Un partisan du F-35 nommé nouveau chef d’état-major

Le ministre de la Défense, Peter MacKay et son nouveau chef d’état-major, Thomas J. Lawson
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le ministre de la Défense, Peter MacKay et son nouveau chef d’état-major, Thomas J. Lawson

C’est un ancien pilote d’avion de chasse, partisan du F-35, qui a été nommé chef d’état-major de la Défense lundi.

Le lieutenant-général Thomas J. Lawson, membre des Forces canadiennes depuis 37 ans, a lui-même défendu l’achat d’appareils F-35 de Lockheed Martin pour remplacer la flotte de CF-18 de l’armée canadienne. Au fil de sa carrière, il a notamment piloté ces appareils, qui atteindront leur fin de vie utile dans quelques années.


Dans un article publié dans le Canadian Military Journal l’an dernier, le lieutenant-général Lawson avait souligné - en citant le commandant de l’Aviation royale canadienne (ARC), le lieutenant-général André Deschamps - que « seul un avion de chasse de 5e génération » pouvait satisfaire les besoins de l’ARC.


Le F-35 est de cette dernière génération. D’autant plus qu’à défaut d’avoir un appareil de 5e génération, avait argué le lieutenant-général Lawson, l’ARC ne serait plus au même niveau que les forces aériennes de la Russie ou de la Chine, qui en sont elles aussi à développer un appareil de 5e génération.


Questionné à savoir s’il continuerait, dans ses nouvelles fonctions, à vanter les controversés appareils, le nouveau patron de l’armée canadienne s’est montré prudent. « Nous allons continuer de suivre les instructions du gouvernement sur le F-35. [...] Je fournirai nos meilleurs conseils tout au long du processus », a-t-il répondu en point de presse. Invité à détailler sa réponse, il a simplement rétorqué que « le F-35 est un programme qui franchit des étapes et va très bien. Il va continuer à rivaliser pour offrir le remplacement des CF-18. »


Un rapport du Vérificateur général sur l’acquisition des F-35 a donné suite à toute une crise parlementaire. Le document rapportait notamment que la Défense estimait les coûts de ces appareils à 10 milliards de plus que le chiffre véhiculé par le fédéral.


À l’instar du ministre de la Défense, Peter MacKay, le premier ministre a vanté la carrière du lieutenant-général Lawson, de même que ses qualités de leadership. « Son expérience, ses capacités dans la constitution d’une équipe et son approche collaborative [sic] aideront les Forces armées canadiennes à se positionner pour l’avenir », a fait valoir Stephen Harper dans un communiqué.


Le lieutenant-général Lawson remplacera le général Walter Natynczyk, qui était en poste depuis quatre ans. Le lieutenant-général sera également bientôt promu général. Il était commandant adjoint au Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) depuis juillet 2011.

3 commentaires
  • Pierre F. Thibault - Inscrit 28 août 2012 05 h 32

    Les retombées du F-35

    En ces temps où il apparaît clairement que les institutions fédérales stratégiques aussi sont infiltrées par la corruption et la collusion, Revenu Canada. Les corrupteurs aiment s'insérer et opérer à des positions où ils peuvent se tapir sous le parapluie du secret au nom de la sécurité nationale et de l'intérêt supérieur des citoyens.

    Il faut se serrer les coudes comme citoyens et être plus vigilants, collectivement. Ne pas hésiter à sonner les cloches quand des choses suspectes se passent. Il faut aussi que nos institutions se donnent les moyens de contrôller ce qui se passe, que ce soit à l'état major de la Défense ou au conseil privé.

    Surtout quand les décisions impliquent des montants d'argent gigantesques à l'échelle canadienne. Des dettes pharaonesques qui seront refilées à nos enfants et aux générations futures, comme les flaques d'huiles et l'eau polluée.

    Le F-35 est une telle chose, les nébuleuses justifications du gouvernement Harper pour le choix d'un avion mal né, dont l'évolution fut et demeure cahotique, étaient et demeurent suspectes. Ses manoeuvres en catimini pour faire avancer le dossier, à l'ombre de l'été, pendant que les projecteurs sont pointés sur l'élection de "séparatisses", ne font qu'ajouter du poids à l'apparence de conflit d'intérêts et de collusion dans ce dossier.

    Qu'un avion monomoteur soit choisi comme fer de lance pour défendre l'espace aérien du pays défie toute logique. Que restera t'il à faire au pilote qui vole au dessus de la toundra quand le seul moteur de son avion tombe en panne? Redondance de motorisation = zéro et le F-35 est un avion qui plane comme un fer à repasser.

    Toute la lumière doit être faite sur les justifications d'un tel choix.

    J'ai lu que "les principales retombées du F-35 au canada risquent bien d'être les avions eux-mêmes".
    D'ailleurs le "running gag" au sein des pilotes quand on leur demande ce qu'ils pensent du F-35 en est un indice "Les F-35 ont des sièges éjectables très confortables".

  • François Dugal - Inscrit 28 août 2012 08 h 34

    Le Canada

    Le Canada, «plusse meilleur» pays du monde, vaut-il la peine d'être défendu?

  • Gilbert Troutet - Abonné 28 août 2012 18 h 28

    La corruption là aussi

    Je partage entièrement le point de vue de Pierre F. Thibault. Il y a des gens dans l'ombre qui doivent se graisser la patte pour l'obtention de tels contrats. Si la tendance se maintient, l'achat des F-35 pourrait atteindre les 30 milliards $ (soit 30 000 millions $). Ce qui veut dire 1 000 $ par Canadien. En ces périodes de «restrictions budgétaires», je mets au défi Stephen Harper de tenir un réréfendum là-dessus.