Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Trudeau sauverait les libéraux

Avec Justin Trudeau comme chef du Parti libéral du Canada, la formation passerait ainsi d’une marginale troisième place dans les intentions de vote au premier rang, sur un pied d’égalité avec les conservateurs.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Avec Justin Trudeau comme chef du Parti libéral du Canada, la formation passerait ainsi d’une marginale troisième place dans les intentions de vote au premier rang, sur un pied d’égalité avec les conservateurs.

Gaffes ou pas gaffes, le Canada aime Justin Trudeau. Et le député-boxeur apparaît bel et bien comme le seul prétendant au leadership libéral capable de bouleverser l’échiquier politique fédéral, et ce, d’un océan à l’autre, révèle un sondage national Léger Marketing.

Avec M. Trudeau comme chef du Parti libéral du Canada (PLC), la formation passerait ainsi d’une marginale troisième place dans les intentions de vote au premier rang, sur un pied d’égalité avec les conservateurs. Le bond de 13 points que sa présence provoquerait se ferait surtout au détriment des néodémocrates de Thomas Mulcair (-6 points de pourcentage), mais aussi des conservateurs de Stephen Harper (-4 points).


Le sondage mené en ligne pour Le Devoir et The Gazette auprès de 1500 Canadiens cette semaine indique que les conservateurs recueillent actuellement 35 % des intentions de vote au fédéral, cinq points devant le NPD. Les libéraux dirigés par Bob Rae suivent avec 18 %, et les Verts d’Elizabeth May sont quatrièmes avec 9 %. Par rapport aux résultats de l’élection de mai 2011, les conservateurs ont perdu cinq points que récupèrent les Verts. Les deux autres formations ne bougent pas.


Si l’on place la variable Trudeau dans l’équation, tout change. Les libéraux obtiendraient 31 % si le député de Papineau était leur chef, indique le sondage. Les conservateurs auraient le même score, et le NPD retrouverait la troisième place qu’il a longtemps occupée avec 24 % d’appuis.


L’effet Trudeau se ferait sentir un peu partout au Canada : avec lui comme leader, le parti serait premier dans les Maritimes, à égalité au Québec (avec le NPD et le Bloc québécois) et en Ontario (avec les conservateurs) et deuxième dans les Prairies (où les trois grands partis sont pratiquement à égalité). Dans l’Ouest, la remontée libérale serait importante (+ 9 points en Alberta et autant en Colombie-Britannique), mais insuffisante pour changer le portrait d’ensemble.


Justin Trudeau est pour le moment le seul candidat à la succession de Michael Ignatieff qui entraîne un effet positif, parmi la dizaine de prétendants déclarés. L’ancien astronaute et actuel député Marc Garneau ne nuirait pas au PLC, note-t-on, mais il ne lui permettrait pas de faire de gain notable nulle part. Quant à l’ex-députée Martha Hall Findlay, sa présence ferait chuter les intentions de vote pancanadiennes de six points.


« Pour le moment, ce n’est qu’une mesure de la notoriété des gens, estime Sébastien Dallaire, directeur de recherche chez Léger Marketing. La course commence à peine, les candidats sont peu connus en général, les idées n’ont pas été débattues. Il n’y a rien de joué. »

 

Politique sans politiques


Surtout pour Justin Trudeau, ajoute-t-il. « Il est très connu, il attire beaucoup d’attention. Mais le message qu’on a, c’est que les électeurs veulent en savoir plus sur lui. Ils ne sont pas nécessairement convaincus qu’il est prêt. Beaucoup de choses restent à définir. C’est une vedette politique dont on ne connaît pas les politiques. »


M. Dallaire fait référence à une section du sondage où l’on voit que les Canadiens demeurent partagés sur les compétences de Justin Trudeau. On le pense qualifié, mais pas nécessairement prêt (voir tableau ci-dessous).


Mais de manière générale, la perception des Canadiens est excellente. Une personne sur deux (49 %) a une bonne opinion de Justin Trudeau, contre 21 % de « mauvaise opinion ». Seuls 6 % des répondants ne savaient pas qui il était (notoriété de 70 %). Au Québec, il fait encore mieux avec 56 % de bonne opinion et 26 % de mauvaise.


Quand on leur demande s’ils estiment que Justin Trudeau ressemble à Pierre Elliott Trudeau (comme politicien), les répondants sont partagés : 40 % pensent que oui, mais 31 % le trouvent plutôt « différent » de l’ancien premier ministre, dont l’héritage est largement salué au pays (56 %).


Par ailleurs, le sondage montre que les Canadiens sont majoritairement insatisfaits du gouvernement Harper et de l’état de plusieurs dossiers (environnement, démocratie, gestion des finances, services sociaux). Pour chaque enjeu, près de 55 % des répondants se sont dits insatisfaits. Seule « l’image du Canada dans le monde » obtient un résultat positif, avec 52 % de satisfaction.


Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1500 personnes du 3 au 6 décembre. Les répondants proviennent de partout au Canada. Le sondage est non probabiliste, mais un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,5 % dans 19 cas sur 20, calcule Léger Marketing.

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42 commentaires
  • jacques lecuyer - Inscrit 7 décembre 2012 23 h 55

    c'est drôle

    Il n'y a pas seulement les romains qui sont fous Obélix; les Canadiens aussi.

    • Gilles Théberge - Abonné 9 décembre 2012 11 h 41

      Et les italiens aussi à ce qu'il paraît, Berlusconi (il bouffone)reviendrait en force sur la scène politique active. Ça s'appelle tourner en rond. C'est pratiquement du Molière à la moderne.

      Ceux qui n'ont pas connu ou subi les frasques politiques du père peuvent trouver le jeune rafraîchissant. Mais ceux qui ont le moindrement de mémoire pensent autre chose. Je serais étonné que sa pensée politique ne s'inspire pas largement de celle de Pet le vieux. Et c'est loin de me rassurer.

      Mais en efffet, les canadians sont peut-être comme vous dites.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 décembre 2012 00 h 14

    Bulle médiatique

    On nous vend J. Trudeau comme on nous a vendu le flag canadien avec les commandites. Une marionette reste une marionette même avec un nouveau costume.

    • Louka Paradis - Inscrit 9 décembre 2012 21 h 44

      En effet, c'est clair comme de l'eau de roche... Il sonne tellement faux dans ses entrevues. Incroyable que dans tout le Canada, le PLC ne trouve pas de candidat d'envergure plus fort et plus visionnaire. Triste époque de la marchandisation tout azimut.
      Louka Paradis, Gatineau

  • François Dorion - Inscrit 8 décembre 2012 07 h 45

    qui sauverait Trudeau?

    Je ne crois pas que Pierre Trudeau ait laissé un si grand bien pour le Canada; il a laissé l'assassinat de Pierre Laporte, un combat inégal contre le Québec où il imposait les règles qui le faisaient gagner, comme dans le combat de boxe de justin contre Brazeau, une industrie pharmaceutique qui produit des médicaments remplis d'effets secondaires, une agriculture affaiblie, un cynisme dégoùtant vis-à-vis la population qu,ila corrompue avec des programmes démobilisateurs comme perspective jeunesse, et ce qu'il réclame comme son actif n'est même pas son fait.
    Le rapatriement de la constitution a été fait sans sa participation active, il n'a fait que signer ce que d'autres ont fait.
    Si, de bonne volonté et de progrès, on choisit Marc Garneau comme chef des libéraux, on peut s,attendre à un premier ministre qui est responsable face au développement scientifique et tehcnologique, un bon gestionnaire, un homme de paix, et un bon défenseur de la tradition canadienne, qui est complémentaire de la tradition québécoise.
    Marc Garneau est tributaire d'un bon souvenir de l'expertise scientifique du Canada, et un homme sage au sens de Sg 1

    François Dorion

    • Sabrina David - Abonnée 8 décembre 2012 13 h 15

      Il faut estimer que les répondants du sondage traitent Justin comme un individu distinct de Pierre ; ainsi, je saisis bien mal votre raisonnement où l'héritage «infécond» de Pierre Trudeau engagerait nécessairement Marc Garneau comme un candidat supérieur à la progénisture de Pierre Trudeau.

      Ce n'est pas en attaquant la réputation du père que vous minerez celle du fils. Du moins, pas rationnellement !

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 9 décembre 2012 08 h 49

      Sabrina David, il est exactement comme son père en ce qui a trait à sa perception ethhnocentrique du Canada : pour lui notre francophonie est une ethnie parmi d'autres, une communauté parmi d'autres au pays, et en ce sens elle doit se soumettre aux dynamiques de ce communautarisme politique... Ce qu'il refuse de dire, c'est que cette dynamique est chapeauté par un pays principalement anglophone à l'ouest du Québec et dont le pouvoir central s'identifie en tant que colonie satellite de l'Angleterre (on a même son portrait comme symbole de pouvoir au parlement alors ne rions pas de ce fait). Et qu'en ce sens, au Québec, on a raison de vouloir dire qu'ici c'est en français que ça se passe toutes ethnies confondues, que le bilinguisme (si on y tient) doit inclure impérativement le français. C'est quoi son problème avec ça, sinon que la manifestation d'une forme de xénophobie de sa part? Messieurs-dames les journalistes, fouillez-le svp.

    • François Dorion - Inscrit 9 décembre 2012 14 h 21

      Gagner est le zeste de la vie; ce qui compte c'est la signification du dialogue que comporte l'affrontement, et la forme que prend l'affrontement;
      seuls ceux qui savent dégager cette signification peuvent prétendre à la vérité.
      L'affrontement auquel invite Justin Trudeau est un affrontement de combat où des blessures sont possibles si l'on cherche la violence. Ce n'est pas le cadre de vie que désirent les canadiens, et ça n'a jamais fait partie de nos traditions.
      Marc Garneau, pour sa part, offre de mettre la technologie et la science en harmonie, pour rendre le travail plus sécuritaire et moins dangereux, et surtout moins harrassant. Dans la mesure où il s'inspire de Dieu pour le faire, il peut réussir.
      La clientèle naturelle de Trudeau, c'est celle des gens indifférents à l'éducation, qu'on ne peut convaincre que par la splendeur. Mais, comme le démontre son combat contre Brazeau, seule l'éducation aux lettres et aux arts peut mener à la splendeur, plutôt que l'éducation comptable, qui n'est pas non plus à négliger.
      En somme, les rédacteurs de la Charte ont eu raison d'avoir confiance en ces gens qui ressentent le bien plutôt qu'en ceux qui cherchent à imposer par la violence leur point de vue à ceux qui font et sont le monde.

      Le parti Libéral fédéral est de toutes façons entre bonnes mains pour recevoir le grand art que sont les échecs

      François Dorion, pour le club d'échecs de Ste-Foy

    • Louka Paradis - Inscrit 9 décembre 2012 21 h 49

      D'accord avec vous : Marc Garneau a plus de substance, de profondeur et de plomb dans la tête que Justin-in-the-ring-gueligne-gueligne... Ça résonne plus que ça raisonne ! Le jeune député n'a pas ce qu'il faut pour tenir le gouvernail du Canada, c'est évident : ce serait alors les courtisans et les lobbyistes patentés qui gouverneraient, encore plus que maintenant, ce n'est pas peu dire... À éviter absolument.
      Louka Paradis, Gatineau

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 8 décembre 2012 07 h 47

    Gagner

    À une question sur la principale qualité d'un chef politique, Jean Chrétien a répondu par un mot: »Gagner».

    Il y faut une image et une organisation. Tout le reste est bavardage.

    Desrosiers
    Val David

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 9 décembre 2012 09 h 10

      « Gagner ». Il n'y a que des "winnwers" et des "looser". Ragnagnan toto vas te coucher... ;). Ce serait à mon humble avis une attitude néfaste pour une démocratie, de la part de politiciens travaillant pour "gagner leurs épaulettes" en priorité quitte à filer avec le butin si ça se gâte... En démocratie on ne "prend" pas le pouvoir comme on prend la puck pour compter des buts. Il se mérite de par les visions que l'on expose et propose sans ambiguïtés et qui s'en font dès lors une obligation, à tout le moins d'en entreprendre le cheminement : ce qu'on y gagne le lendemain d'une élection, ce n'est pas le valhalla ni le paradis et encore moins les "Lauriers de César" ; c'est l'honneur de servir la Nation et ses aspirations, un challenge non une récompense. Et c'est souvent un challenge contre sois-même et les faiblesses qu'un pouvoir puisse titiller. Elle est là la vraie force s'il s'en faut désigner une... À l'opposé si c'est juste pour "gagner", ça devient cette mar** que l'on malaxe inlassablement et qui fait que le Québec s'est enfoncé depuis une dizaine d'années..

    • Frédéric Jeanbart - Abonné 9 décembre 2012 09 h 27

      « Gagner ». Il n'y a que des "winnwers" et des "looser". C'est puéril mais bon, je comprends que vous exposiez ce que l'on puisse penser du côté des tenants. Des tricheurs qui voient les choses ainsi, on en rencontre dans tous les domaines, pas que dans le sport.

      Ce serait une attitude néfaste pour une démocratie, de la part de politiciens travaillant pour "gagner leurs épaulettes" en priorité quitte à filer avec le butin si ça se gâte... En démocratie on ne "prend" pas le pouvoir comme on prend la puck pour compter des buts. Il se mérite de par les visions que l'on expose et propose sans ambiguïtés et qui s'en font dès lors une obligation, à tout le moins d'en entreprendre le cheminement (du moins idéalement, présentement c'est difficile à percevoir) : ce qu'on y gagne le lendemain d'une élection, ce n'est pas le valhalla ni le paradis et encore moins les "Lauriers de César" ; c'est l'honneur de servir la Nation et ses aspirations, un challenge non une récompense. Et s'il doit y avoir quelque compétition individualiste, c'est principalement un challenge contre sois-même et les faiblesses qu'un pouvoir puisse titiller. S'il s'en faut désigner une, là résiderait la force d'un politicien qui se respecte, et qui respecte l'honnorable mission que son statut lui impose : s'il est au-dessus des lois ou les fabrique, il se doit d'être au-dessus des faiblesses individualistes, claniques, etc (Lévesques fut l'un de ces Grands). Car à l'opposé si c'est juste pour "gagner", ça devient cette mar** que l'on malaxe inlassablement et qui fait que le Québec s'est enfoncé depuis une dizaine d'années..

    • François Dorion - Inscrit 9 décembre 2012 20 h 05

      Personne ne veut de duel pour le pouvoir, ni de duelistes au pouvoir.

  • François Dugal - Inscrit 8 décembre 2012 07 h 51

    Après un rêve

    «Dans un sommeil que charmait ton image,
    Je rêvais de bonheur, ardent mirage»
    - Romain Bussine