Recensement — Langue - Un Canada plus diversifié que jamais

Avec 200 langues différentes, une personne sur cinq qui parle une autre langue que le français ou l’anglais à la maison, près de six millions de citoyens qui font usage d’au moins deux langues à la maison, le Canada linguistique se révèle plus diversifié que jamais au terme du recensement 2011.

Mais les deux langues officielles continuent tout de même d’exercer « une forte attraction comme langues de convergence et d’intégration à la société canadienne », note Statistique Canada dans le dernier volet du recensement dévoilé mercredi.


Ainsi 98 % de la population déclare pouvoir soutenir une conversation en français ou en anglais, et 94 % des Canadiens utilisent au moins une de ces deux langues de manière régulière à la maison.


L’anglais demeure évidemment la langue d’attraction principale. 43 % des Canadiens dont la langue maternelle n’est pas une des deux langues officielles parlent principalement en anglais à la maison. Et le même ratio prévaut chez les francophones hors Québec.


Pas de changement notable depuis 2006 dans la proportion de la population qui se déclare de langue maternelle anglaise (57,8 %). Le français perd un peu de terrain, à 21,7 % (0,4 point de moins qu’il y a cinq ans), cela au profit des autres langues (20,6 %, en hausse de 0,5 point). Reste que si plusieurs prévoyaient que les allophones allaient supplanter les francophones pour la première fois avec ce recensement, le changement historique n’est pas survenu.


Au Québec comme dans le reste du Canada, le maintien relatif du poids du français peut s’expliquer par les changements méthodologiques instaurés avec le dernier recensement, suggère Statistique Canada dans une mise en garde appelant à une analyse prudente des résultats. « Les Canadiens semblent avoir été plus enclins à déclarer plus d’une langue maternelle », note-t-on.


Les résultats démontrent que les francophones (langue maternelle) hors Québec sont 32 000 de plus qu’en 2006. Leur poids au sein de la population est ainsi resté pratiquement stable (4 % en dehors du Québec).

 

Bilinguisme


Le recensement permet par ailleurs de mesurer le taux de bilinguisme « officiel », soit une maîtrise du français et de l’anglais. On calcule donc qu’il y avait l’an dernier 350 000 personnes bilingues de plus qu’en 2006, ce qui permet une infime variation de la proportion de la population totale (17,5 % au lieu de 17,4 %).


Mais ce sont les Québécois qui expliquent en grande partie ces résultats. Statistique Canada souligne que 90 % des nouveaux bilingues vivent au Québec… et que 70 % d’entre eux sont francophones. Au total, 71 % de l’accroissement net du bilinguisme français-anglais est ainsi attribuable à la population de langue maternelle française.


Le taux de bilinguisme au Québec est donc passé de 40,6 % à 42,6 %, alors qu’il diminuait partout ailleurs (surtout en Ontario, au Manitoba et en Colombie-Britannique). En tout et pour tout, 10 millions de Canadiens peuvent converser en français.


Finalement, la présence de plus en plus forte des langues maternelles autres que le français et l’anglais est en train de changer le visage de Toronto et de Vancouver. Dans la capitale ontarienne, 55 % des résidants ne parlent que l’anglais à la maison, soit sept points de moins qu’il y a dix ans. Le même écart est observé à Vancouver (58 % contre 65 %).


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Des faits éloquents

  • Langue maternelle au pays: anglais 58 %, français 22 %, autres 20,6 %.
  • 58 % de la population canadienne parlaient uniquement l’anglais à la maison, alors que 18,2 % parlaient seulement le français.
  • L’utilisation de plusieurs langues à la maison a augmenté, passant de 9,1 % en 2006 à 11,5 % en 2011.
  • Les langues parlées à la maison affichant la plus forte croissance de 2006 à 2011 étaient principalement des langues asiatiques.
  • Près de 10 millions de personnes ont affirmé pouvoir soutenir une conversation en français alors qu’ils étaient 9,6 millions en 2006.
  • La proportion des personnes capables de parler le français s’est légèrement repliée pour atteindre 30,1 % en 2011 par rapport à 30,7 % il y a cinq ans.
  • Au total, près de 7 millions de Canadiens déclarent parler le plus souvent français à la maison. C’est 300 000 personnes de plus qu’en 2006. Leur proportion au sein de la population canadienne diminue toutefois : de 21,4 % il y a cinq ans à 21 % en 2011.
  • À l’extérieur du Québec, le poids relatif des francophones de langue maternelle est en légère baisse à 4,2 %.

Avec La Presse canadienne