Compressions budgétaires - Kevin Page entrevoit un déblocage

Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page

Le directeur parlementaire du budget a-t-il gagné une manche contre le gouvernement conservateur ? Plusieurs ministères et le bureau du Conseil privé ont accepté mercredi d’entreprendre des discussions avec Kevin Page à propos des compressions budgétaires en cours ou à venir, reportant du coup l’imminence d’un recours judiciaire.

Kevin Page tente depuis des mois d’obtenir du gouvernement fédéral des détails sur les coupes budgétaires imposées à tous les ministères. En vain. Ottawa invoque des raisons de confidentialité pour ne pas fournir les informations réclamées. M. Page avait lancé un ultimatum pour ce mercredi : ou bien le gouvernement ouvre un peu ses livres, ou alors il sera traîné devant les tribunaux.


La menace semble avoir fonctionné : mercredi après-midi, un responsable au bureau de M. Page a confirmé que le directeur parlementaire du budget était en discussion avec « plusieurs sous-ministres et le bureau du Conseil privé ». « Il y aura peut-être une extension et on pense qu’on va recevoir ce que l’on veut », indique cette personne au Devoir. « Nous avons bon espoir que ça mène à l’information qu’on recherche. » Les ministères auraient fait preuve d’ouverture au cours des derniers jours tandis que le Conseil privé aurait ouvert sa porte seulement mercredi, le jour de l’échéance.

 

5,2 milliards


Ottawa a annoncé dans son budget de 2011 des compressions de 4 milliards de dollars par année, somme revue par la suite à 5,2 milliards. On ignore où ce montant sera siphonné. Mis à part une ventilation par ministère, Ottawa n’a pas indiqué quels services, programmes ou divisions il sabrerait. Par exemple, l’Agence canadienne d’inspection des aliments, sur la sellette ces jours-ci à cause du vaste rappel de boeuf contaminé, devra amputer de ses dépenses 10 millions de dollars l’an prochain et 56 millions (ou 8 % de son budget total) chacune des années suivantes. Le nombre d’inspecteurs ou d’inspections sera-t-il réduit ? Kevin Page tente de le savoir afin d’en informer les parlementaires, mais il se bute au silence de l’appareil gouvernemental.


Ottawa invoque des raisons de confidentialité : il soutient qu’en divulguant les compressions à venir, il révélerait l’identité des employés susceptibles de perdre leur emploi et qu’en vertu d’ententes avec les syndicats, il doit plutôt avertir ceux-ci en priorité. Notons que même les syndicats ont écarté cet argument, donnant leur accord à ce que les informations réclamées par M. Page soient transmises. Le gouvernement soutient aussi que le mandat de M. Page porte sur l’argent dépensé, pas sur celui économisé…


Le bureau du Conseil privé n’a pas commenté le déblocage possible tandis que le bureau du ministre responsable du Conseil du trésor, Tony Clement, a laissé entendre que M. Page avait tort de se réjouir : « Notre position n’a pas changé. »

1 commentaire
  • Véronique Lévis - Inscrite 11 octobre 2012 09 h 47

    Toujours la même histoire...

    Comme si on avait besoin de pub maintenant pour nous rabattre les oreilles avec ses maudites compressions budgétaires... Encore de l'argent jeté par les fenêtres!