Ottawa blâme Washington pour le retard dans le rapatriement de Khadr

Omar Khadr lors de son procès, en octobre 2010
Photo: La Presse canadienne (photo) Janet Hamlin Omar Khadr lors de son procès, en octobre 2010

Toronto — Le gouvernement du Canada n’admet pas qu’il se traîne les pieds dans le dossier du rapatriement au pays d’Omar Khadr, imputant plutôt les retards relativement à son transfert au gouvernement des États-Unis.

Omar Khadr, un Canadien arrêté en 2002 en Afghanistan et emprisonné depuis au pénitencier de la base américaine de Guantánamo Bay, à Cuba, est admissible depuis octobre dernier à rentrer au Canada afin qu’il finisse de purger sa peine pour la mort d’un soldat américain.


Des documents de tribunaux obtenus par La Presse canadienne démontrent que des officiers canadiens de sécurité publique blâment Washington pour n’avoir approuvé qu’au printemps dernier le transfert au Canada du jeune détenu.


Les retards auraient aussi été causés par la requête du ministre canadien de la Sécurité publique, Vic Toews, d’obtenir des enregistrements vidéo effectués par des militaires américains avec M. Khadr qui devaient le renseigner sur l’état psychologique du détenu.


Le ministre Toews aurait demandé accès aux bandes de ces deux évaluations avant son procès, il y a deux ans, mais elles ne seraient en sa possession que depuis le 29 août dernier, selon ce qu’a récemment affirmé l’un de ses adjoints.


L’une de ces évaluations, réalisée par le principal témoin de la poursuite lors du procès, conclut que Omar Khadr était un djihadiste incapable de se repentir. L’autre a été menée par un psychologue militaire américain qui a vu chez le jeune homme des comportements manipulateurs, mais de la stabilité et un esprit indépendant qui se voyait comme un Canadien.


Tant le ministre Toews que le premier ministre Harper ont nié avoir retardé l’annonce du transfert d’Omar Khadr.