Fermeture d’ambassade - Stephen Harper indifférent aux menaces iraniennes

Stephen Harper et le président chinois, Hu Jintao, ont participé dimanche à la signature d’un accord sur la promotion et la protection de l’investissement étranger entre les deux pays qui vise à limiter les risques pour les Canadiens qui souhaitent investir en Chine.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Stephen Harper et le président chinois, Hu Jintao, ont participé dimanche à la signature d’un accord sur la promotion et la protection de l’investissement étranger entre les deux pays qui vise à limiter les risques pour les Canadiens qui souhaitent investir en Chine.

Alors que l’Iran dépeint le gouvernement canadien comme un valet d’Israël et de la Grande-Bretagne, le premier ministre Stephen Harper a déclaré dimanche qu’aucun geste de Téhéran en réaction à la suspension des relations diplomatiques avec le Canada ne pourrait le surprendre.

M. Harper a également promis que le Canada travaillerait avec ses alliés pour aider ses trois ressortissants emprisonnés en Iran. Les questions entourant leur avenir sont devenues pressantes à la suite de la décision abrupte d’Ottawa de fermer son ambassade à Téhéran et d’expulser les diplomates iraniens en poste au Canada.


Un parlementaire iranien a laissé entendre que la réponse de son gouvernement serait ferme, alors qu’un porte-parole des Affaires étrangères a qualifié le gouvernement Harper d’hostile et de raciste, en plus de l’accuser de faire le jeu d’Israël et de la Grande-Bretagne, selon l’agence de presse iranienne Mehr.


M. Harper a précisé que les diplomates canadiens avaient été rappelés en raison de « la capacité iranienne croissante pour de mauvais comportements ». « Est-ce que je m’attends à des sanctions ? Non, pas nécessairement, mais, comme je l’ai dit, nous devrions tous savoir désormais qu’il s’agit d’un régime qui ne recule devant rien. Voilà donc la situation », a-t-il dit.


Le gouvernement conservateur a annoncé la suspension des relations diplomatiques avec Téhéran quelques heures seulement après l’arrivée de M. Harper, vendredi, dans la ville portuaire russe de Vladivostok pour le sommet des leaders de l’APEC, la Coopération économique Asie-Pacifique.

 

Sécurité mondiale


L’affrontement entre l’Occident et l’Iran a été l’un des sujets touchant la sécurité mondiale qui ont été abordés à la rencontre réunissant 21 pays, en plus de la crise en Syrie et des tensions régionales en mer de Chine.


La fermeture-surprise de l’ambassade canadienne a provoqué une onde de choc sur la planète, alors que l’Occident peine à infléchir le cours du programme nucléaire iranien.


Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a accusé le gouvernement Harper d’adopter un point de vue « extrémiste », et a ajouté qu’il était « mal avisé » pour le Canada d’avoir imposé une période de cinq jours aux diplomates iraniens pour quitter le pays.


Le ministère canadien des Affaires étrangères a mis en garde les Canadiens contre des déplacements en Iran, soulignant que les Canado-Iraniens sont d’autant plus vulnérables que Téhéran ne reconnaît pas leur nouvelle citoyenneté.


La rhétorique virulente a soulevé des questions à propos de ce qu’il adviendra des Canadiens toujours dans les geôles iraniennes, y compris deux condamnés à mort. « Nous allons continuer, à partir d’Ottawa, ainsi qu’à l’aide de nos partenaires et alliés, à défendre les Canadiens éprouvant des difficultés consulaires et juridiques en Iran », a mentionné M. Harper.


Les trois Canadiens détenus en Iran sont emprisonnés dans les mêmes installations où la photographe canado-iranienne Zhara Kazemi a été écrouée, torturée, puis assassinée en 2003. Le Canada avait alors rappelé son ambassadeur, qualifiant le meurtre de Mme Kazemi d’assassinat approuvé par l’État.

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