Jour du Souvenir - Le Canada honore ses soldats morts sur le champ de bataille

Cérémonie au Champ d’honneur national à Pointe-Claire, près de Montréal, pour le jour du Souvenir. Francis Lukian, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, a pris part à la commémoration.
Photo: François Pesant - Le Devoir Cérémonie au Champ d’honneur national à Pointe-Claire, près de Montréal, pour le jour du Souvenir. Francis Lukian, un vétéran de la Seconde Guerre mondiale, a pris part à la commémoration.

Une large foule s’est rassemblée auprès du Monument commémoratif de la guerre à Ottawa par un dimanche frisquet, alors que le pays faisait une pause pour honorer ceux qui sont décédés en défendant leur pays.

Des vétérans âgés se tenaient auprès de jeunes soldats alors que les drapeaux flottaient à mi-mât dans la capitale pour marquer le jour du Souvenir.


Le gouverneur général, David Johnston, qui portait l’uniforme bleu de l’armée de l’air canadienne, a dirigé la cérémonie, qui comprenait une parade militaire, des salves d’honneur et le dépôt de couronnes de fleurs.


Dans la foule se trouvait également Roxanne Priede, la mère choisie cette année par la Légion royale canadienne pour recevoir la Croix d’argent et assister à la cérémonie au nom de toutes les mères canadiennes ayant perdu des enfants à la guerre. Mme Priede a versé des larmes alors qu’elle plaçait une couronne de fleurs au pied du Monument commémoratif. Son fils, le caporal-chef Darrell Jason Priede, est mort en 2007 lors d’un écrasement d’hélicoptère en Afghanistan.


La cérémonie s’est déroulée en l’absence du premier ministre Stephen Harper, qui poursuit un voyage officiel en Asie.


Plusieurs autres cérémonies devaient lieu à travers le pays dimanche et, selon un sondage Ipsos Reid, 30 % des Canadiens avaient l’intention d’y participer.


À Montréal, plusieurs ministres du gouvernement péquiste ont participé à la commémoration organisée par la Société Saint-Jean-Baptiste au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, dont Bernard Drainville, Jean-François Lisée, Daniel Breton et Diane De Courcy. Amir Khadir, député de Québec solidaire dans la circonscription de Mercier, Daniel Paillé, chef du Bloc québécois, et Maria Mourani, députée bloquiste d’Ahuntsic, étaient également sur place.


Coquelicot blanc


Toujours dans la métropole, la Légion royale canadienne a célébré le jour du Souvenir par une cérémonie comprenant salve d’honneur et parade militaire sur le campus de l’Université McGill.


Le Collectif Échec à la guerre a aussi souligné le 11 novembre, mais autrement, en incitant ses sympathisants à porter un coquelicot blanc en hommage à toutes les victimes de la guerre, qu’elles soient militaires ou civiles, lors d’un rassemblement silencieux à l’Université McGill.


Du côté de Québec, la base militaire de Valcartier a tenu sa traditionnelle cérémonie du jour du Souvenir. Une « Route de la Bravoure » a aussi été inaugurée dimanche dans la région de la Vieille-Capitale en hommage aux soldats québécois.


Une cérémonie organisée par l’administration municipale de la ville de Toronto a été perturbée par près d’une demi-douzaine de manifestants qui ont crié des slogans pacifistes lors des deux minutes de silence. Les protestataires ont été emmenés par la police, ont indiqué des témoins.


Dans le centre-ville de Vancouver, par un temps froid, des milliers de personnes se sont regroupées autour du monument à la guerre à Victory Square. Des cérémonies séparées ont également été tenues au Monument commémoratif à la guerre nippono-canadien, ainsi que pour les vétérans sino-canadiens dans le Quartier chinois.


À Halifax, des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place Grand Parade, sous un ciel froid et sans nuages.


Dans une déclaration transmise dimanche par voie de communiqué, le ministre de la Défense, Peter MacKay, et le ministre associé de la Défense, Bernard Valcourt, ont affirmé que la nature des guerres avait changé, mais que l’importance d’honorer ceux qui ont combattu pour leur pays demeurait toujours aussi forte. « Au XXIe siècle, si la guerre a changé de visage, elle demeure tout aussi dommageable pour ceux qui combattent et pour ceux qui restent ici, au pays, et doivent composer avec cette réalité », ont-ils déclaré.


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En mémoire de Hong Kong

Le premier ministre Stephen Harper a invité les Canadiens à apprécier la liberté, la démocratie et la justice dont ils bénéficient aujourd’hui en hommage à ceux et celles qui ont fait l’ultime sacrifice de leur vie pour protéger ces valeurs. M. Harper a souligné le 11 Novembre au cimetière militaire de Sai Wan Bay, à Hong Kong, où 283 soldats canadiens sont enterrés dans une section surplombant les gratte-ciel de l’ancienne colonie britannique. La bataille de Hong Kong fut l’un des épisodes les plus catastrophiques de l’histoire militaire canadienne. Les 1975 soldats des Winnipeg Grenadiers et des Royal Rifles of Canada, qui avaient à peine été formés au combat, ont été largement dépassés en nombre par les dizaines de milliers de soldats japonais qui ont envahi la ville dans les heures suivant l’attaque contre Pearl Harbor en décembre 1941. Ils ont réussi à contenir les Japonais pendant près de trois semaines, mais la vaste majorité de la brigade a rendu les armes le jour de Noël.

2 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 12 novembre 2012 09 h 23

    Merci

    Merci à tous ces citoyens qui, comme mon père, se sont enrôlé pour aller vaincre le nazisme et préserver la démocratie contre le totalitarisme.

    Même si certains , comme mon père, se faisait dire de ne pas y aller, que c'était la guerre des anglais mais pas la nôtre (sic) et que d'autre se cachaient dans la forêt...ils ont fait preuve de bravoure.

    Merci aux plus jeunes qui ont aussi combattu en Afghanistan pour préserver la démocratie contre la violence islamiste qui menacait l'occident . Ce type de guerre est encore pire au niveau psychologique, l'ennemi étant plus sournois et n'hésitant pas à sacrifier femmes et enfants attachés à des bombes..Le gouvernement doit mieux aider les soldats qui sont pognés avec de gros stress post traumatiques..

  • Christian Fleitz - Inscrit 12 novembre 2012 10 h 15

    Reconnaissance

    L'Armée est un outil de souveraineté, ce qui ne semble pas être admis par certains canadiens et surtout par beaucoup de québécois. Pourtant, une armée «nationale» est une garantie permanente contre toutes sortes d'agressions extérieures, ce qui n'est pas rien. C'est une assurance qui comme toute assurance coute cher tant qu'on en n'en a pas besoin, mais que l'on est bien content d'avoir en cas de nécessité. Elle est aussi un instrument de reconnaissance à l'extérieur de la politique et de l'importance du pays, par sa participation à la défense de causes conformes aux idéaux de démocratie et de moralité partagés par les canadiens.
    Rendre hommage aux soldats et à leurs sacrifices est la moindre des choses que l'on puisse faire, surtout dans un temps où cette Armée sort d'un engagement douloureux et difficile.
    Pour cette commémoration de l'armistice clôturant les hostilités de la guerre 1914-1918, le rappel de la puissance coloniale est, certes, historiquement fondé, mais a peut-être été par trop excessif, car il s'agissait bien, à cette occasion, d'honorer des canadiens et non de sujets britanniques, une telle démonstration traduisait aujourd'hui un réel anachronisme.