Stephen Harper souligne le Jour du Souvenir à Hong-Kong

Hong-Kong — Le premier ministre Stephen Harper s’est rendu en Chine dimanche pour visiter un cimetière de Hong-Kong, où reposent 283 soldats canadiens tués lors de la Deuxième Guerre mondiale.
 
En ce Jour du Souvenir, Steven Harper a incité les Canadiens à apprécier la liberté, la démocratie et la justice, en hommage à ceux et celles qui ont fait l’ultime sacrifice de leur vie pour protéger ces valeurs.
 
M. Harper a souligné le courage dont ont fait preuve les troupes canadiennes à Hong-Kong, en 1941, face à une puissante armée japonaise. Les soldats canadiens qui ne sont pas morts au combat ont été faits prisonniers et maltraités dans des camps.
 
De plus en plus célébrées

Les Canadiens ne se sont jamais gênés pour célébrer le Jour du Souvenir, mais un nouveau sondage indique que de plus en plus de personnes rendent hommage aux soldats qui ont péri sur les champs de bataille.
 
Dans une enquête d’opinion publique menée en ligne par la firme Ipsos Reid, 30 % des répondants ont indiqué qu’ils prévoyaient assister à des cérémonies officielles lors du Jour du Souvenir, dimanche.
 
Les sondages effectués lors des dernières années permettent de constater que le chiffre a augmenté. En 2008, seulement 16 % des répondants prévoyaient assister à un événement cette journée-là, mais le chiffre est passé à 22 % en 2010 et a grimpé de huit points depuis.
 
Le nombre de répondants qui prévoyaient tenir deux minutes de silence a aussi augmenté, gagnant cinq points par rapport à 2010, pour ainsi atteindre 80 % en 2012.
 
Le sondage a également démontré que 82 % des répondants vont porter un coquelicot dans les jours précédents le 11 novembre cette année.
 
Changement démographique

Anthony Wilson-Smith, président de l’Institut Historica-Dominion, a déclaré que les chiffres démontraient une appréciation grandissante pour le rôle de l’histoire dans la vie quotidienne.
 
« Les événements d’hier ont un impact direct sur ce qui se passe aujourd’hui. Notre histoire affecte notre présent et notre avenir », a expliqué M. Wilson-Smith lors d’une entrevue téléphonique.
 
« Ce que vous voyez dans un sondage comme celui-là… Peu importe votre âge, vous y portez plus attention qu’auparavant. »
 
M. Wilson-Smith a attribué cette augmentation de l’intérêt en partie par un changement démographique au sein des anciens combattants au pays.
 
Les milliers de soldats qui ont combattu pendant la mission de neuf ans en Afghanistan ont gonflé les rangs des survivants de la Deuxième Guerre mondiale et de la Guerre de Corée.
 
Selon M. Wilson-Smith, cette nouvelle génération a été en mesure de toucher les Canadiens en se rendant dans les écoles et en participant à des activités communautaires afin de répandre un message du souvenir.
 
« Avec les jeunes soldats, nous sommes certainement dans l’ici et le maintenant, a-t-il noté. Vous les voyez en uniforme, vous pouvez les imaginer en action. L’impact est immédiat. »
 
Archives en ligne

M. Wilson-Smith a aussi reconnu le travail du gouvernement fédéral conservateur, qui n’a pas hésité à tenter d’exposer le travail de l’armée pendant son règne.
 
L’impact de l’ère du numérique ne peut être négligé, a-t-il ajouté.
 
Des archives détaillées, des images des guerres et des témoignages des survivants sont disponibles en ligne et permettent aux Canadiens d’entendre le message traditionnel du Jour du Souvenir à l’année longue. Même si genre de couverture omniprésente peut générer une certaine apathie, M. Wilson-Smith croit que c’est plutôt l’inverse qui se produit.
 
« Si les Canadiens sont conscients des efforts et des sacrifices effectués par nos vétérans à chaque jour de l’année, on pourra parler d’un succès », a-t-il dit.
 
Malgré les nombreux hommages sur l’époque des guerres, le sondage d’Ipsos Reid suggère qu’il existe un intérêt afin d’accorder une place encore plus importante au Jour du Souvenir au calendrier national.
 
Le sondage a démontré que 85 % des répondants souhaitent que le 11 novembre devienne un congé férié à travers le pays, dont 58 % qui croient que cela ajouterait à l’importance des célébrations.
 
Ce résultat n’a pas surpris M. Wilson-Smith, qui a dit que ce jour marquant la fin de la Première Guerre mondiale aura toujours une signification inégalée.
 
« Le 11 novembre marque des circonstances particulières et est toujours célébré avec des gestes touchants… qui le placent par-dessus tout le reste, a-t-il mentionné. Je crois que tout ce à quoi il est rattaché signifie qu’il représentera toujours une journée spéciale. »
 
Un total de 1039 Canadiens ont répondu au sondage Ipsos Reid entre le 30 octobre et le 2 novembre.
 
Selon l’Association de la recherche et de l’intelligence marketing, qui représente tous les aspects de l’industrie de la recherche et de l’intelligence marketing, un sondage en ligne ne peut recevoir de marge de manœuvre puisque l’échantillon de la population n’est pas sélectionné de manière aléatoire comme lors d’un sondage téléphonique.
2 commentaires
  • Richard Fradette - Abonné 11 novembre 2012 15 h 02

    Intérêts communs, démocratie et progrès

    Oui, apprécions la liberté, la démocratie et la justice, en hommage à ceux et celles qui ont fait l’ultime sacrifice de leur vie pour protéger ces valeurs; et, «plus jamais la guerre», expression apparue à la suite de la Première Guerre mondiale.

    Dès sa création en novembre 1945, via le préambule de sa constitution, l'Unesco affirmait que «la négation des principes de dignité, d'égalité et de respect mutuel des hommes, avait rendu possible la guerre», mais imputait la responsabilité du conflit à l'ignorance et aux préjugés et non pas à l'échec de l'éducation, de la culture et de la science. Son vice-président, Léo Blum, remarqua que la guerre avait été essentiellement «idéologique», et avait montré comment l'éducation, la culture et la science pouvaient se retourner contre les intérêts communs de l'humanité. Leur développement et leur perfectionnement ne suffisaient donc plus : elles devaient aller dans le sens de l'«idéologie» de la démocratie et du progrès, qui est la condition logique, le fondement psychologique de la paix et de la solidarité internationales.

    Voir philosophie à l'Unesco :
    http://www.unesco.org/new/fr/social-and-human-scie

    Aujourd'hui, 11 novembre, il faut réaffirmer que l'éducation, la culture et la science doivent s'orienter vers les intérêts communs de l'humanité, dans le sens de l'«idéologie» de la démocratie et du progrès...

  • Louka Paradis - Inscrit 11 novembre 2012 16 h 54

    Étonnant

    Vraiment étonnant que le premier ministre du Canada, militariste s'il en est un, ne soit pas au pays pour célébrer le Jour du Souvenir. Avec les piètres conditions que le gouvernement fédéral réserve aux vétérans, cette journée de commémoration est malheureusement assombrie. Pour moi, ce qui compte, ce sont les gestes concrets et non seulement les symboles. Je crois plus à la réelle compassion, à la paix et à l'amour qu'aux guerres, n'en déplaise aux industries richissimes des armes et du matiériel de guerre. Par exemple, à Ottawa, dans la capitale fédérale, on a dressé un monument à la paix près du parlement et du musée des Beaux-Arts ; croyez-vous qu'on a représenté la vie, l'amour, la fertilité ? Mais non ! des soldats et du béton. C'est froid, stérile et mortifère. La mort de tous ces soldats serait mieux célébrée par un hymne à l'amour de la vie et de la liberté. Question de vision...
    Louka Paradis, Gatineau