Compressions fédérales - Page n’a pas les données nécessaires

Le directeur parlementaire du budget a menacé le gouvernement de poursuites, afin d’obtenir les données budgétaires qu’il réclamait, mais cela ne lui aura pas permis d’avoir gain de cause et de recevoir les informations tant réclamées. Si la quasi-totalité des organismes a obtempéré, les détails qui lui ont été transmis sont insuffisants. « Les chiffres reçus constituent un petit sous-ensemble seulement des informations demandées », déplore Kevin Page dans un nouveau rapport publié mardi.

La saga dure depuis des mois : M. Page veut connaître la ventilation des coupes annoncées à l’appareil fédéral dans le dernier budget, mais les conservateurs ont tardé à se plier, arguant que le mandat du directeur du budget consiste à analyser les dépenses du gouvernement et non les économies. M. Page en était à menacer de traîner Ottawa en cour.


En date du 2 novembre, 91 % des quelque 80 ministères et agences fédérales concernés avaient finalement envoyé une réponse au bureau de M. Page. Mais ce sont des chiffres globaux sur les activités de programmes qui ont été présentés. « Faute de déclaration complète des chiffres demandés, le DPB ne sera pas en mesure de fournir au Parlement et aux parlementaires une analyse indépendante de l’état des finances du pays et des prévisions budgétaires du gouvernement », a critiqué de nouveau Kevin Page, à mi-parcours de l’année financière.


Le budget fédéral du printemps dernier annonçait des compressions de 5,2 milliards de dollars dans l’appareil fédéral. Ottawa affirme que cela entraînera une réduction de 19 200 postes dans la fonction publique. Parmi les organismes qui ont fait parvenir une réponse au bureau de M. Page, le quart - correspondant à 3 % des compressions - ont détaillé les coupes d’effectifs, soit quelque 480 postes.


Le gouvernement plaidait en outre que ces réductions ne toucheraient pas les services à la population. M. Page, lui, note que, des données récoltées, les compressions visant les « services internes » ne représentent qu’environ 15 % des coupes globales.


Une fois de plus, l’opposition a accusé le gouvernement de manquer de transparence en refusant de détailler ses compressions budgétaires. « On demande aux Canadiens de se serrer la ceinture, mais les conservateurs refusent de leur expliquer les conséquences des coupes de services », a critiqué la néodémocrate Peggy Nash. « C’est complètement inacceptable », a renchéri le chef libéral par intérim Bob Rae.


Mais ils se sont butés à la même réponse du président du Conseil du Trésor, Tony Clement. « Nous continuons de rendre des comptes au Parlement selon les procédures habituelles […] le gouvernement va continuer à fournir au [directeurparlementaire du budget] les données qui relèvent de son mandat », a-t-il réitéré. M. Page n’a pas intenté de poursuite contre Ottawa, mais il attend un avis juridique détaillé sur son mandat.