La ministre Bev Oda démissionne

En avril dernier, Bev Oda a été forcée de s’excuser et de rembourser certains frais de voyage après qu’il eut été révélé qu’elle avait réclamé un changement d’hôtel pour loger dans un établissement au double du prix de celui prévu au départ.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick En avril dernier, Bev Oda a été forcée de s’excuser et de rembourser certains frais de voyage après qu’il eut été révélé qu’elle avait réclamé un changement d’hôtel pour loger dans un établissement au double du prix de celui prévu au départ.

Ottawa – Après un printemps mêlé de controverse, la ministre de la Coopération internationale Bev Oda a annoncé qu’elle abandonnera ses rôles de ministre et de députée à la fin du mois.

«Pendant huit ans, ce fut un honneur et un privilège d’avoir servi les électeurs de Clarington, Scugog et Uxbridge. En tant que ministre de la Coopération internationale, j’ai eu l’occasion d’être témoin de la misère des peuples les plus vulnérables de la planète et j’ai été témoin de la grande compassion des Canadiens pour ceux qui sont dans le besoin», a fait valoir Mme Oda dans une déclaration écrite mise en ligne sur son site Internet personnel. Le communiqué n’explique pas les raisons de son départ. Son bureau n’a pas non plus fourni d’explications. La ministre n’aurait «pas de disponibilités médias aujourd’hui», y a-t-on indiqué.

Ce départ ouvre grand la porte à un remaniement ministériel - dont la rumeur circulait déjà depuis plusieurs semaines à Ottawa.

«Au nom du gouvernement, j’aimerais remercier Bev Oda pour son travail acharné et son dévouement à titre de représentante des électeurs de Durham, de même que pour ses nombreuses réalisations au sein du Conseil des ministres», a réagi par voie de communiqué le premier ministre Stephen Harper, qui y précise avoir été avisé de sa décision par Mme Oda il y a deux semaines.

Élue pour la première fois en 2004, Mme Oda aura 68 ans lorsqu’elle quittera ses fonctions le 31 juillet. Mme Oda a été ministre du Patrimoine en 2006-2007 avant de passer à la Coopération internationale en août 2007. Son règne n’y a pas été sans embûches. En avril, elle a été forcée de s’excuser et de rembourser certains frais de voyage après qu’il eut été révélé qu’elle avait réclamé un changement d’hôtel pour loger dans un établissement au double du prix de celui prévu au départ. La facture de l’Hôtel Savoy affichait également, notamment, un jus d’orange à 16$ - un chiffre que n’ont toujours pas digéré certains de ses fonctionnaires et des conservateurs.

Bev Oda avait aussi dû expliquer en février 2011 un changement apporté à un document qui retirait le financement du groupe d’aide humanitaire Kairos. La ministre avait elle-même renversé la décision de son ministère, en ajoutant un «non» à la main à la recommandation ministérielle. Les partis d’opposition avaient réclamé, en vain, sa rétrogradation.


De notre correspondante parlementaire à Ottawa
8 commentaires
  • Marc-André Fortier - Abonné 3 juillet 2012 13 h 59

    Et un de moins...

    Je me prends à rêver de voir quitter les ministres de ce gouvernement un à un jusqu'à ce qu'il ne reste plus personne en poste.

    Je sais ça n'est pas très réaliste mais quand la réalité fait peur il faut faire la part belle au rêve non?

  • Jason Holborn - Inscrite 3 juillet 2012 14 h 01

    Au revoir

    Ne laisse pas la porte t'heurter, Mme Oda

  • Pierre Denis - Inscrit 3 juillet 2012 14 h 59

    Bon débarras

    Qu'elle aille exprimer ses goûts de luxe ailleurs.
    Pour la suite des choses je ne suis pas inquiet ; ils vont réussir à trouver pire pour la remplacer

  • Gilbert Troutet - Abonné 3 juillet 2012 15 h 17

    Que d'hypocrisie!

    Oser dire qu'elle a été témoin de la misère des peuples... On croirait entendre la reine Marie-Antoinette :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Qu'ils_mangent_de_la_

    Quand on fait partie d'un gouvernement qui dépense des dizaines de milliards $ en armement, il ne reste guère de place pour la compassion.

  • François Dugal - Inscrit 3 juillet 2012 17 h 12

    La prime

    Quelle sera la «prime» de départ de Mme Oda?