Recensement volontaire: Statistique Canada reconnaît un souci de fiabilité

Ottawa — Statistique Canada reconnaît désormais que le remplacement controversé de la version longue du formulaire de recensement a causé certains problèmes.

De nouvelles données publiées lundi sur le site de l'agence fédérale indiquent que le taux de réponse à ce sondage volontaire a été de 68,6 %, en légère baisse par rapport à l'évaluation rendue publique plus tôt ce mois-ci.

Là où le bât blesse, c'est que près de 12 % des municipalités ont eu des taux de réponse inférieurs à 50 %, qui est le niveau considéré comme optimal.

La plupart des municipalités dans lesquelles les taux de réponse sont bas sont de petite taille, et cela pourrait nuire à la fiabilité des résultats d'un point de vue local.

Comme l'explique Ivan Fellegi, qui a été statisticien en chef à Statistique Canada jusqu'à 2008, le but du recensement n'est pas d'obtenir les données pour la grande région de Toronto, par exemple, mais bien de récolter des informations à propos des petites localités.

Un fort taux de réponse au recensement est essentiel afin de tirer des conclusions qui ne sont pas biaisées. Le nouveau formulaire court du recensement a fait ses débuts plus tôt cette année, remplaçant le recensement avec formulaire long que le gouvernement fédéral conservateur a rejeté en 2010.

La participation à l'enquête auprès des ménages est volontaire, contrairement au recensement long, qui était quant à lui obligatoire. Les questions des deux formulaires sont les mêmes, mais certains analystes, et Statistique Canada lui-même, ont exprimé des inquiétudes à propos de la représentation des groupes vulnérables dans l'enquête, car certains de ceux-ci ont tendance à ne pas participer aux sondages volontaires.

Urbain vs rural

Dans les données publiées lundi, Statistique Canada fournit les taux de réponse des comtés, des provinces et des subdivisions de recensement, qu'elles soient des municipalités, des réserves indiennes, des établissements indiens ou des territoires non organisés.

Statistique Canada fournit d'abord le taux de réponse brut, puis un deuxième taux, calculé après que les sujets n'ayant pas répondu eurent été questionnés à nouveau par les responsables de la collecte des données.

Les données indiquent que les grands centres urbains ont enregistré des taux de réponse assez élevés. Dans les subdivisions de recensement de 200 000 habitants et plus, le taux de réponse pondéré varie de 73,5 % à 82 %. Ces nombres dépassent la moyenne canadienne de 68 % et vont bien au-delà du taux optimal de Statistique Canada, qui est établi à 50 %.

À Toronto, le taux de réponse a été de 77,6 %. Dans les communautés dont la population varie entre 4700 et 5300 personnes, les taux de réponse pondérés ont oscillé entre 57 et 89 %.

Mais dans 572 communautés — sur un total de 4949 à l'étude —, les taux de réponse ont été de moins de 50 %. Ces communautés sont pour la plupart assez petites. Dans la localité de Tilley, en Alberta, le taux de réponse a ainsi été de 37,2 %.

Les statisticiens s'attendaient à voir des variations dans les petites communautés et ont développé des stratégies afin de composer avec la large gamme de résultats, soutient le directeur général du Bureau de gestion du recensement, Marc Hamel.

Il ajoute que l'agence fédérale a déjà «corrigé» les impacts des bas taux de réponse de certaines communautés lorsqu'elle a pondéré les résultats. Les taux de réponse moins élevés ont été enregistrés dans des secteurs où il y aurait une certaine homogénéité, si l'on se fie aux résultats du recensement de 2006. Statistique Canada ne s'inquiète donc pas des données recueillies en 2011.

Tirer des conclusions

Les données des communautés où les taux de réponse ne permettent pas de tirer de conclusions fiables seront quant à elles combinées aux données des secteurs adjacents afin d'obtenir des résultats plus complets, indique également M. Hamel.

Il est trop tôt pour savoir si certaines données devront être laissées de côté, car les experts les analysent encore.

«Il reste encore beaucoup de travail à faire», affirme M. Hamel, dont la déclaration est loin de rassurer M. Fellegi.

«La gamme est vraiment énorme», observe ce dernier, à la lumière des données publiées sur le site de Statistique Canada. «Dans certains secteurs, les données seront bonnes et dans d'autres, elles ne le seront pas. C'est ce que je dénonce depuis le tout début.»

Le taux de réponse le plus élevé a été enregistré dans les Territoires du Nord-Ouest et le plus bas, à l'Île-du-Prince-Édouard.
1 commentaire
  • Claude Jollet - Abonné 24 septembre 2012 18 h 05

    Le prévisible se réalise et est porteur d'espoir

    Afin de manipuler plus facilement l'opinion publique il faut, entre autres, rendre le contexte le plus flou possible.

    C'est ce à quoi contribue le mode de recensement volontaire adopté par le gouvernement conservateur en poste au fédéral.

    Il sera dorénavant plus difficile de faire valoir nos droits car les preuves auront commencé à disparaître avec ce recensement.

    Le Québec, en région où se situent les municipalités de petite taille, auraient en quelque sorte boudé le recensement. Ils auront ainsi scellé leur invisibilité aux yeux du ROC.

    Nous avons commencé à disparaître de l'écran radar du ROC.

    Le contrôle de l'information commence par la mise en place de mécanismes qui limitent la possibilité de laisser transpirer une information fondée sur des faits vérifiables.

    Je l'ai déjà affirmé et je le répète. Ce gouvernement Harper d'extrème droite va nous servir sur un "plateau d'argent" les arguments pour créer enfin le pays auquel j'aspire de plus en plus.

    Une belle occasion s'offre à nous. La saisirons-nous cette fois, enfin?