Robert Abdallah au Port de Montréal : Léo Housakos nie toute intervention

Léo Housakos
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Léo Housakos

Ottawa – Le sénateur conservateur Léo Housakos dément catégoriquement avoir tenté de faire nommer Robert Abdallah à la tête du Port de Montréal. Il dément avec autant d’énergie avoir discuté de cette question avec l’ancien directeur des communications de Stephen Harper, Dimitri Soudas, ou être passé par lui pour obtenir la nomination en question.


« Je n’ai jamais été impliqué dans aucune nomination politique que le gouvernement fédéral a faite ou a essayé de faire », a déclaré le sénateur Housakos mercredi matin au Devoir ainsi qu’à une journaliste de La Presse canadienne qui l’ont intercepté.


Le gouvernement conservateur est aspiré par la commission Charbonneau depuis que le nom de l’ex-directeur général de la Ville de Montréal, Robert Abdallah, y a été cité il y a deux semaines relativement à des allégations de pots-de-vin de 300 000 $.


L’ex-bras droit de M. Harper au Québec, Dimitri Soudas, avait convoqué en 2007 le président-directeur général sortant du port, Dominic Taddeo, et les trois membres du conseil d’administration chargés de lui trouver un successeur. Il leur avait dit qu’Ottawa désirait la nomination de Robert Abdallah.


Des enregistrements


Quand cette histoire a été mise au jour, en 2011, des enregistrements téléphoniques ont aussi été diffusés. Les entrepreneurs Bernard Poulin et Tony Accurso y déclarent que pour obtenir la nomination souhaitée, il leur faut passer par Dimitri Soudas et son proche ami, le sénateur et bailleur de fonds Léo Housakos. « Léo, il fait des affaires pour moi, il vient à 11 h, je vais commencer à lui parler si tu veux, s’il est prêt à mettre son chum Soudas dans le coup. Son chum Soudas, il peut tordre pas mal plus fort que d’autres », entend-on dire M. Poulin.


Pour la première fois, M. Housakos réagit à cet enregistrement. Il ne comprend pas pourquoi il y est évoqué. « M. Soudas ne travaille pas pour moi, il travaille pour le premier ministre. […] Non, je n’ai pas parlé avec M. Soudas à propos de cette nomination-là. J’ai jamais essayé d’influencer cette nomination-là avec personne, ni le ministre, ni le bureau du premier ministre. »


M. Housakos admet connaître Robert Abdallah depuis son passage dans la vie politique municipale montréalaise. Il reconnaît aussi connaître Tony Accurso. Quelle est la nature de cette relation ? « Je n’ai aucun intérêt à répondre à vos questions plus que ça. La seule chose que je vais dire, c’est que je n’ai jamais essayé d’influencer la décision politique du gouvernement fédéral. Point final. » Désirait-il la nomination de M. Abdallah à la tête du Port de Montréal ? « Il ne m’a jamais demandé d’intervenir. Je n’ai jamais eu de conversation avec M. Abdallah ni avec personne d’autre sur ce sujet-là. La première fois que j’ai appris cela, c’est dans les journaux. »


M. Abdallah n’a finalement pas été nommé au Port de Montréal. Après son mystérieux départ avant terme comme directeur général de la Ville de Montréal, il est allé travailler chez Gastier, une entreprise faisant partie de l’empire de Tony Accurso. M. Abdallah a convoqué la presse ce jeudi « pour réfuter point par point les ouï-dire rapportés par M. Lino Zambito, le 2 octobre 2012, à son endroit devant la Commission d’enquête Charbonneau ».

1 commentaire
  • Daniel Côté - Inscrit 18 octobre 2012 12 h 25

    Coïncidence...

    Il y a comme beaucoup de coïncidences dans cette affaire... et en affaire, la coïncidence n'a pas sa place!