Ontario: Dalton McGuinty démissionne et proroge le Parlement

Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty a créé la surprise, lundi, en annonçant qu'il avait prorogé le Parlement et qu'il démissionnait en tant que chef du Parti libéral.

M. McGuinty a fait état de ces deux décisions lors d'une réunion d'urgence du caucus libéral après que son gouvernement eut fait face à une deuxième motion de défiance en lien avec l'annulation de la construction de deux centrales électriques, au coût de plusieurs centaines de millions de dollars.

Selon lui, les chances sont particulièrement minces d'obtenir le gel des salaires de 481 000 employés du secteur public dont son gouvernement minoritaire a besoin pour réduire le déficit de 14,4 milliards puisque les partis d'opposition y sont opposés. Il a ainsi décidé de suspendre les travaux parlementaires pour favoriser les négociations.
Selon M. McGuinty, la prorogation permettra au gouvernement de découvrir ce que réclament exactement les partis d'opposition pour appuyer le plan libéral.

Il a promis que les libéraux tenteraient de négocier des conventions collectives sans hausses salariales — tel que réclamé par le Nouveau Parti démocratique provincial — et utiliseraient également cette pause pour négocier avec les progressistes-conservateurs.

«J'ai rencontré le lieutenant-gouverneur plus tôt aujourd'hui et je lui ai demandé de proroger la Chambre pour que nous puissions poursuivre les discussions et explorer les avenues offertes, d'une façon qui nous libère de la rancoeur qui a, malheureusement, trop souvent empoisonné notre législature ces derniers temps.»

Sang neuf

Après 16 ans comme chef libéral et neuf ans à la tête du gouvernement, et surtout après avoir été mis à mal dans le cadre d'une série de scandales impliquant entre autres des véhicules médicaux aériens, M. McGuinty a également déclaré qu'il était temps d'avoir du sang neuf.

«Il est l'heure du renouveau, c'est le moment de passer au prochain premier ministre libéral, il faut désormais que le nouvel ensemble de valeurs libérales guide notre province vers l'avenir, a-t-il déclaré devant son caucus. Pour ce faire, j'ai parlé avec le président de notre parti et lui ai demandé de déclencher une course à la direction le plus tôt possible.»

Lors de son discours devant le caucus, le premier ministre sortant a laissé entendre que les libéraux avaient réalisé des erreurs lors de leur passage au gouvernement, mais qu'ils avaient posé les bons gestes dans les grands dossiers de l'éducation, de la santé et de l'environnement.

Course à la direction

Il n'y a pas de successeur évident pour M. McGuinty, mais les noms souvent mentionnés comme candidats potentiels à la direction comprennent celui de la ministre du Logement, Katheleen Wynne, du ministre des Finances, Dwight Duncan, et du ministre de l'Énergie, Chris Bentley, qui a été le point focal des attaques de l'opposition et de la première motion de défiance à propos des centrales électriques dont la construction a été annulée.

Le chef conservateur Tim Hudak a laissé de côté la rhétorique colérique des dernières semaines, lundi, pour rappeler que M. McGuinty était venu serrer sa main et lui souhaiter la bienvenue dans la législature lorsqu'il a été élu pour la première fois.

M. Hudak a également remercié M. McGuinty pour ses années de vie publique.

McGuinty au fédéral?

Dalton McGuinty s'apprête-t-il à faire le saut de la scène provinciale à l'arène fédérale?

Avec l'annonce surprise de sa démission de son poste de premier ministre de l'Ontario, M. McGuinty est soudainement libre de se présenter à la course à la direction du parti libéral fédéral, s'il en fait le choix.

Advenant cette possibilité, il disposerait déjà d'une équipe de campagne.

Au cours du derniers mois, une imitation de campagne a été préparée pour le persuader de se mesurer à Justin Trudeau, l'un des autres candidats à la direction du Parti libéral du Canada (PLC).

M. McGuinty n'a pas encore décidé s'il effectuerait le plongeon, mais certains de ses proches affirment qu'il est définitivement sous pression.
2 commentaires
  • Alain Perron - Inscrit 15 octobre 2012 20 h 16

    Combien d'argent?

    Combien d'argent ça prend pour remplacer un politicien et être en mesure de servir..... le.... "public"?

  • François Rivet - Abonné 15 octobre 2012 20 h 50

    Comment régler le déficit en Ontario

    Monter les impôts. Le dernier palier est à 11%, il reste en masse d'espace fiscale à occuper sans nuire aux individus et aux entreprises.