Travailleurs du sexe : Ottawa met fin aux permis de travail temporaires

Le gouvernement fédéral ferme la porte aux travailleurs temporaires qui viennent au Canada pour travailler comme danseuses érotiques, escortes ou masseurs.

Les conservateurs avaient promis d’agir en ce sens dès leur élection, en 2006. Six ans plus tard, c’est chose faite. « Le gouvernement ne peut, en toute bonne conscience, continuer d’admettre des travailleurs étrangers temporaires qui se dirigent vers des secteurs où il est raisonnable de craindre l’exploitation sexuelle », a plaidé le ministre de l’Immigration, Jason Kenney, alors qu’il annonçait le changement à Calgary hier.


Car le gouvernement estime que ceux et celles qui entrent au pays en ne parlant bien souvent pas l’une des deux langues officielles et qui sont sans repères au Canada sont particulièrement vulnérables. Plus question, donc, de leur délivrer des permis de travail temporaires ni de permettre aux compagnies de l’industrie de les faire venir ici.


Depuis hier, le ministère des Ressources humaines diffuse un avis empêchant les entreprises de l’industrie du sexe d’embaucher des travailleurs étrangers temporaires. Et à compter du 14 juillet, le ministère de l’Immigration cessera quant à lui d’accepter toute demande de permis présentée en vertu du programme de travailleurs étrangers temporaires qui cible un emploi dans ce secteur - pour travailler dans un bar de danseuses, un service d’escortes ou un salon de massage. Ottawa ressert en outre les critères de permis d’emploi ouvert qui permettent normalement de travailler pour n’importe quel employeur. Ceux-ci seront assujettis d’une condition qui exclut un emploi dans le domaine visé.


« Les personnes emmenées au Canada pour y travailler à titre de danseurs exotiques ou d’escortes sont particulièrement à risque de se faire exploiter ou violenter. Le fait de refuser l’accès de ces secteurs aux travailleurs étrangers temporaires contribuera à protéger les demandeurs vulnérables », a défendu le ministre Kenney.