Le clonage, un autre dossier difficile pour les libéraux

Ottawa - L'avenir du projet de loi sur le clonage et celui de la réglementation de la recherche sur les cellules souches inquiètent plusieurs députés fédéraux, qui craignent une répétition du scénario de 1997, où le projet de loi était mort au feuilleton.

Plusieurs députés prévoient que ce projet de loi pourrait susciter la même révolte d'arrière-banc qui a troublé le débat de cette semaine sur le mariage des conjoints de même sexe.

La ministre de la Santé, Ann McLellane, et le leader à la Chambre des communes, Don Boudria, ont déclaré qu'ils voulaient que le projet de loi soit présenté à l'automne mais celui-ci n'a pas encore été inscrit afin d'être débattu.

Ce délai alimente les conjectures.

«Je crois qu'ils sont inquiets et qu'ils croient que le projet de loi ne passera pas», a déclaré hier le porte-parole en matière de santé pour l'Alliance canadienne, Rob Merrifield.

Ce dernier s'oppose au projet de loi contre le clonage car il soutient qu'il permettrait des recherches sur les embryons humains laissés de côté par les traitements d'infertilité. Les embryons sont habituellement détruits durant le processus.

M. Merrifield s'inquiète aussi de la structure à venir de la nouvelle agence fédérale qui doit être créée pour réglementer les cliniques de fertilité et les recherches génétiques.

Le député allianciste affirme qu'il n'y a aucune mesure visant à empêcher des gens ayant des liens financiers avec des entreprises liées à la fertilité ou au domaine pharmaceutique d'envahir le conseil d'administration de cette nouvelle agence.

Le projet de loi est à l'étude depuis au moins dix ans, soit depuis qu'une commission d'enquête parlementaire avait statué qu'il fallait encadrer au plus vite les nouvelles technologies de la reproduction.

Une version précédente est morte au feuilleton peu avant les élections de 1997 et la peur que le projet de loi actuel subisse le même sort est très grande.

Le député libéral Paul Szabo a déclaré que le projet de loi est imparfait et qu'il ne préviendrait pas le clonage humain à cause de sa définition trop étroite du clonage.

Il a mentionné qu'un vote sur ce projet de loi aurait pu se tenir en avril dernier mais que les stratèges gouvernementaux étaient inquiets.

«Je crois qu'ils sont au courant que le nombre de libéraux qui se posent des questions à propos du projet de loi est grandissant. En fait, ils font le tour des députés, et leur argument principal est que n'importe quel projet de loi, c'est mieux que rien du tout.»

M. Szabo croit cependant que des modifications doivent être apportées au projet de loi.

Ce dernier a été rejeté par tous les partis d'opposition à une étape antérieure, mais la porte-parole en matière de santé pour le NPD, Judy Wasylycia-Leis, croit que son caucus se prépare à appuyer le projet de loi au prochain vote.

«Il n'y a aucune raison pour que le gouvernement ne propose pas ce projet de loi autre que le manque de courage politique.»

Cette dernière espère toujours obtenir quelques concessions de la part de la ministre McLellan, comme celle d'obtenir une représentation féminine adéquate au conseil de direction de la nouvelle agence de contrôle.