Justin Trudeau s'excuse auprès des Albertains

Vancouver — Justin Trudeau, présenté comme le favori dans la course à la direction du Parti libéral du Canada, s'est excusé vendredi pour des propos tenus il y a deux ans lors d'une entrevue diffusée à la télévision québécoise et qui lui ont valu de se faire accuser d'être anti-albertain.

Lors d'une entrevue accordée en 2010 à l'émission Les Francs-tireurs, à Télé-Québec, M. Trudeau avait déclaré que le Canada connaissait des moments difficiles en raison du fait que les Albertains contrôlaient l'ordre du jour «communautaire et socio-démocratique» du pays.

L'entretien a refait surface dans l'actualité cette semaine à la suite de reportages diffusés sur la chaîne de nouvelles de Sun Media, Sun News.

Les conservateurs ont utilisé la vidéo pour attaquer Justin Trudeau, plus particulièrement à Calgary, où les libéraux et les conservateurs se livrent une chaude lutte dans le cadre d'une élection partielle qui se tiendra lundi prochain.

M. Trudeau s'est excusé, mais a affirmé que ses commentaires avaient été mal interprétés, soutenant qu'il avait tenté d'utiliser un raccourci pour critiquer le premier ministre Stephen Harper et que ses propos ne visaient pas les Albertains.

«C'était une mauvaise idée de faire un lien entre la province où est né M. Harper et ses politiques qui ne représentent pas les valeurs des Canadiens» a-t-il déclaré lors d'un point de presse.

Justin Trudeau a ignoré la question des journalistes lui demandaient si cette controverse pouvait affecter les résultats de l'élection complémentaire dans Calgary-Centre. Il a simplement accusé les conservateurs de ressortir ces déclarations dans un moment de panique parce qu'ils craignent de perdre l'élection de lundi.

Premiers ministres québécois

Lors de l'entrevue de 2010, Justin Trudeau avait également affirmé que les grands premiers ministres canadiens du 20e siècle provenaient du Québec.

Vendredi, Justin Trudeau a allégué que ses commentaires au sujet du manque de Québécois, et du nombre élevé d'Albertains au pouvoir visaient plutôt à inciter les Québécois à voter pour un parti fédéraliste capable de former un gouvernement.

«L'entrevue que j'ai donnée à l'époque était vraiment pour signifier l'importance d'arrêter de voter pour le Bloc québécois et de revenir à un discours fédéraliste.»

Les conservateurs ont sauté à pieds joints sur ces déclarations, vendredi, à la Chambre des communes, pour attaquer Trudeau et les libéraux, comparant son discours à celui du député fédéral libéral ontarien, David McGuinty. Ce dernier a dû quitter ses fonctions de porte-parole en matière de ressources naturelles, en début de semaine, après avoir accusé les politiciens de l'Alberta d'être les marionnettes de l'industrie pétrolière. Il avait suggéré aux députés de cette province de retourner chez eux.
2 commentaires
  • Stanislas Vézina - Inscrit 23 novembre 2012 21 h 38

    Et la Loi sur la clarté référendaire

    Il sera intéressant de voir ce qu'il fera avec cette loi qui me semble pour le moins discriminatoire.

  • Réal Nadeau - Inscrit 23 novembre 2012 22 h 48

    Tel père, tel fils

    Justin Trudeau a quelque chose de l'arrogance de son père.
    Il a eu une attitude semblable quand il est venu à Québec critiquer la mise à jour de la loi 101.
    Il en a profité pour nous en passer ''une petite vite''.
    Il a affirmé que la loi 101 n'avait pas à être renforcée parce que les immigrants adoptent de plus en plus le français:ce qui est faux car une large majorité des néo-Québecois adoptent encore l'anglais.
    Merci, Justin, de votre discours somnifère!