Course à la chefferie du PLC - Les libéraux veulent Trudeau, mais pas Garneau

<div>
	Justin Trudeau s’est adressé brièvement aux médias mercredi avant de prendre part au caucus libéral.</div>
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld
Justin Trudeau s’est adressé brièvement aux médias mercredi avant de prendre part au caucus libéral.

Ottawa — Justin Trudeau ne confirme toujours pas qu’il se lancera dans la course au leadership du Parti libéral, mais déjà le caucus de sa formation semble peu enclin à lui préférer quelqu’un d’autre. Dans les coulisses, les candidatures de Denis Coderre et de Martin Cauchon sont écartées, alors que celle de Marc Garneau est souhaitée… seulement pour donner la réplique au député de Papineau.

« J’apprécie énormément le buzz et l’intérêt, mais je n’ai rien à annoncer aujourd’hui », a déclaré M. Trudeau mercredi. Il devrait annoncer mardi qu’il se lance dans la course en vue de remplacer le chef intérimaire Bob Rae. Le vote aura lieu le 14 avril 2013.

 

Les autres candidats


Les autres candidats putatifs de cette course n’ont pas voulu commenter la rumeur. Dominic Leblanc a évité les micros, mais des sources indiquent qu’il dévoilera ses intentions la semaine prochaine. Tout porte à croire qu’il passera son tour. Denis Coderre annoncera les siennes en novembre prochain. Il a déjà indiqué que ce sera « la chefferie ou la mairie » de Montréal. Certains stratèges écartent toutefois sa candidature.


« Il a zéro appui au sein du caucus. Les gens le tolèrent parce que son instinct est bon, mais ce n’est pas un joueur d’équipe. » Plusieurs libéraux lui reprochent encore son esclandre de 2009 quand il avait démissionné comme lieutenant québécois parce que le parti lui avait imposé la candidature de Martin Cauchon dans Outremont. M. Cauchon a perdu en 2011 contre Thomas Mulcair.


Cette défaite est d’ailleurs l’argument massue des stratèges qui accueillent avec tiédeur la candidature de M. Cauchon à la chefferie. « La question qui tue c’est : si vous n’avez pas été capable de battre Thomas Mulcair dans votre comté, comment pourrez-vous le battre à l’échelle canadienne ? Notre adversaire au Québec n’est pas le parti du gouvernement, c’est le NPD. La dernière fois, on a fait l’erreur de minimiser le NPD et on doit le prendre au sérieux. Au Québec, notre adversaire est le NPD, et le Québec est la clé de notre retour au pouvoir. »


Quant à Marc Garneau, qui songe lui aussi à se lancer dans la course, des libéraux expliquent que personne au caucus ne voit en lui un futur chef. « M. Garneau est une bonne tête, quelqu’un qui peut proposer de bonnes politiques pour le pays, mais ce n’est pas lui qui va nous amener à la tête du pays. Il n’est pas un animal politique. » « Il n’a pas d’instinct politique, dit un autre. Il nous faut un tueur pour faire face à Harper. » On aimerait quand même qu’il se lance, pour assurer la tenue d’une vraie course et non un couronnement. D’autres indiquent qu’une délégation de deux ou trois personnes est censée lui parler sous peu pour lui faire prendre la mesure des impacts d’une candidature, par exemple sur ses finances personnelles. « Car il est un peu naïf. » Dans ce scénario, la garantie d’une course viendrait de Martha Hall Findlay.


Les autres partis ont hésité à commenter la candidature pressentie de Justin Trudeau. Au NPD, Thomas Mulcair s’est contenté de rappeler que le prochain chef sera le septième en neuf ans. « Je pense qu’ils ont pas mal de choses à régler, et je vais les laisser s’occuper de leurs propres affaires. » Après le départ de Jean Chrétien en 2003, se sont succédé Paul Martin, Bill Graham, Stéphane Dion, Michael Ignatieff et Bob Rae.


Avec Marie Vastel

8 commentaires
  • Hugues Vallée - Inscrit 27 septembre 2012 01 h 40

    Expérience?

    Bien qu'il travaille fort dans son comté, il n'a pas d'expérience. On le veut donc parce que c'est un Trudeau, autrement on lui demanderait de grandir un peu. Et est-on bien sûr que l'ouest du pays voudra d'un sempiternel québécois grande gueule sans connaissances en matière économique?

  • alain petel - Inscrit 27 septembre 2012 05 h 18

    Justin Time

    À une époque où le Québec est vu comme un malfrat sur la scène canadienne, oui, on peut se demander si la nomination d'un «french pee soup» à la tête du PLC a quelque chance de franchir le cap, même si on porte le nom de Trudeau. Quant à Marc Garneau, il est beaucoup trop «space», Denis Coderre trop «rond» et Martin Cauchon, s'il n'a pas su battre Thomas Mulcair dans son comté d'Outremont, comme vous dites, comment voulez-vous qu'il se démarque sur l'arène canadienne. Tandis que le petit Trudeau arrive au bon moment, just in time, pour gagner ce combat facile parmi les siens.

  • André Michaud - Inscrit 27 septembre 2012 08 h 47

    La raison avant la passion ?

    Le devise de Pierre Elliot Trudeau était : la raison avant la passion.

    Est-ce que son fils Justin peut garder la tête froide comme son père ou restera t'il trop émotif?

    Bonne chance!

  • François Dugal - Inscrit 27 septembre 2012 08 h 47

    Après un rêve

    «Dans un sommeil que charmait ton visage,
    Je rêvais de bonheur, ardent mirage»
    - Romain Bussine (musique de Gabriel Fauré)

  • Denis Lebel - Abonné 27 septembre 2012 13 h 37

    Jean Charest

    Quand Jean Charest se manifestera-t-il ? Les paris sont ouverts.

    • alain petel - Inscrit 27 septembre 2012 18 h 14

      Permettez-moi de patapouffer de rire M. Lebel.