Financement des langues officielles - À la défense des communautés anglophones du Québec

Graham Fraser est commissaire aux langues officielles depuis octobre 2006.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Graham Fraser est commissaire aux langues officielles depuis octobre 2006.

N’en déplaise au Bloc québécois, au Nouveau Parti démocratique et au Parti québécois, le commissaire aux langues officielles estime primordial que des projets menés par la communauté anglophone du Québec reçoivent un financement fédéral.


Dans une lettre transmise au Devoir et écrite en réponse à un article publié mercredi, Graham Fraser se dit « déçu de voir la réaction de plusieurs politiciens » devant la décision du gouvernement fédéral d’octroyer un financement de 4,4 millions pour la réalisation de 22 projets, dont les trois quarts pour la communauté anglophone. Ceux-ci sont financés selon les critères des programmes Développement des communautés de langues officielles et Mise en valeur des langues officielles.


Selon le PQ, « il est franchement inacceptable de voir le gouvernement conservateur financer à coups de millions de dollars la promotion de l’anglais dans notre métropole, alors que le français recule à Montréal ». Mais pour Graham Fraser, ce type de réaction « découle d’un malentendu et semble démontrer une incompréhension profonde de la réalité des communautés minoritaires anglophones du Québec ».


Le commissaire souligne dans sa lettre qu’il « existe une différence fondamentale entre la montée incontestable de l’anglais » et les « besoins très réels » des membres des communautés anglophones dans la province - comme l’accès à des soins de santé en anglais en dehors de Montréal. L’anglais n’est certes pas menacé au Québec, écrit-il, mais les communautés anglophones peuvent l’être, ajoute M. Fraser.


Or, ces communautés ne « représentent aucune menace pour le français », soutient M. Fraser en reprenant un argument évoqué il y a 30 ans par le député Gérald Godin. Le commissaire relève par exemple que les anglophones du Québec sont bilingues dans une proportion de 60 %, et même de 80 % chez les 18-34 ans. « Mais je constate que l’image qu’ont les francophones de leurs concitoyens anglophones est figée dans le temps et que les gains de la communauté anglophone sont trop souvent perçus comme une perte pour le français au Québec », dit-il.


M. Fraser se porte ainsi à la défense de plusieurs des organismes bénéficiaires des 4,4 millions. « Le Quebec Community Groups Network a beau avoir son bureau à Montréal, il s’agit un réseau d’organisations communautaires réparties à travers le Québec qui inclut notamment des groupes travaillant dans le secteur de la santé. Quelle menace ce réseau représente-t-il pour le français ? », demande M. Fraser.


Le gouvernement conservateur a défendu sa décision en rappelant qu’il investit quelque 33 millions pour le soutien des communautés francophones hors Québec.

45 commentaires
  • M b - Inscrit 14 juillet 2012 00 h 51

    Interessant...

    Alors, si j'ai bien compris, il va avoir d'investissement pour l'anglais pas seulement a Montréal, mais surtout dehors de Montréal.

    Est-ce que quelqu'un sait le montant d'investissement pour le français a Québec?

  • Gabrielle K. Laflamme - Inscrite 14 juillet 2012 01 h 08

    Don Quichotte

    ...« L’anglais n’est certes pas menacé au Québec, écrit-il, mais les communautés anglophones peuvent l’être.»
    ...« Mais je constate que l’image qu’ont les francophones de leurs concitoyens anglophones est figée dans le temps et que les gains de la communauté anglophone sont trop souvent perçus comme une perte pour le français au Québec ».
    Comment peut-on faire ces affirmations, lorsque près de 50% des immigrants s'intégrent dans les communautés anglophones au détriment des francophones et que la minorité anglophone a toujours et refusera toujours de s'intégrer à la majorité francophone...
    On pourrait plutôt dire que les anglophones ont une image de leurs concitoyens francophones qui est plutôt figée dans le temps.
    On peut dire que M.Fraser a une tâche impossible à réaliser, soit venir à la défense des minorités francophones hors Québec en situation d'assimilation et vivant dans des milieux hostiles ou indifférents totalement au français et soit venir à la défense des anglophones du Québec, la minorité linguistique la mieux traitée dans le monde avec toutes les institutions qu'elles possèdent (villes, CEGEP, universités, hopitaux, etc) et qui lui permettent d'assurer une vitalité certaine.
    Ça prend vraiment un anglophone pour réagir comme il vient de le faire... Un autre anglophone qui voudrait que le bilinguisme soit institutionnalisé au Québec. Il n'a pas compris que ce n'était pas nécessaire vu que tout le Québec s'est mis à l'anglais et démontre une indifférence au sort du français.

    Si les minorités anglophones hors Montréal sont affectées et qu'elles ont tendance à diminuer au contraire de Montréal, on peut dire en tant que majorité qu'il était temps qu'ils s'intègrent après quelques centaines d'années. Mais je serais plutôt porté à croire qu'ils viennent grossir la minorité de Montréal et qu'ils soutiendront la partition du Québec si l'indépendance est obtenue démocratiquement.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 14 juillet 2012 13 h 01

      (La minorité linguistique la mieux traitée dans le monde).Tout à fait d'accord.Mais le contentement et la satisfaction ne seront jamais au rendez-vous.L'Hégémonie peut emprunter plusieurs voies et différents discours pour exercer sa suprématie sur le peuple conquis.La méthode Durhamiste a fait ses preuves depuis, une dépossession 'tranquille - résignée et assurée,de notre langue,notre culture. Est-il trop tard pour devenir vraiment Maître-chez-nous...

  • Roberts Phil - Inscrit 14 juillet 2012 02 h 10

    Enfin, de la lucidité

    Le English-Language Arts Network ce n'est pas un groupe de pression, comme Mario Beaulieu du Mouvement Québec Français assume. C'est un réseau d'artistes anglophones pour créer des collaborations entre eux, et des collaborations entre des artistes francophones. C'est loin d'être une opération d'Howard Galganov.

    M. Fraser a tout à fait raison. 4,4 millions vient ici pour les anglophones, et 33 millions pour le soutien des communautés francophones hors Québec. Et comme je l'ai dit l'autre jour:
    les contribuables du RoC subventionnent le Bloc Québécois, et ceux du Québec subventionnent des groupes anglophones à Montréal. Et alors...? Et rappelez-vous, les contribuables de RoC paient avec eurs impôts pour la retraite parlementaire de Gilles Duceppe.

    J'ai bien aimé le livre de M. Fraser "Sorry I Don't Speak French" où il a exposé la façon dont le Canada prétend être un pays bilingue, mais que la plupart des Canadiens anglais à l'extérieur du Québec ne parlent pas français. Pour ceux qui peuvent lire l'anglais, je vous suggère fortement le livre.

  • Alexandre Mathieu - Inscrit 14 juillet 2012 02 h 32

    Hon!

    Ils font-tu pitié, nos pauvres anglais... si vous saviez la qualité de vie misérable qu'ils ont au Québec... ils sont vraiment à plaindre. Réalisez-vous? 7 millions de francophones dans la province! Faut faire quelque chose pis vite.

  • Claude Kamps - Inscrit 14 juillet 2012 06 h 03

    Le défi de la réalité

    C'est que si une personne d'une assemblée parle anglais tout se passe en anglais, tandis que le contraire n'est pas vrais...
    Quand une communauté francophone compte 1% d'anglophone elle est souvent bilingue, tandis que si il y a même 20% de francophone l'anglais prime !!!

    • Jacques Moreau - Inscrit 14 juillet 2012 18 h 39

      Pour que la réunion se passe en anglais parce qu'il y avait un anglophone, fallait que la vaste majorité des francos soit bilingue, français-anglais. Quand un anglais entrait en réunion avec 10 francophone unilingue, ou l'anglais s'en allait ou on s'arrangeait pour le mieux avec ce qu'on avait.
      Bien sûr d'un coté comme de l'autre on essayait d'éviter cette situation.