurs. […] Je n’ai pas entendu un moment, une seconde, une nanoseconde de contrition de M. MacKay ou Mme Ambrose. Alors qu’on peut vous fournir une pléiade de citations où ils nous disaient que c’est le seul avion et que quiconque l’attaque est contre les Forces canadiennes. »

21 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 13 décembre 2012 08 h 46

    Ne faudrait-il pas retourner dans la rue?


    On ne peut quand même pas les laisser faire.

    Non seulement tout ces avions risquent de nous coûter très cher mais en plus, nous n'avons jamais accepté le but qui est poursuivi.

    Est-ce qu'il ne faudrait pas retourner dans la rue?

    Des centaines de milliers de personnes dans la rue, je pense que ça ferait réfléchir un peu ce gouvernement de va-t-en guerre.

    C'est aussi important que la corruption cela, non ?

    • Francois Cossette - Inscrit 13 décembre 2012 10 h 21

      Le problème c'est que le ROC dort au gaz mais encore plus c'est la stupidité de plus en plus grande des électeurs qui fait en sorte, qu'aujourd'hui, la majorité des gens ne savent même pas pour quoi et pour qui ils votent. Pire encore ils ne sont même pas intéressés a le savoir alors on peut leur faire passer n'importe quoi et c'est exactement ce que font les conservateurs. Ils ont compris cela depuis longtemps. Dit aux gens ce qu'ils veulent entendre mais fait ce que tu veux. Voila la recette pour durer en politique. Pas surprenant que charest ait duré 10 ans. C'est exactement ce qu'il a fait pendant ces 10 ans.

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 13 décembre 2012 10 h 57

      Avec les conservateurs (portant l'étiquette du PC ou du PLQ), malheureusement cela ne servirait à rien de retourner dans la rue au Québec, tout comme avec Charest qui semblait au contraire s'en amuser jusqu'à ltenter de l'exploiter en mettant de l'essence sur le feu pour se croire "ben fort mon Elvis" : non seulement parce que le QC n'est pas du tout leur électorat, alors que l'on menaçait sur un ton totalitaire durant les élections d'être ostracisés si jamais on ne votait pas pour eux (et ils s'exécutent en ce sens on l'a constaté, même - et surtout - au sein du pouvoir provincial), mais aussi parce que les choix et décisions furent déjà pris.

      Pas d'appel d'offre.... PAS D'APPEL D'OFFRE... Faut l'écrirfe en rouge-vif-canadien, pas d'appel d'offre malgré nos milliards du trésor public en jeux, malgré que lews CF-35 sont d'avantage orientés pour des stratégies offensives, malgré le coûtr prohibitif qui démontre comment Harper entend "créer de la richesse" via le trésor public (plutôt "comment enrichir ses potes sur notre dos")... Pourquoi cet entêtement inexplicable selon le "bon aloi", voire même déviant au possible? ALors que l'on refuse de léguer les codes informatiques permettant l'entretient des systèmes qui se fera surtout hors-frontière (bonjour la "sécurité nationale")?

      On peut comprendre : de un, regardez qui sont derière les CF-35, outre les USA via le "bon ami" de Harper Lockheed Martin (je n'en nommerai pas le nom par peur de censure abusive et ethnocentrique) ; de deux, on ne connait pas le détail mais il est évident qu'il y a enguille sous roche, et cela demande une enquête corsée avec un moratoire sur l'acquisition. Sinon, n'y a-t-il aucun recours légal contre cette gouvernance de colonie bananière?

      Non en ces circonstances, aller dans la rue serait bien inutile : gardons nos énergies pour faire notre pays.

  • Serge Grenier - Inscrit 13 décembre 2012 08 h 47

    Le climat, pas les terroristes

    Youhou, le pire danger auquel nous faisons face, ce sont les changements climatiques et la destruction de l'environnement. Les avions F-35 ne sont d'aucune utilité pour lutter contre la pollution et les gaz à effet de serre. Ces 45 milliards devraient être investis pour lutter contre les vrais problèmes.

    Il faut être malade dans sa tête pour faire des projets sur 42 ans alors que si rien n'est fait maintenant pour résoudre nos problèmes environnementaux, nous ne serons même plus là dans 10 ans (ni les terroristes).

    • Patrick Boulanger - Abonné 13 décembre 2012 12 h 03

      Oui ! Défrayer 14 milliards pour que le Canada reste dans le giron du protocole de Kyoto était trop coûteux pour les conservateurs, mais débourser 46 milliards pour se procurer des F-35 est une option qui est tout à fait envisageable pour ces individus. Pathétique ! En attendant que le Québec devienne un pays - sans armée ? -, les électeurs québécois devraient, à mon sens, se débarasser des quelques députés conservateurs qui polluent l'environnement de la province !

  • Simon Martineau - Inscrit 13 décembre 2012 09 h 27

    F18 30 ans

    Les F18 de l'armée canadienne ont 30 ans. Ces avions vont être changés, que ce soit par le gouvernement conservateur ou un autre gouvernement. Arrêtez de dire n'importe quoi. Oui, ils ne se préoccupent pas assez de l'environnement. Mais ils ne peuvent déléguer la défense nationale aux USA. Imaginez vous le pouvoir qu'ils exerceraient sur nous.

    • Jeannot Duchesne - Inscrit 13 décembre 2012 11 h 03

      Monsieur Martineau, il semble que vous avez une très mauvaise compréhension des forces armées canadiennes et de l'indépendance de la défense du sol canadien face aux E.T.A. et de l'avion F-35.

      En achetant ces avions que le gouvernement américain veut se débarrasser en le vendant à ses ''alliés'' subordonnés, à cause de son coût exhorbitant et parce qu'il est bourré de défauts depuis sa conception, c'est justement le contraire que les conservateurs fascistes font, soit rendre hasardeuse et dépendante la défense canadienne.

      Par les coûts astronomiques que cet avion coûtera c'est le reste de forces armées qui devra sabrer dans sa modernisation, en plus de la très grande incertitude de l'efficacité de cet avion qui le clouera le plus souvent au sol en attente de corrections.

      Pourquoi les forces armées canadiennes auraient besoin d'un avion qui est conçu pour se poser sur un porte-avion? Le Canada n'a pas de porte-avion. En plus c'est un avion mal équipé en communication pour lson utilisation dans l'Arctique, ce qui pour le canada semble être un point important.

      Pour vous mettre à jour:

      http://www.slate.fr/story/54637/le-f-35-la-ruine-d

      http://translate.google.ca/translate?hl=fr&lan

      Bonne lecture!

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 13 décembre 2012 11 h 30

      M. Martineau, vous dites : « Ils ne peuvent déléguer la défense nationale aux USA »

      ... Mai sc'est exactement ce qu'ils font avec les CF-35! Vous souvenez-vous du Arrow CF-105 ? le CF-35 est son fantôme, et c'est politique : nous dépendons non seulement de la technologie US pour tout ce qui touche à l'équipement aéronotique militaire de pointe, mais aussi il nous est interdit de développer notre propre expertise en ce domaine, dont l'Arrow fut un éloquent ouvrage avec plusieurs avancées inédites (10 à 20 ans d'avance sur les USA à son époque)...

      - l'entretient sera opbligatoirement supervisé (et effectué en grande partie) par Lokheedmartin ou ses filiales, peu importe s'il y aura une "shop" ou deux au Canada, car le fait est qu'aucun des codes informatiques ne seront légués, et restent sous contrôle US. Nous ne gèrerons que des inventaires de pièces mécaniques ou des PCB de rechange (je ne sais pas pour les PCB bien que je le mentionne, car ils renferment des circuits logiques tel du code informatique), et encore : le seul transfert d'expertise serait de savoir comment jouer au Légo avec tout ça... Est-ce le principal litige quant au gonflement des coûts? Ça doit jouer, avec ces requins on peut s'attendre à toutes entourloupettes et surprise de dernière minute.

      - Pourquoi pas d'appel d'offre, alors qu'il existe d'autres entreprises occidentales que Lokheed Martin qui offrent des avions aussi performants, mais dont les modèsles seraient plus appropriés aux stratégies de défense nationale canadienne, sans les restrictions affairistes en contradiction avec la défense nationale, et à une fraction de ce triplement des coûts? Parce que c'est politique. Pourquoi? Parce que les harpistes ne sont pas des deux de pique, et qu'il doit donc y avoir une raison logique derrière cela : que peut-on y voir d'autre qu'une raison politique cachée et qu'il reste à enquêter - car il s'agit de sécurité nationale -, ou encore une question clanique? Il semble exister un agenda don

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 13 décembre 2012 12 h 47

      Après quelques recherches, j'ajoute ce qui suit à mon message précédent :

      - Le CF-35 est un avion offensif, pas défensif bien qu'on le dit "multi-disciplinaire", et se déploie à partir de porte-avions. Or l'armée canadienne ne possède AUCUN porte-avion... Qui parlait de sécurité nationale déjà, alors que ces appareils ne resteront pas sous contrôle canadien tandis que leur utilisation dépendra du bon vouloir de ceux qui ont les porte-avions?

      - La défense du Grand Nord et de notre souveraineté nationale implique obligatoirement la capacité de contrer les appareils de la Russie. Or si l'on accepte ce changement de doctrine de l'armée canadienne (offensif vs défensif), alors même là le CF-35 ne fera pas le poids face au Soukhoï T-50 PAK-FA (4 pour 1 d'après Air Power Australia, un think tank sur le combat aérien), qui sera en service dans l'armée de l'air russe en 2015. En ce sens on a déjà démontré que le seul appareil crédible serait le F-22 et ses amélioratrions futures. Ceci dit, quel pays possède un porte-avion brise-glace?...

      - Lokheed Martin est en train de mettre à pied des milliers d'employés, il a besoin de ce contrat. D'autres pays dont la GB et Israël (une dizaine) ont investi dans la R&D de cet appareil F-35 mais pas le Canada, or ces pays en ont réduit les prévisions d'utilisation.

      Considérant tout ce qui précède, est-ce l'amitié clanique qui joue en sa faveur sur ce dossier, au grand damn de la sécurité nationale, du trésor public et des fondements démocratiques de notre corps politique? Se sert-on de la bonhomie d'une colonie Canadienne complaisante pour nous faire épancher les pertes en investissement de ces pays sans parler des emplois associés chez Lockheed? C'est ça la "mondialisation" des sectes affairistes, imposant un communisme des marchés, imposant le balisage des sélections nationales peu importe l'utilisation?

    • Simon Chamberland - Inscrit 13 décembre 2012 16 h 24

      Le F-35 n'est pas qu'un avion de porte-avion.

      La version "A", celle que le Canada voulait acheter, est conçue pour être basée au sol.

      La version "B" pour les portes-aéronefs, grâce à son système tuyères orientables, peut se poser et décoller verticalement. Elle est destinée aux navires de la classe Wasp, des navires d'assault amphibie.

      La version "C" est destinée au portes-avions équipés de catapultes, et en conséquence sa structure est renforcée et ses ailes peuvent être repliées.

      Je suis contre l'achat d'appareils de combat. Quand à savoir si le CF-35 ferait le poids face à un autre appareil, c'est une autre histoire. Le T-50 n'a pas la portée pour menacer le Canada depuis la Russie. Comme tous les chasseurs, le Soukhoï, pour menacer le Canada, devrait partir avec des réservoirs extérieurs et faire plusieurs ravitaillements en vol.

      Avec des réservoirs extérieurs, un chasseur n'est plus furtif, est plus lent et n'a plus de maniabilité.

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 14 décembre 2012 01 h 02

      Simon, vous avez cherché plus loin, bravo. En effet le F-35A est une version CTOL (Conventional Takeoff and Landing). Il faufrait que je sois salarié pour me donner la peine de chercher pour plus d'une demi-heure quand je suis en "break", et c'est à cela que servent les discussions de forum : préciser, corriger, etc. alors merci! :)

      Je persiste à croire que l'F-35 ne ferait pas le poids devant des T-50 : les problèmes dont vous parlez seraient les mêmes pour le F-35 utilisé telle une arme offensive (c. à d. passé nos frontières), et en ce sens je persiste à croire que le F-22 "fiterait" d'avantage avec la nouvelle "stratégie offensive" de notre armée.

      Le F-35 est un "Jack of all trades" (avion de chasse et bombardier), tandis que le T-50 est un véritable avion de chasse voué à la supériorité aérienne. Or la défense territoriale doit-elle impliquer des bombardiers?... Tant qu'à mettre des milliards pour un avion offensif faisant dans le "dog-fight", j'irais avec le F-22, le seul à ce jour capable de confronter les T-50. L'avantage du F-35, ce sont ses systèmes informatisés high-tech, mais on est loin de la coupe aux lèvres (d'autant que ce qui le rend séduisant restera complètement hors de notre porté : les systèmes informatisés et leurs codes).

      Et les coûts explosent pour deux raisons : 1- c'est encore un avion "papier" de R&D, beaucoup de bugs à corriger, ses capacités restent à prouver, et le calendrier s'étale (devait être mis en service en 2011, mais ne sera pas opérationnel avant 2019, la série C pas avant 2023 (réf. LE MONDE | 11.05.2012) ; 2- le carnet de commande s'amincit en Europe comme aux USA. 400 milliards de dollars ont déjà été dépensés selon le dernier rapport très critique de la Cour des comptes américaine. La GB remet en cause le programme. L'avion a déjà absorbé d'importants budgets de défense dans plusieus pays : l'effort consenti pour le JSF pourrait détourner ses acheteurs d'autres projets de défense, ce que les états ne veulent pas.

  • Michel Lemay - Inscrit 13 décembre 2012 09 h 46

    Loisir

    Monsieur MacKay omet volontairement de mentionner la polyvalence du chasseur. La vraie question n'est-elle pas : Le F-35 est-il un bon appareil pour les excursions de pêche ?

  • Danielle Caron - Inscrite 13 décembre 2012 09 h 47

    "Bottom line"...

    En bout le ligne, tout cela revient à dire que les accusations du vérificateur général étaient fondées et que le gouvernement cammouflait les coûts réels de ces avions.

    Il me semble qu'il y ait là matière à exiger que les Conservateurs soient écartés du pouvoir.

    • François Thivierge - Abonné 13 décembre 2012 12 h 12

      Effectivement, je suis d'accord avec votre analyse. Lorsque vous parlez d'écarter les conservateurs du pouvoir, ça se ferais comment exactement?

      Ils ont mis le parlement en prorogation à deux reprises alors qu'ils étaient minoritaires.

      Croyez vous vraiment qu'ils vont cesser de représenter sa majesté la reine d'angleterre maintenant qu'ils sont majoritaire?

      Bienvenue dans le régime post colonial britannique...!