Citoyenneté: Ottawa exigera un nouveau test linguistique

Ottawa — Les immigrants qui souhaitent obtenir leur citoyenneté canadienne devront bientôt fournir une preuve de plus qu’ils maîtrisent l’une des deux langues officielles.

Le ministère de l’Immigration et de la Citoyenneté a annoncé vendredi qu’à compter du 1er novembre, les demandeurs devront indexer à leur dossier les résultats d’un examen linguistique mené par un organisme reconnu par le gouvernement, l’attestation de réussite d’un programme financé par le gouvernement, ou encore une preuve d’études secondaires ou postsecondaires suivies en anglais ou en français.


Les fonctionnaires filtreront ainsi une première fois les dossiers. Les demandeurs qui n’auront pas joint une telle preuve de leurs compétences linguistiques verront leur demande leur être renvoyée. « Ce qui permettra à CIC [Citoyenneté et Immigration Canada] de concentrer ses ressources sur les demandes qui respectent les critères », explique le ministère dans son communiqué.


En vertu du processus actuel, le gouvernement vérifiait le niveau de maîtrise du français ou de l’anglais des demandeurs de citoyenneté à l’aide de leur examen écrit de connaissances générales sur le Canada ou de l’entrevue qu’ils effectuaient avec un juge de la citoyenneté. Désormais, avant même d’en arriver à cette étape, les demandeurs âgés de 18 à 54 ans devront avoir démontré une première fois qu’ils peuvent fonctionner dans la langue de Molière ou celle de Shakespeare. Le niveau de compétence linguistique exigé ne sera pas rehaussé, précise le ministère.


Les partis d’opposition s’entendent tous pour dire qu’il est souhaitable que les futurs citoyens canadiens soient à l’aise en anglais ou en français, mais ils se questionnent en revanche quant à la nécessité d’ajouter ce nouveau prérequis.


« On aurait pu croire que les agents d’immigration, en ayant déjà une conversation avec les individus, auraient été en mesure de déterminer s’ils étaient capables de fonctionner suffisamment ou non dans l’une des deux langues. Cela semble être un test supplémentaire qui n’est pas nécessaire », a réagi le libéral Ralph Goodale, qui estime que le gouvernement semble tenter de ralentir le processus.


La néodémocrate Jinny Sims s’inquiète quant à elle qu’un examen écrit soit plus difficile pour les demandeurs qu’une évaluation orale. « Tout le monde veut apprendre la langue quand ils viennent ici. Mais donnons-leur les ressources au lieu de mettre en place des mesures punitives qui représentent un obstacle à la citoyenneté », a-t-elle déploré.

2 commentaires
  • Jacques Patenaude - Abonné 29 septembre 2012 08 h 56

    tiens tiens...eux aussi ont des exigences linguistique

    Le PQ aurait fait la même chose et le Canada anglais au complet crierait au racisme

  • Réal Ouellet - Inscrit 29 septembre 2012 19 h 47

    Hola!

    Vous imaginez la levée de bouclier s' il eût fallu que le Québec parle de test linguistique à l'immigration! Mais pour le fédéral tout passe comme dans le beurre. Comme si ça se passait ailleurs dans un autre pays...