Dépenses : pédale douce sur les envois partisans

À lui seul, Vic Toews a fait imprimer des dépliants pour une valeur de 42 200 $ en 2010-2011. La moyenne pour l’ensemble des députés est de 9700 $.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick À lui seul, Vic Toews a fait imprimer des dépliants pour une valeur de 42 200 $ en 2010-2011. La moyenne pour l’ensemble des députés est de 9700 $.

Ottawa — Si vous avez l’impression d’avoir reçu cette année moins de communications écrites de votre député fédéral — ou de celui de la circonscription voisine — que d’habitude, vous n’êtes pas dans l’erreur. Les députés fédéraux ont généré beaucoup moins d’envois partisans à leurs commettants en 2011-2012. La facture d’impression pour faire parvenir aux électeurs des dépliants à saveur politique a diminué de près de 56 %, même si les conservateurs demeurent les plus gourmands, et de loin.

Les députés ont le privilège d’envoyer des dépliants à leurs commettants aux frais de la Chambre des communes. Le détail de ces dépenses, rendu public mercredi, démontre que la facture d’impression de la Chambre des communes s’est élevée à 4,1 millions de dollars. C’est beaucoup moins que l’année précédente (9 millions) ou celle d’avant (14,8 millions). Il faut dire que le caractère très partisan de ces envois avait soulevé des critiques et amené l’administration de la Chambre des communes à resserrer les règles d’accès aux photocopieuses parlementaires.


Une analyse effectuée par Le Devoir démontre toutefois que ce sont encore les députés conservateurs qui engendrent le plus de frais à ce chapitre. Ainsi, le champion toute catégorie est le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews. À lui seul, il a fait imprimer des dépliants pour une valeur de 42 200 $ en 2010-2011. C’est beaucoup plus que la moyenne de 9700 $ par élu.


Il est suivi de près par le nouveau député néodémocrate montréalais Tyrone Benskin (38 799 $) et le conservateur Kyle Seeback (34 700 $). Au final, 16 députés ont engagé des dépenses de plus de 25 000 $ en frais d’impression, dont 12 sont conservateurs et 4, néodémocrates.


Ces dépliants étaient très critiqués, car ils s’attaquaient le plus souvent à une formation politique adverse. Par exemple, un obscur député de London avait fait déferler sur la circonscription de Mont-Royal, représentée par le juif libéral Irwin Cotler, un dépliant alléguant que son Parti libéral était antisémite. En outre, ces dépliants étaient parfois disséminés en grand nombre juste avant une élection, faisant dire à l’opposition que le gouvernement finançait sa publicité électorale à même les caisses parlementaires.


Les conservateurs ont quand même eux aussi réduit leurs dépenses. L’an dernier, la première place était revenue au conservateur Patrick Brown, avec une facture de… 107 800 $, soit deux fois et demie celle de M. Toews cette année.


Par ailleurs, les dépenses totales des députés pour l’année (déplacements, impression, bureau, salaires d’employés) ont, au final, diminué de 9 %, passant de 133,3 millions de dollars à 121,3 millions.

1 commentaire
  • Sylvain Auclair - Abonné 1 novembre 2012 09 h 55

    Les libéraux faisaient pareil

    «En outre, ces dépliants étaient parfois disséminés en grand nombre juste avant une élection, faisant dire à l’opposition que le gouvernement finançait sa publicité électorale à même les caisses parlementaires.»
    Eh bien, moi, j'ai reçu d'Irwin Colter, mentionné dans l'article en tant que victime, un tel dépliant au tout début d'une campagne électorale. Mais comme il l'avait envoyé un ou deux jours avant le déclenchement de la campagne, c'était légal.