Informations budgétaires: Kevin Page veut aller devant les tribunaux

Un affrontement important entre le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, et le gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper se dessine à l'horizon. Kevin Page a imposé un ultimatum à des responsables de 56 ministères et agences fédéraux, leur donnant jusqu'à mercredi pour fournir de l'information sur les réductions de dépenses et les économies comprises dans le budget fédéral.

Dimanche, il a indiqué, pendant l'émission «Question Period» du réseau CTV, qu'il transposerait cette lutte pour obtenir des informations devant les tribunaux, si nécessaire.

«Les informations que nous réclamons sont en fait essentielles pour que les députés puissent accomplir leur travail, a-t-il dit. Si nous ne pouvons pas obtenir ces informations de la part des ministres, nous devrons peut-être exiger plus de clarté, mais cela n'a jamais été notre première option. Nous pourrions aller jusqu'aux tribunaux, si cela est requis.»

Le ministre du cabinet conservateur chargé des compressions budgétaires, le président du Conseil du Trésor Tony Clement, veut cependant que M. Page recule sur cette question.

En entrevue à l'émission «The House», à la radio de la CBC, M. Clement a fait savoir que M. Page agissait selon lui en-dehors de son mandat, un argument qu'il serait prêt à reprendre devant un juge.

«Lorsque vous observez les mots décrivant son mandat _ les finances, les estimations et les tendances de l'économie nationale _, il ne s'agit pas des sommes qui sont économisées, mais plutôt de l'argent dépensé», a affirmé M. Clement.

Il a ajouté que le gouvernement était redevable au Parlement en vertu des estimations budgétaires, des rapports trimestriels ministériels et des documents d'intérêt public.

M. Page a toutefois rétorqué à CTV que l'argent qui n'est pas dépensé est parfois aussi important que les sommes qui sont investies.

«Nous croyons que nous agissons clairement à l'intérieur de notre mandat. Et il est très important d'examiner l'austérité», a souligné M. Page.
5 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 7 octobre 2012 17 h 24

    Encore devant les tribunaux ?

    Rarement aurions-nous vu un gouvernement aussi contesté et contestable sur la scène fédérale. La chambre des Communes demeurent notre gouvernement et ce, le parti au pouvoir semble bien l'oublier en aliénant sans cesse les députés élus des autres partis de leur accès à l'information et voire leur pouvoir décisionnel. Ce qui ressort de cet attitude de confrontation persistante du gouvernement Harper c'est qu'il ne respecte en rien la chambre des Communes et des élus qui la forme ne faisant pas parti des Conservateurs en l'occurrence bien sûr les députés du Québec qui forment en grande partie l'opposition. Pourtant à plusieurs reprises la Cour Suprême du Canada lors de certains jugements lui a clairement signifié la manière de se comporter et gouverner dans une Confédération mais rien ne semble y faire, il persiste.
    La démocratie ne s'est jamais aussi portée et Stephen Harper oublie trop vite que la majorité des canadiens n'ont pas voté pour lui. Cette mécanique du jeu électoral a fait en sorte qu'il profite aujourd'hui d'un gouvernement majoritaire mais cet équilibre est précaire et il peut vite basculer lors des prochaines élections; autrement dit sa majorité ne tient qu'à un fil et au bout de ce fil pend l'épée de Damoclès.

  • François Beaulne - Abonné 7 octobre 2012 18 h 30

    Il a raison

    M. Page défend à juste titre les prérogatives du Parlement de passer en revue les dispositions budgétaires du gouvernement et ce, en recevant les documents pertients dans un délai raisonnable pour qu'il puisse faire son travail convenablement,
    Rappelons que, dans le système parlementaire de type britannique, comme le nôtre, le gouvernement doit démissionner s'il est battu sur une question financière. D'où l'importance de l'exercice budgétaire dans tous ses états. D'autant plus que le Canada, comme d'ailleurs bon nombre de pays développés occidentaux prêchent laux pays en développement a bonne gouvernanc et la transparence dans la gestion des fonds publics.
    Faudrait peut-être que la droite réformiste de Harper pratique ce qu'elle prêche!

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 7 octobre 2012 23 h 16

    La Fontaine

    "Quiconque est loup agisse en loup ;

    C'est le plus certain de beaucoup".

    La Fontaine, Fables.

  • Steve Chabot - Inscrit 8 octobre 2012 08 h 33

    ENCORE !!!

    Non, mais
    c’est quoi ce gouvernement de .....
    Franchement d'être toujours et systématiquement en affrontement avec les institutions il y un sérieux problème avec Harper ..

    Il est contre la plupart des règlements de la chambre des communes , il impose le baillons que trop souvent , il délégitimise le vérificateur général , il peste contre statistique canada bref il détruit une a une les fondations de ce que peut être le canada ..

    Harper est anti canadien ou quoi ?

  • Pierre Lemelin - Inscrit 8 octobre 2012 14 h 04

    Le pouvoir à tout prix!

    Le contrôle de l'information. La manipulation des personnes. Et si ça ne suffit pas: la loi de l'omerta. Voilà les trois stratégies du parti conservateur pour exercer et conserver le pouvoir. Tous les gouvernements (fédéral, provincial, municipal, commission scolaire) utilisent couramment et de plus en plus ces stratégies. Mais avec M. Harper on atteint des sommets inégalés. On peut parler d'obsession! Tout le reste passe en second plan. C'est pathétique.

    Mais vouloir garder le pouvoir à tout prix a un prix... Espèrons que les autres partis fédéraux seront à la hauteur et proposerons des programmes responsables, réalistes et rassembleurs quand le temps sera venu.