Assurance-emploi - Ottawa exige une recherche d’emploi par jour

Cinq recherches d’emploi par semaine pour les chômeurs qui vivent en milieu urbain. Voilà le travail que confie le gouvernement canadien aux prestataires d’assurance-emploi s’ils veulent rester dans les bonnes grâces du système.

Selon des informations obtenues par Le Devoir, le gouvernement exige depuis quelques semaines que les chômeurs prouvent leur assiduité à chercher un emploi lors de séances d’information collective. Ces séances obligatoires sont organisées depuis une quinzaine d’années. Des enquêteurs expliquent aux prestataires leurs droits et responsabilités.
 
Or, la nouvelle lettre de convocation aux séances de 90 minutes précise que « tous les prestataires devront fournir une preuve de toutes leurs recherches d’emploi ». Un formulaire à remplir est joint à la convocation. On demande la date du contact, le type d’emploi recherché, le nom de l’employeur, la méthode de contact et les résultats de la recherche. On précise aussi que « pour accroître vos chances de trouver du travail, vous devez faire au moins trois recherches d’emploi par semaine si vous demeurez dans une zone rurale, et au moins cinq recherches d’emploi si vous demeurez en milieu urbain ».
 
Le Mouvement Action-Chômage de Montréal (MACM) a réagi vivement aux changements. Dans un communiqué envoyé vendredi, l’organisme estime que la Commission de l’assurance-emploi « accentue les contrôles » dans un but avoué de « harceler et, éventuellement, couper les prestations ». De « mémoire d’intervenants », dit le MACM, la Commission n’avait jamais exigé de preuves des démarches d’emploi lors de ces réunions collectives. Un chômeur doit de toute façon démontrer qu’il est en recherche d’emploi et disponible à l’emploi pour toucher ses prestations.
 
Selon le MACM, « exiger de fournir les démarches de recherches d’emploi de toutes les personnes convoquées aux séances d’information » revient à « douter de facto de la volonté des citoyens de se trouver un emploi ».
 
On soupçonne le gouvernement de vouloir « créer la peur, un puissant incitatif à accepter n’importe quel emploi », dit le MACM, qui pense qu’Ottawa veut « couper les prestations à ceux qui ne répondront pas aux exigences spécifiques de la Commission ».
 
À Ottawa, le ministère des Ressources humaines a répondu au Devoir que ces modifications découlent des changements — controversés — annoncés en mai au régime d’assurance-emploi. Le gouvernement avait alors dévoilé son intention de clarifier les notions d’«emploi convenable » et de « recherche d’emploi convenable». «Dans cette optique, nous avons apporté quelques modifications au contenu des séances d’information pour les prestataires de l’assurance-emploi», indique-t-on par écrit après avoir refusé une entrevue de vive voix.
 
Sauf que le texte juridique détaillant ces changements n’a pas été rédigé, souligne le MACM. Dans les documents d’information dévoilés en mai, le gouvernement parlait de l’obligation de « chercher un emploi chaque jour où ils touchent des prestations », et ajoutait que la « fréquence de leurs démarches de recherche devra correspondre aux possibilités offertes ».

 
1 commentaire
  • France Marcotte - Abonnée 3 novembre 2012 18 h 13

    Quémander un emploi

    Les chômeurs cherchent un emploi.

    Et les employeurs, cherchent-ils eux aussi?

    Le travailleur est toujours présenté dans le rôle de celui qui sollicite.

    Que les employeurs qui cherchent désespérément travailleurs se manifestent!