Sommet de la Francophonie à Kinshasa - Première pomme de discorde entre Québec et Ottawa

Stephen Harper rencontrera Pauline Marois pour la première fois dans deux semaines, lors du XIV sommet de la Francophonie à Kinshasa.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Stephen Harper rencontrera Pauline Marois pour la première fois dans deux semaines, lors du XIV sommet de la Francophonie à Kinshasa.

Paris — À deux semaines de l’ouverture du XIVe sommet de la Francophonie à Kinshasa, où Pauline Marois rencontrera pour la première fois son homologue canadien Stephen Harper, une première divergence se profile à l’horizon. Contrairement aux représentants du Québec, les diplomates canadiens refusent catégoriquement que le communiqué final du sommet se prononce en faveur de l’attribution d’un siège permanent à l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU.

Le Canada est plus qu’isolé sur le sujet puisque la proposition des documents préparatoires recueille l’appui d’une large majorité des 54 membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Parmi eux, la France, le pays hôte du sommet (la République démocratique du Congo) et une trentaine de pays africains. Même si le Québec n’a pas de position officielle sur le sujet, « il pourrait être obligé de choisir son camp et ça risque de ne pas être celui du Canada », nous a confié une source proche des discussions.


Si aucun compromis ne survient d’ici là, la question devra être tranchée par les ministres des pays membres, qui se réuniront peu avant le sommet. En cas d’échec, elle devra l’être par les chefs d’État qui seront à Kinshasa du 12 au 14 octobre. Or, pas plus tard que mardi, le président français François Hollande a réitéré devant l’Assemblée générale des Nations unies l’engagement formel de son pays en faveur d’« une présence accrue de l’Afrique, y compris parmi les membres permanents » du Conseil de sécurité. La position française n’est pas nouvelle. C’est l’ancien président Jacques Chirac qui l’avait formulée le premier.


Échaudé par son échec en 2010, alors que les 192 membres de l’ONU lui avaient refusé un siège temporaire, le Canada est loin d’être de cet avis. Ottawa s’oppose formellement à toute augmentation du nombre de membres permanents au Conseil de sécurité, actuellement limité à cinq. Selon une source proche de la délégation canadienne, une telle augmentation rendrait le conseil « ingérable » et « réduirait les chances, déjà limitées, du Canada d’obtenir un siège temporaire ». En clair, Ottawa souhaite une meilleure représentation de l’Afrique à l’ONU, mais pas comme membre permanent du Conseil de sécurité.


Marois s’adressera aux chefs d’État


Depuis plusieurs semaines, les sherpas des chefs d’État et de gouvernement (dont celui du Québec) tentent sans succès de négocier un compromis. Même si, formellement, le Québec n’est pas autorisé à se prononcer sur les questions de politique étrangère dans ces sommets, Pauline Marois pourrait s’inscrire en faux contre la position canadienne lorsqu’elle interviendra en session plénière. La première ministre fait en effet partie des privilégiés qui s’adresseront à l’ensemble des participants puisqu’elle doit intervenir sur la question de la langue française à la fin du sommet, le 14 octobre dans la matinée.


En pareille situation, la plupart de ses prédécesseurs (dont l’ancien premier ministre libéral Robert Bourassa) ne se sont jamais privés de parler de toutes les questions soulevées pendant le sommet, quitte à contredire Ottawa.


Ce ne serait pas non plus la première fois que le Canada prendrait le contre-pied de la majorité des pays membres dans un sommet de la Francophonie. À Bucarest en 2006, Stephen Harper avait provoqué un tollé, et la colère de Jacques Chirac, en soutenant la riposte israélienne aux attentats du Hezbollah.


Il reste aussi deux semaines aux pays membres pour s’entendre sur le lieu du sommet de 2014. Le consensus semblait désigner le Vietnam lorsque la candidature de dernière minute du Sénégal est venue rebrasser les cartes. Nouveau coup de théâtre hier, Haïti a officiellement averti les pays membres qu’elle poserait aussi sa candidature. Plusieurs doutent cependant de l’opportunité d’un tel choix pour ce pays dévasté. Et surtout de sa capacité d’organiser un sommet d’une telle ampleur.

14 commentaires
  • Fernand Lachaine - Inscrit 27 septembre 2012 06 h 27

    La chaise vide de monsieur Harper.

    Le Canada ne s'est pas rendu bien sympathique cette semaine dans ses tentatives d'obtenir un siège permanent au N.U.
    Son premier ministre était à New-York mais à fait un détour pour ne pas aller à l'Assemblée Générale.
    Monsieur Harper a opté pour la chaise vide donc il ne serait pas surprenant, à Kinsasha, que la très grande majorité des membres de la Francophonie, incluant la délégation du Québec, ignore les revendifications canadiennes.
    Le coup de la chaise vide par Harper peut avoir des conséquences.

    • Christian Fleitz - Inscrit 27 septembre 2012 09 h 50

      Le coup de la chaise vide par Harper aura forcément des conséquences. Une telle attitude démontre un mépris évident dont la répétition déconsidère totalement.

  • Yves Perron - Inscrit 27 septembre 2012 06 h 49

    Une vraie farce...

    Tant qu'à y être , le sommet devrait se tenir en Grand Bretagne...Le Canada n'est-il pas dabord une colonie Britannique? Le Québec une colonie du Canada...

    J'ai hâte qu'on sorte de cet humiliant pays et qu'enfin le Québec se représent lui-même.

    • Danielle Dubuc - Inscrite 27 septembre 2012 09 h 19

      Faire parti du Canada est UNE HONTE pour un québécois évolué. Au final l'esprit de colonisé est quand même mieux que l'esprit de "valet du roi" de Harper! Les québécois ne sont pas des guerriers, leur nature est bonnenfant et crédule. Ce sont des artistes, des créateurs, géniaux en leurgenre. Ils ont fait de très grandes choses mais ils n'en ont pas la fierté... c'est naturel pour eux, leur façon de s'exprimer. Ce sont aussi des "naturels" en affaires, avec un charisme indéniable et un esprit libre. Tout le contraire des anglo-germaniques poignés dans leur amour de servir! Ces deux peuples sont vraiment aux antipodes. Comment pouvons nous vovre sous la tutelle des anglo qui ne sont pas arrivé à nous respecter en 300 ans de co-habitation? C'est débile! Les québécois, tous ceux qui habite ce territoire de Québec sont tous soumis aux décisions fédérales qui les défavorise forcément, majorité oblige. C'est très nuisible à leur prospérité économique individuelle et collective...mais ils sont trop occupé à se déchirer entre eux avec des questions identitaires, linguistiques et religieuses pour s'en rendre compte et s'unir pour faire leur prospérité...cela passe par l'autonomie politique! Quelle affaire! Mais réveillez vous! Anglos du Québec, comme les autres, immigrants de partout ...et francophonnes à courte vue, réveillez vous! Vous tirez dans le pied en vous combattant l'un l'autre....c'est trop stupide.

  • Daniel Roy - Inscrit 27 septembre 2012 07 h 51

    Vivement un pays du Québec!

  • Claude Kamps - Inscrit 27 septembre 2012 08 h 53

    Il ne faudra pas grand chose

    pour que le NPD aux prochaines élections soit majoritaire, le Canada redevient une province de GB...

  • Serge Lemay - Inscrit 27 septembre 2012 09 h 03

    The Canada will not speak french in Kinshasa

    Soyons solidaires de nos amis Canadiens et ne laissons pas le Québec permettre aux Africains d'avoir une voie à l'ONU, ne permettons pas que l'Afrique et le Québec puissent parler dans le même sens que des socialistes Français. Vous vous rendez compte, la France avec sept millions de Musulmans, c'est une poudrière dont il faut se méfier.

    M. Harper a encore une fois raison, achetons des F-35 au plus vite et bombardons le sommet de Kinshasa afin d'étouffer dans l'oeuf toutes les prétentions populistes de la France et du Québec, Speak white for god sake...

    Non mais, avec un commentaire comme celui-ci, je n'espère qu'une chose, entrer au sénat et jurer fidélité suprême au très honorable et sublimissime Steven Harper, the prime minister of all Canadian corp.