Réforme des pensions des députés - Le dilemme de l’opposition

Ottawa - Est-il préférable de voter contre une mesure législative qu’on approuve ou de voter pour une mesure qu’on réprouve ? Voici le dilemme auquel seront probablement confrontés les partis d’opposition à Ottawa, alors que le gouvernement conservateur semble prêt à inclure la réforme du régime de pension des députés dans son prochain projet de loi budgétaire mammouth pour forcer l’acceptation de ce dernier.


Ottawa s’est engagé dans le dernier budget à réformer le régime de pensions des députés fédéraux, de manière à ramener de 14 % à 50 % la contribution personnelle de l’élu à son régime de pension. Des rumeurs font état d’un rehaussement possible de l’âge d’admissibilité aux prestations de 55 à 65 ans et du nombre d’années de service nécessaires de six à huit ans.


Les trois partis d’opposition appuient le dégraissage du régime, mais tout indique qu’ils ne pourront pas signifier cet appui par un vote distinct à la Chambre des communes.


« Je mets au défi le premier ministre de s’engager aujourd’hui [mercredi] à ce que cette réforme soit présentée dans un projet de loi indépendant qui n’est pas mélangé avec d’autres, comme le C-38, de manière à ce que les libéraux puissent voter en faveur sans équivoque », a lancé Marc Garneau à la Chambre des communes. Le gouvernement n’a pas pris cet engagement. En point de presse, les libéraux ont dit qu’ils prendraient tous les moyens disponibles pour bien indiquer leur appui à la réforme. Zélés, ils affirment qu’ils l’appuieront, quelle qu’en soit la forme.


Du côté néodémocrate, on se montre plus prudent en refusant de dire si on appuie l’idée d’un resserrement de la générosité des pensions des députés. On estime que les élus sont en « conflit d’intérêts » pour décider de leurs pensions et qu’un panel de personnes indépendantes devrait décider de ces questions.


Le Bloc québécois ne croit pas qu’il soit nécessaire de prendre de telles précautions. « C’est toujours délicat de voter nos salaires et nos conditions de travail, qui sont excellentes. Mais si c’est seulement de dire qu’on va avoir des pensions équivalentes à ce qui se fait dans le domaine public, je ne pense pas qu’on a nécessairement besoin d’un comité externe pour se pencher là-dessus », explique André Bellavance.